16 juillet 2011

GRIP : Les programmes 2008




Source : GRIP – Débat sur les programmes

Akwabon-Double casquette : "Actuellement, le primaire est en plein bouleversement, nous sortons de programmes très peu exigeants et entrons de plein fouet dans d'autres beaucoup plus costauds (ils rattrapent presque le niveau de ceux de 1985).
En revanche, rien n'est prévu, ni en formation initiale, ni en formation continue pour "apprendre" aux instits à gérer ces changements ou leur faire découvrir des méthodes différentes de celles qui avaient cours jusqu'à l'année dernière et qui ne sont pas vraiment compatibles avec un rythme d'apprentissage un peu plus soutenu."
(source : Forum Néoprofs, http://www.neoprofs.org/t4806-un-espace-pour-l-ecole-primaire).

Programmes, manuels, formations et recommandations de la hiérarchie : l'exemple de la grammaire.
Message par doublecasquette le Mer 21 Jan - 17:30
Théoriquement, en effet, c'en est fini avec l'ORL. Dans la pratique, il en est tout autrement.
Les manuels à la mode n'ont pas changé et l'on continue donc à partir d'un "fait de langue" sur lequel on se base pour faire émerger les "représentations initiales" grâce à une recherche, si possible "ludique". Ceci débouche sur une "trace écrite" et deux ou trois exercices d'application puis une "évaluation terminale" qui vient tout de suite ou après deux ou trois séquences consacrées au même thème (la phrase ; les fonctions dans la phrase ; le présent ; ...).
Dans certaines classes, on a ressorti les manuels des années 80 qui correspondent mieux que ceux de maintenant aux nouveaux programmes, mais c'est assez marginal, selon ce que je lis sur les forums et parfois vivement déconseillé par la hiérarchie.
En effet, dans de nombreux départements, les IEN, les PIUFM et les Conseillers Pédagogiques demandent toujours aux débutants et aux PE qu'ils inspectent de bâtir eux-mêmes leurs progressions en fonction des thèmes de littérature abordés et des projets d'écriture de la classe et de ne surtout pas utiliser de manuels progressifs de type BLED, forcément inadaptés au profil de leurs élèves, selon eux.
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Message par Invité le Mer 21 Jan - 18:07
J'ai démarré "Journal d'une institutrice clandestine" de Rachel Boutonnet, ça vaut le détour pour la description des cours des Professeurs des Ecoles à l'IUFM !
Ce qui est curieux, c'est que chez vous comme chez nous, nous revenions à des programmes plus cohérents pour l'apprentissage de la langue, mais on nous avertit néanmoins de continuer à travailler comme avant. Alors qu'il est écrit explicitement que la progression grammaticale doit être cohérente (du plus simple au plus complexe) et peut être décrochée de l'étude des textes. scratch
Message par doublecasquette le Mer 21 Jan - 19:34
On ne voit pas non plus apparemment la contradiction entre la liberté pédagogique de chaque enseignant et le fait que l'on ne présente qu'un type de méthode en formation initiale ou continue et que les manuels de français (et de toutes les autres matières, d'ailleurs) fonctionnent quasiment tous selon la même approche.
Par exemple, je ne connais aucun manuel de français qui démarrerait par l'étude des natures de mots, puis des fonctions pour aboutir à l'analyse de la phrase. Tous partent de la phrase, simple ou complexe, dès le CE1, passent par les notions de Groupe sujet, groupe verbal, compléments essentiels et non-essentiels et ne débouchent sur les mots et leur nature en toute fin de programme.
(source : Forum Néoprofs, http://www.neoprofs.org/t4806-un-espace-pour-l-ecole-primaire).

Troisième refonte en dix ans des programmes de l'école primaire


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Les programmes de l'école primaire vont être révisés. Encore empêtré dans la réforme des rythmes scolaires, le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, prend le risque d'ouvrir ce nouveau chantier. Jeudi 10 octobre, il devait installer le Conseil supérieur des programmes – l'instance chargée de les concevoir. Afin d'éviter de se voir de nouveau reprocher le manque de concertation, il a porté le sujet jusque dans les écoles, en invitant les enseignants à donner leur avis avant les vacances de la Toussaint.

Les professeurs des écoles s'apprêtent donc à connaître une énième refonte des programmes. La troisième en dix ans, après celles de 2008 et de 2002. La quatrième si l'on remonte à 1995. Vincent Peillon avait donné le ton en février, en déclarant, en marge d'un déplacement à Tours : "Les programmes de 2008 ne sont pas les bons." Sur le terrain, on lui donne assez facilement raison. Trop lourds, trop chargés, trop techniques, trop "vieille école"… Les programmes en vigueur depuis cinq ans à l'école maternelle et élémentaire sont contestés sur la forme comme sur le fond.

DES VOIX S'ÉLÈVENT CONTRE L'ARCHITECTURE "TRADITIONNELLE" DES PROGRAMMES
On les dit impossibles à boucler en temps et en heure, d'autant qu'en 2008 la semaine des écoliers a été allégée, avec le samedi matin supprimé. "D'un côté, le temps consacré au français et aux mathématiques s'est alourdi ; de l'autre, on a chargé la barque en ajoutant de l'informatique, des langues vivantes, de l'histoire des arts, de l'instruction civique et morale, de la prévention routière…", rapporte Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU, le principal syndicat du primaire.
On leur reproche aussi d'avoir "primarisé" l'école maternelle ; autrement dit, d'avoir transformé la grande section en "petit" CP. L'entrée dans la lecture – à travers la phonologie – se fait aujourd'hui dès 4-5 ans, au détriment, selon certains, du vivre-ensemble, de l'apprentissage par le jeu ou de l'acquisition des règles de socialisation.
D'autres voix s'élèvent contre l'architecture dite "traditionnelle" de ces programmes, avec le retour d'heures dédiées à la grammaire, à la conjugaison, à l'apprentissage du lexique, au calcul… Un revirement par rapport à la logique antérieure. "En 2002, le principe était de décloisonner les disciplines, de ne pas cantonner l'apprentissage du français aux cours de français ou des mathématiques aux cours de mathématiques, explique Philippe Joutard, ancien recteur qui a participé à leur rédaction. En histoire, les élèves peuvent aussi apprendre à lire, à écrire, à partir de récits ; en géographie, ils peuvent faire des mathématiques en maniant des échelles de cartes."

"LE TEMPS DE L'ÉDUCATION EST UN TEMPS LONG, PAS CELUI DE LA POLITIQUE"
En 2002 toujours, les programmes de français avaient tourné le dos au "par coeur" et aux exercices répétés. "Dans toutes les disciplines, il s'agissait de faire de "l'observation réfléchie de la langue" : la tendance était de partir de textes pour poser un problème de grammaire, de vocabulaire ou de conjugaison", souligne Danièle Manesse, professeure en sciences du langage à l'université Paris-III.
Une approche ambitieuse, mais complexe à mettre en oeuvre pour les maîtres. "Elle supposait une capacité de réactivité et une grande maîtrise linguistique", poursuit l'universitaire. Les enseignants n'auront pas eu le temps de s'y faire. En 2008, les leçons d'orthographe, de grammaire… ont été réintroduites, avec des horaires et des objectifs bien définis.
Même revirement en mathématiques : "A l'évidence, les concepteurs des programmes de 2008 ont pensé qu'il fallait se remettre à faire apprendre par coeur les tables de multiplication aux enfants et à faire des exercices", note Rémi Brissiaud, maître de conférences en psychologie cognitive à l'institut universitaire de formation des maîtres de Versailles. En histoire, "on est revenu à la frise chronologique ponctuée de grands personnages : Clovis, Charlemagne, Jeanne d'Arc…, pointe l'historien Benoît Falaize. Une trame qui parle à tout le monde, qui correspond au sens commun de ce que doit être l'histoire."
Car c'était aussi cela la finalité des programmes de 2008 : rassurer l'opinion publique, sensible au slogan du "lire, écrire, compter", en redonnant de la lisibilité aux contenus d'enseignement. L'école avait-elle besoin de ce changement de cap ? Difficile d'en mesurer l'impact sur les résultats des écoliers. Une chose est sûre : ni les programmes de 2008, ni ceux de 2002 n'ont permis d'endiguer la chute du niveau, qui, selon les statistiques de l'éducation nationale, date de la fin des années 1980 en calcul, de la fin des années 1990 en lecture. Et pour cause, on ne leur a pas laissé suffisamment de temps pour faire leurs preuves.
"Le temps de l'éducation est un temps long, pas celui de la politique", observe Ostiane Mathon, enseignante de CM1. Pour elle, comme pour beaucoup de ces professeurs des écoles qu'on dit "chevronnés", ce ne sont pas les changements de programmes qui guident, en premier lieu, l'acte d'enseigner, mais bien les besoins des élèves. "Dans ma classe, ce sont les enfants qui définissent le programme. Chaque matin, c'est le même rituel : ils proposent les sujets, les activités. Ils sont aux commandes de leur trajectoire scolaire."

"LA MAJORITÉ DES COLLÈGUES CONNAISSENT LES PROGRAMMES... ET LES ADAPTENT"

Dans les pratiques quotidiennes, le pragmatisme l'emporte. Les enseignants disent dépasser les clivages théoriques. "Il ne s'agit pas de bannir le par coeur et l'entraînement, témoigne Dominique Deconinck, maître spécialisée. Le temps de l'entraînement a toute sa légitimité, à condition d'être placé au bon moment et toujours au service d'une finalité comprise par l'élève, pour qu'il puisse répondre à la question du "à quoi ça sert ?""
"La majorité des collègues connaissent les programmes… et les adaptent", rapporte Sylvain Grandserre, professeur de CM1 proche du mouvement des "désobéisseurs", opposé aux évaluations instaurées, elles aussi, en 2008, en CE1 et CM2, et qui ne sont plus obligatoires depuis 2012. "J'ai vingt ans d'ancienneté et je n'ai jamais vraiment appliqué un programme en entier. J'élague, j'élude…", dit-il.
Des programmes au service de situations réelles d'apprentissage : c'est ce qu'attendent les enseignants de la réflexion engagée rue de Grenelle. Celle-ci n'échappera toutefois pas au poids des idéologies, toujours présentes dans l'histoire des programmes scolaires.

Vos réactions (10) Réagir
Daniel BILLARD il y a 3 semaines
Il faut que les vieux c..., dont je fait partie puisque j'ai passé les 70 ans, s'enfoncent dans le crâne, une bonne fois pour toute, que les temps ont changés! Les élèves qui entrent en 6è ont un niveau déplorable, dites-vous? Mais avez vous oublié qu'autrefois, pour entrer en 6è, il fallait passer un concours (je dit bien un concours, pas un examen où il suffit d'avoir 9 ou 10)? Aujourd'hui, tous les élèves de CM2 entrent automatiquement en 6è; le niveau ne peut donc pas être le même.
 
karine bouchard il y a 4 semaines
Mouais,70% de passage de 3ème en 2nde, résultat, un bon 10% minimum d'élèves incapables de rédiger, dont beaucoup butent sur un texte simple. On leur fat croire qu'ils sont bons pour le service... bac ricrac et dehors sans rien, youpi! Programmes à revoir oui, en Histoire c'est une aberration intellectuelle, les élèves mélangent tout. Les TPE... intéressant pour les bons élèves, les autres prient saint Wikipédia et copient-collent à tout va. 37 élèves/classe, vive l'individualisation et l'aide!
 
Jean il y a 4 semaines
au moins 30% des élèves ont un niveau faible en rentrant dans la sixième du collège unique, et pour préserver cette unicité érigée en dogme il va devenir urgent de "simplifier" les programmes que l'on va probablement adapter aux plus faibles...et cela risque de continuer au collège. On va enfin arriver à la logique incontournable du collège unique et de la massification: le nivellement. Les premiers qui vont trinquer sont les enfants doués des couches populaires qui font confiance à l'école.
 
FB il y a 4 semaines
Il devrait se pencher d'urgence sur le gâchis de la réforme des lycées. Là il y a urgence. L'accompagnement personnalisé en seconde est une mauvaise farce qu'il faut cesser au plus vite: les professeurs ne sont pas de joyeux animateurs polyvalents, mais ils sont spécialistes d'une seule discipline. L'interdisciplinaire ne se fait pas seul! Les TPE sont un vrai espace interdisciplinaire, avec deux spécialistes, le résultat serait intéressant en revenant sur deux niveaux au lieu d'un seul.
 
Yannick L il y a 4 semaines
Les TPE n'ont toujours été qu'une fumisterie. Ils permettent de monter artificiellement les moyennes du bac et le "taux de réussite".
 
PIERRE-MARIE MURAZ il y a 4 semaines
Depuis 1960 , il y a eu je ne sais combien de réformes de l'enseignement , à croire que les ministres successifs de l'EN ont un sens inné du marquage ...
 
Yannick L il y a 4 semaines
Dans les faits, les enseignants responsables se foutent éperdument des programmes. Ils s'intéressent à leurs élèves confrontés à leur parcours scolaire. Ils font ce qu'ils estiment nécessaire pour ces élèves en fonction du contexte de l'EN. Leur but est de tenter d'ouvrir leur esprit pour comprendre le monde où ils vont devoir (sur)vivre.
 
Le Chat Gris il y a 4 semaines
Cet article nous renvoie à un autre publié récemment sur l'opacité qui règne autour de l'élaboration de ces programmes. Il semble que ceux-ci sont créés par des spécialistes de leur discipline, mais qui n'ont jamais mis les pieds dans une classe (sauf quand ils étaient eux-mêmes enfants). Et si ces messieurs-dames, pour une fois, descendaient de leur tour d'ivoire pour s'asseoir à une table avec des praticiens et faire des programmes sur la base d'un consensus en prenant le temp qu'il faut ?
 
Sandrine Legrand il y a 4 semaines
Apres 8 ans en Australie et des enfants solarises a l'ecole publique australienne, nous avons demenage dans un autre pays et "profite" de l'occasion pour remettre nos enfants dans le systeme scolaire francais. Apres 3 semaines de classe, nous avons jete l'eponge et remis nos enfants dans un systeme scolaire anglais - infiniment plus epanouissant pour les enfants. Ce n'est pas le contenu des enseignements qui nous a fait fuir mais les methodes d'enseignement et la rigidite du systeme.
 
alain mangold il y a 4 semaines
Mme Legrand: croire que le système en France est fait pour épanouir les enfants serait une grave erreur. Au mieux il apporte un savoir académique avec un peu de savoir-faire.... Pour le reste ce n'est pas du ressort de l'EN en France. Au début de chaque année les directions d'établissements et les professeur ont souvent un but: mettre tout ce monde au pas. Quand cela est fait d'une manière intelligente ça va , par contre parfois les vrais dégâts sont là en démolissant l'estime de soi.

Une réforme de la maternelle au collège

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Garantie de transparence et d'indépendance : c'est en ces termes que le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a justifié la création d'un Conseil supérieur des programmes (CSP). Installé jeudi 10 octobre, il sera aux manettes de la redéfinition des programmes scolaires jusqu'à la fin du quinquennat.

"Transparence", parce que l'on sait qui sont les dix-huit concepteurs des futurs programmes, quand on ignore encore qui a travaillé sur ceux de 2008. "Indépendance", parce que la nouvelle instance réunit des personnalités de tous bords : trois députés et trois sénateurs (de droite et de gauche), deux représentants du Conseil économique, social et environnemental, et dix personnalités qualifiées, parmi lesquelles des universitaires, une sociologue, une médecin, un inspecteur général… A leur tête, l'ancien recteur de l'acadé...

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Faute de professeurs, des académies bloquent le détachement de jeunes agrégés à l'université.

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