6 juillet 2011

Jacques Muglioni : La fin de l'école

« Nombre de platitudes et de contresens pourraient être évités si l'on consentait seulement à se demander ce qu'on dit et à tirer au clair les affirmations surprenantes qui peuplent le discours pédagogique, car il est impossible qu'on veuille vraiment dire ce qu'on dit parfois. »

Extrait :
Un rapport récent sur l'enseignement assisté par ordinateur aux Etats-Unis et au Canada explique, dans son préambule, qu'il convient d'adapter les ressources humaines au développement et à l'utilisation des moyens matériels de production, d'échange et d'innovation.

C'est donc bien d'une affaire de marché, d'une question d'argent qu'il s'agit.

Adapter les ressources humaines, c'est bien, comme nous disions, traiter l'homme comme l'outil d'un outil.

On peut laisser un peuple dans l'ignorance, mère de la servitude, en le dotant d'un matériel dont il devient l'instrument en même temps que le consommateur, sans compter que le recul de l'exigence théorique à l'école finit par mettre en péril le renouvellement technique lui-même.

Le choix demeure donc - mais le moment du choix passera - entre, d'une part, la tradition de l'école comme servante de la société marchande et fabricatrice et, d'autre part, la tradition de l'école comme lieu de découverte de l'instance théorique et de l'universel.

Ce qui est en cause, c'est la confiance que, à la suite de la pensée grecque et de la philosophie des Lumières, la tradition française de l'instruction publique avait mise dans l'intelligence. Le destin de l'école intéresse ainsi la civilisation tout entière, son sens et sa fin.

1l nous appartient de prendre pleinement conscience d'un enjeu qui dépasse de très loin nos intérêts apparents et prochains.
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