27 juillet 2011

L'ABRUTISSEMENT PROGRAMME DE LA JEUNESSE et les méthodes managériales

Que faire des pauvres et surtout de leurs nombreux enfants ? Trop nombreux, ne deviennent-ils pas potentiellement dangereux ? Comment, sinon éliminer, du moins circonscrire le danger ? 

La psychologie des pédagogues est une héritière. 

Elle a tiré la leçon de l'échec du nazisme. 

Les méthodes violentes et primitives du nazisme ont fabriqué son adversaire, par simple réflexe de défense. 

Aujourd'hui, on procède autrement pour parvenir aux mêmes fins, la stérilisation de l'ennemi…

a) La violence étatique et l’organisation des plaisirs sont les deux volets complémentaires d’une même politique d’abrutissement programmé de la jeunesse et de containment des banlieues. 

Les illusions finiront par tomber et le retour au réel sera sans doute terrible. En attendant, le grand organisateur du grand sommeil aligne tranquillement une série d'équations intellectuellement simplistes mais politiquement redoutables

1) Ce qui crée l'ennui à l'école, c'est la répétition. 

2) Celui qui ennuie les élèves, c’est le professeur. 

3) La répétition est au fondement de tout apprentissage. 

4) J'affirme que le plaisir est préférable à l'ennui. 

5) Donc, je supprime d'autorité l'ennui à l'école, c'est-à-dire, la série des apprentissages  qui exigent répétition…

6) … Soit l'arithmétique, la grammaire, l'orthographe, la géographie, l'histoire...

7) …Pour les pauvres, cela va de soi. 

8) Je donne l’autorisation de supprimer le professeur ennuyeux.

b) Quelle stratégie politique est à l'œuvre dans ces théories ? 

Ce colloque n’avait pour autre objet que d’accélérer l’obligation scolaire de la jouissance (plaisir immédiat, obtenu sans médiation des livres, des exercices...). Le Ministère de la Jeunesse a désormais en charge principale la gestion étatique des plaisirs de la jeunesse ? Vaut-il mieux mourir d’ennui, mourir de jouir ou mourir de l’ennui de jouir ? 

Le ministère a décidé, sans doute après sondage auprès d’un échantillon représentatif d’élèves, qu’il fallait mourir de jouir. Après avoir produit sélectivement des bêtes à concours, on prétend produire en masse des bêtes à jouir qui arboreront leur sourire fabriqué, celui figé du cadavre embaumé des hommes « désanimés ». 

Ce plaisir devenu matière obligatoire au sein d'un géant Ministère de la Jeunesse et des Jouissances donne le cafard. Cette folle tentative de maîtrise gestionnaire de la jeunesse à grands coups de plaisirs sera ensuite probablement évaluée. N'a-t-elle pas un contenu essentiellement mélancolique ?

c) Quel problème vise-t-elle à résoudre ?
Tout simplement le problème des pauvres. 

Que faire des pauvres et surtout de leurs nombreux enfants ? Trop nombreux, ne deviennent-ils pas potentiellement dangereux ? Comment, sinon éliminer, du moins circonscrire le danger ? 

La psychologie des pédagogues est une héritière. Elle a tiré la leçon de l'échec du nazisme. Les méthodes violentes et primitives du nazisme ont fabriqué son adversaire, par simple réflexe de défense. Aujourd'hui, on procède autrement pour parvenir aux mêmes fins, la stérilisation de l'ennemi. L’imagination contemporaine de la biologie inclut l’expérience d’Auschwitz. 

Par exemple, pour se débarrasser des cafards, animal redoutable et presque indestructible, on a envisagé le scénario suivant, qu’une molécule excite en permanence les centres nerveux impliqués dans leur comportement génital. Les cafards copulent jusqu’à épuisement, en oublient de manger et meurent de… plaisir. 

C’est ce modèle qui est importé dans l’école, modèle de la programmation de la mort dans la jouissance.  

 d) C’est aussi sur ce modèle que fonctionne le management d’entreprise.

Histoire de la grenouille cuite. «Une des histoires que les conseils en entreprise ou les philosophes du management racontent volontiers pour expliquer combien il est difficile de conduire un organisme ou une entreprise à l’apprentissage, est l’histoire que raconte Charles Handy, transformée en parabole, l’histoire de la grenouille cuite. 

Chacun peut imaginer ce qui se passe si l’on jette une grenouille dans l’eau bouillante. Elle essaie, aussi vite que possible, d’en sortir. Mais que se passe-t-il si l’on met une grenouille dans l’eau tiède, de telle sorte que la température de l’eau soit progressivement augmentée ? Curieusement, il ne se passe rien. La grenouille montre tous les signes d’un animal qui se sent bien, mais cuit lentement sans s’en rendre compte. » 

Les méthodes managériales sont ainsi faites qu’elles tuent à petit feu avec une probabilité de succès bien plus grande que les méthodes directement totalitaires, du moins telle est l’ambition des technocrates du management. Comment cuire les jeunes à petit feu ? Le Président du CNP a apporté sa contribution : en leur enjoignant la jouissance à mort.  





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