14 juillet 2011

Alain, le culte de la Raison comme fondement de la République

Présentation du texte par le site de l'Université conventionnelle :

Nous donnons ici un texte fondateur d'Alain, qui nous semble éclairer singulièrement toute entreprise d'éducation populaire, dans ses buts comme dans ses moyens, et que nous faisons ainsi essentiellement nôtre. Il est d'usage, en effet, de tenir la politique pour un jeu d'institutions. C'est la meilleure manière de convaincre le peuple que son opinion ou ne compte pour rien face à pareilles subtilités, ou n'importe guère, car il faudrait tout attendre de la ruse des politiques seuls. C'est sous le nom de "réalisme" que cette sagesse prospère. Elle bute toutefois toujours sur un fait bien simple, et qui est que jamais un pouvoir quelconque ne subsisterait longtemps sans l'assentiment de tous. J'entends non pas un assentiment passif ou étourdi, mais encore l'adhésion active et enthousiaste de la plupart des citoyens. Car que serait un pouvoir sans applaudissements ? Le réalisme et l'art des manœuvres se heurteront donc immanquablement à ceci que tout édifice social repose au final uniquement sur des opinions. De là le pouvoir de l'instruction, qui serait d'éduquer les âmes à ne pas donner leur confiance ou leur jugement sans méthode ; pouvoir de refuser sa croyance, tous le possèdent sans que nul tyran ne puisse jamais l'ôter. De là également le lien nécessaire entre la qualité des lumières communes et celle de nos gouvernants. D'où vient alors que nous n'usons point de ce pouvoir facile et commun de demander des raisons à qui veut nous gouverner, et de monnayer chèrement, par l'attention et la culture, ce précieux assentiment que nous pourrions aussi bien garder pour moi ? Alain nous répond par cette conférence de 1901 ; à chacun d'y retrouver ses propres paresses.


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