5 septembre 2011

Curriculum fondamental commun

Pourquoi ?
Pourquoi avons-nous, en tant que nation, été incapables d’avancer ainsi que l’ont fait d’autres nations, comme la Finlande, le Japon, Singapour et la Corée du Sud, qui sont parties de très loin derrière nous et ont fini par nous rattraper, nous distancer et nous éclipser totalement ? Les raisons ne manquent pas. Quelques-unes seulement de ces raisons qui nous viennent à l’esprit : notre taux de pauvreté infantile scandaleusement élevé et ses maux associés, notre formation des enseignants et des responsables d’établissements inadéquate et floue, et l’insatiable désir de nos cadres et des décideurs politiques pour les nouvelles initiatives. Mais de tous les obstacles qui se dressent en travers d’un redressement authentique et soutenu, il y en a un qui se détache et prend le dessus. En tant que nation, nous n’avons pas posé les questions de prime importance et n’y avons pas plus répondu : Qu’est-ce qu’une éducation ? Qu’est-ce qui est fondamental ? Qu'est-ce qui est périphérique dans une éducation ?
Quand nous considérons attentivement chaque question, alors émergent des réponses claires. Une éducation est une expérience éclairante (enlightening) et enrichissante qui a pour résultat l’acquisition et l’appropriation d’un corps de connaissances et d’habiletés – à la fois académiques et sociales – qui permet à tout un chacun d’être un citoyen responsable et productif. Ce qui est fondamental dans une éducation est le corps spécifique de connaissances et d’habiletés, ainsi que les meilleurs moyens pour l’acquérir ; tout le reste est périphérique.

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Article original en américain : Common Core Curriculum, An Idea Whose Time Has Come
Traduction Spinoza1670 (école : références), le 01/08/2011.


La réforme de l’école est sans doute aussi vieille que les écoles publiques. Mais, durant les trois dernières décennies – depuis que le rapport Une Nation en péril (A Nation At Risk : http://www2.ed.gov/pubs/NatAtRisk/index.html) a recommandé vivement d’agir pour un changement spectaculaire – elle a été non-stop, et pas vraiment couronnée de succès. Les innovations vont et viennent ; les progrès sont faits et défaits ; les écoles réussissent et échouent. Les professeurs sont des héros locaux et des boucs-émissaires nationaux.
Pourquoi ?
Pourquoi avons-nous, en tant que nation, été incapables d’avancer ainsi que l’ont fait d’autres nations, comme la Finlande, le Japon, Singapour et la Corée du Sud, qui sont parties de très loin derrière nous et ont fini par nous rattraper, nous distancer et nous éclipser totalement ? Les raisons ne manquent pas. Quelques-unes seulement de ces raisons qui nous viennent à l’esprit : notre taux de pauvreté infantile scandaleusement élevé et ses maux associés, notre formation des enseignants et des responsables d’établissements inadéquate et floue, et l’insatiable désir de nos cadres et des décideurs politiques pour les nouvelles initiatives. Mais de tous les obstacles qui se dressent en travers d’un redressement authentique et soutenu, il y en a un qui se détache et prend le dessus. En tant que nation, nous n’avons pas posé les questions de prime importance et n’y avons pas plus répondu : Qu’est-ce qu’une éducation ? Qu’est-ce qui est fondamental ? Qu'est-ce qui est périphérique dans une éducation ?
Quand nous considérons attentivement chaque question, alors émergent des réponses claires. Une éducation est une expérience éclairante (enlightening) et enrichissante qui a pour résultat l’acquisition et l’appropriation d’un corps de connaissances et d’habiletés – à la fois académiques et sociales – qui permet à tout un chacun d’être un citoyen responsable et productif. Ce qui est fondamental dans une éducation est le corps spécifique de connaissances et d’habiletés, ainsi que les meilleurs moyens pour l’acquérir ; tout le reste est périphérique.
La raison pour laquelle nous nous sommes retrouvés loin derrière nombre de nations est que nous avons poursuivi le périphérique tandis qu’eux se sont attachés à poursuivre le fondamental. Tandis que nous avons bassement cédé aux marottes pédagogiques, managériales et gestionnaires, ces dernières ont écrit des curricula communs (nationaux) de connaissances essentielles (common core curricula). Un curriculum commun de connaissances fondamentales n’est pas seulement un bout de papier qui guide l’enseignant ; c’est un document vivant qui guide et apporte de la cohérence à tout le processus national d’éducation.
Un curriculum met en avant ce corps de connaissances et d’habiletés dont nos enfants ont besoin pour devenir des citoyens économiquement productifs et socialement responsables. Un curriculum commun – c’est-à-dire qui est partagé par toutes les écoles – est ce qui relie entre eux les différents acteurs ; au lieu de s’éparpiller dans des directions radicalement différentes et de se mettre les uns les autres les bâtons dans les roues, les enseignants, les administrateurs, les parents, les rédacteurs de manuels, les concepteurs d’évaluations, les professeurs de sciences de l’éducation et les responsables politiques travaillent tous de concert. Un curriculum commun fondamental – ce qui veut dire un curriculum qui occupe au moins les deux-tiers du temps consacré à l’instruction – laisse aux enseignants le temps suffisant pour s’appuyer sur les intérêts des élèves et se consacrer aux priorités locales.
Dans les pays qui ont un curriculum commun fondamental, les avantages sont nombreux :


-                     Les enseignants n’ont pas besoin de deviner ce qui sera dans les évaluations; s’ils enseignent le curriculum, leurs élèves seront préparés;

-              Les élèves qui changent d’école ne sont pas perdus, donc le temps n’est pas gaspillé à des révisions et remédiations. Leurs nouveaux enseignants peuvent avoir des plans de leçon et des projets différents, mais les contenus de savoir et les savoir-faire fondamentaux (core content) à maîtriser à chaque niveau (classe, grade) sont les mêmes.

-                     Les manuels sont peu épais, contenant seulement le matériel à apprendre pour l’année donnée (pas des centaines de pages incohérentes essayant de s’ « aligner » sur les standards vagues et les différentes notions de compétences des différents Etats (51 Etats aux USA, chaque Etat est plus ou moins libre de sa politique éducative).

-        Les programmes de formation des enseignants s’assurent que chaque candidat maîtrise le curriculum, et les manières de l’enseigner, avant qu’ils deviennent enseignants.

-                     Les enseignants à travers l’école, la ville et (grâce à Internet) à travers le pays sont capables de collaborer pour développer et peaufiner des plans de leçon et d’autres outils pour l’instruction.

Ces avantages sont loin d’être les seuls offerts par un programme fondamental commun. De nombreux autres sont discutés dans ce numéro d’American Educator (http://www.aft.org/newspubs/periodicals/ae/winter1011/index.cfm), mais il y en a un qui est beaucoup plus important que les autres. Sans un curriculum fondamental commun, il ne peut y avoir d’équité éducative. Une vraie égalité d’opportunité (true equality of opportunity) est impossible à atteindre, certes, mais lutter pour qu’elle se réalise de plus en plus est possible, et aucun but n’est plus important.
Ce numéro spécial d’American Educator arrive à un moment spécial. Après des décennies de débat, l’Amérique est sur le point de se doter de standards académiques communs. Dans les 18 derniers mois, l’initiative des Standards d’Etat communs fondamentaux (http://www.corestandards.org /) – un effort volontaire, hautement collaboratif, mené par l’Etat central – a développé, a examiné publiquement et a révisé les standards d’anglais et de mathématiques, dont le but est d’aider les enseignants à préparer tous les élèves, quel que soit leur lieu d’habitation, pour une éducation supérieure et un entraînement professionnel (workforce training). Bien que pas parfait (aucune chose ne l’est jamais), les standards sont d’une grande qualité, et les Etats d’Amérique, dans leur grande majorité, les ont déjà adoptés (voir carte : http://www.corestandards.org/in-the-states). C’est un nouveau mouvement très exaltant, mais les standards sont seulement un début. Ils présentent les buts de l’éducation, non l’éducation elle-même. La connaissance et les habiletés essentielles – la clé pour une vie riche – doivent être exposées dans un curriculum fondamental commun. C’est une idée dont le moment est arrivé.

Pour un exemple de ce que peut être un curriculum fondamental commun, voir : http://www.aft.org/pdfs/americaneducator/winter1011/CommonCore.pdf.

Voir aussi :

- Pour un programme riche, clair et précis

- Les standards (indicateurs des savoirs à atteindre en fin de classe) ne sont pas des curriculums (ou programmes)

- Les programmes, appareil circulatoire de tout le système scolaire (Michel Delord)

- Standards are not a Curriculum - Standards et Curriculum sont deux choses différentes


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