27 juillet 2011

10 objets à 22 euros : Un problème ABSTRAIT pour M. LE MINISTRE




Luc Chatel sèche 
sur un exo niveau CM2

Zéro pointé. Invité hier de l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV, le ministre de l’Education nationale a été collé par une question de niveau CM2. Le problème est tiré du cahier d’évaluation soumis aux élèves. «Dix objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent quinze de ces objets ?» demande le journaliste. Luc Chatel hésite, puis lâche… 16,50 euros ? Erreur. S’il connaissait sa règle de trois, le ministre aurait pu répondre «33». «Vous me sécherez toujours sur une question comme ça, se défend-il. Ça montre qu’on peut être ministre et se tromper. J’assume pleinement.» Pour résoudre l’équation du recrutement des professeurs pour la rentrée, il devrait vérifier à deux fois sa copie.


Le problème était tout de même un peu trop abstrait. On parle d' "objet" dans l'énoncé et par conséquent il est difficile de rentrer dans la situation du problème. Or, la contextualisation est importante, et c'est à partir d'une telle mise en contexte que l'on peut saisir le sens d'un problème et construire ses apprentissages.


Les journalistes ne sont pas assez pédagogues de nos jours. Peut-être aurait-il fallu reformuler la question ? 

Voici donc la nouvelle interview telle qu'elle aurait pu avoir lieu si le journaliste avait été formé à l'IUFM :


Journaliste : 10 shampooings coûtent 22 euros..."
Ministre : Ah non, désolé, comment se faire de la marge alors ? Il faudrait délocaliser ou licencier du personnel. Sur toute la France, ça ferait... 1500 profs en moins. Vous vous rendez compte ? 
Journaliste : Bon alors, 10 shampooings coûtent 55 euros...
Le téléphone sonne. le ministre décroche et répond :
- Allo oui ? Ah bonjour ! Quoi ? Il faut quand même les supprimer ? Et mes shampooings ? Ca reste pareil... On ne change pas la politique tarifaire... Bon très bien... 
Au journaliste :
- Oui donc, on reprend... Je pense donc que ça fait -1500.


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1 500
C’est le nombre de suppressions de classes de primaire prévues à la rentrée, selon l’annonce du ministre de l’Education, Luc Chatel, le 26 avril. Alors que l’on attend 4 900 élèves supplémentaires…


56 700
C’est le nombre total de postes supprimés à l’Education nationale en quatre ans (2008-2011), dans le cadre du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux.

Le primaire avait été relativement épargné par les réductions de postes. Pour l’année scolaire 2011-2012, c’est lui qui va en assumer l’essentiel : 9 000 suppressions sur les 16 000 prévues. L’essentiel des suppressions concerne les Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), les intervenants en langues étrangères, les maîtres formateurs, les remplaçants.

«Nous estimons que la situation faite à l’éducation est inacceptable dans notre département et dans toute la France.»

Des parents d’élèves et des enseignants de Seine-Saint-Denis lançant, mercredi, un «Appel pour que l’éducation redevienne une priorité nationale»
Libération du 9 mai 2011

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Education nationale : les manipulations statistiques de Luc Chatel (sur Politique.net)






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