12 octobre 2012

Système métrique


CHAPITRE II

  SYSTÈME MÉTRIQUE



Il y avait en France, avant la Révolution de 1789, autant de poids et de mesures que de provinces, de villes quelquefois. De là un embarras universel, qui embrouillait tous les comptes et donnait prise à la fraude.
C’était une réforme à faire, réclamée depuis longtemps, que le respect des vieux usages et l’amour-propre local, sans parler des intérêts en jeu, avaient empêchée jusque-là d’aboutir, absolument comme aujourd’hui dans les pays encore rebelles au système métrique, qui s’obstinent à repousser un progrès auquel ils n’échapperont pas.
Les hommes de la Révolution française, résolus d’en finir avec un état de choses condamné par la raison, conçurent l’idée, aussi hardie que généreuse, d’établir un système de poids et mesures à l’usage, non seulement du peuple français, mais de tous les peuples, et une commission de savants fut nommée à cet effet.
Ne voyant rien de plus acceptable pour le genre humain tout entier que le globe même sur lequel il est dispersé, elle imagina d’aller lui demander le point de départ de son système de poids et mesures.
Je n’entreprendrai pas de vous expliquer comment, et à la suite de quels tâtonnements, les astronomes sont parvenus à mesurer le globe terrestre avec plus de précision qu’un marchand ne mesure une pièce d’étoffe : il faudra m’en croire sur parole. Or, la mesure de longueur, base fondamentale de tout le système de poids et mesures imaginé par les savants français, est la dix millionième partie de la distance entre le pôle et l’équateur.
On lui donna le nom de MÈTRE, du mot grec, metron, qui signifie mesure, et de là le nom de système métrique.
L’échelle des mesures dans le système métrique a été établie sur le plan de la numération décimale.
Partant du mètre qui est l’unité première de longueur, on a fait :
En montant, des unités supérieures de dix mètres, cent mètres, mille mètres, dix mille mètres;
En descendant, des unités inférieures d’un dixième de mètre, d’un centième, d’un millième : il a été jugé inutile d’aller plus loin dans ses subdivisions.
Les noms des unités supérieures ont été empruntés au grec : déka, dix ; hecto, cent; kilion, mille ; myria, dix mille.
Les noms des unités inférieures ont été empruntés au latin : decem, dix ; cenftun, cent ; titille, mille.
Voici donc l’échelle complète des mesures de longueur, en commençant par le haut.
Myriamètre,

dix mille mètres.
Kilomètre,

mille mètres.
Hectomètre,

cent mètres.
Décamètre,

dix mètres.

MÉTRE.

Décimètre,

dixième de mètre.
Centimètre,

centième de mètre.
Millimètre,

millième de mètre[1].

Ce sont là les multiples et les sous-multiples du mètre[2].
Nous retrouverons les mêmes noms, grecs et latins, employés aux mêmes places dans toutes les autres séries de mesures.
Le myriamètre, le kilomètre et l’hectomètre s’emploient seulement pour mesurer les distances. Quatre kilomètres font la lieue métrique.
Pour mesurer les surfaces, grandes ou petites, on les évalue par carrés ayant pour côté une des mesures énumérées ci-dessus, depuis le myriamètre jusqu’au millimètre, et contenus chacun 100 fois dans le carré d’ordre supérieur, dont le côté est dix fois plus grand. Ainsi le décamètre carré est contenu 100 fois dans l’hectomètre carré, et contient 100 fois le mètre carré. On peut, en effet, se le représenter comme une rangée de dix bandes juxtaposées, dont chacune serait de 10 mètres carrés accolés à la file : 10 X 10 = 100.
La superficie des terrains a pour unité de mesure l’aire qui est un carré de 10 mètres de côté, autrement dit, un décamètre carré valant 100 mètres carrés.
Cent ares font un hectare, un carré de 100 mètres de côté, autrement dit un hectomètre carré, valant 1000 mètres carrés.
Le centième de l’are est le centiare, un carré de l mètre de côté, autrement dit un mètre carré.
L’are, l’hectare, son multiple, et le centiare, son sous-multiple, sont les seules mesures employées pour la superficie des terrains.
Pour évaluer l’étendue des pays, on se sert du kilomètre carré et de la lieue carrée. La lieue carrée contenant 16 kilomètres carrés (4 X 4 = 16) et le kilomètre carré contenant 100 hectares ou hectomètres carrés, il y a donc 1 600 hectares dans une lieue carrée.
Le volume des corps s’évalue par cubes ayant pour mesure de longueur, de largeur et de hauteur l’un des termes de l’échelle des mesures de longueur. C’est un volume ayant la forme d’un dé à jouer.
10 multiplié deux fois par lui-même, ou pris 3 fois comme facteur, donnant 1000, un cube métrique quelconque est donc contenu 1 000 fois dans le cube de l’ordre supérieur. Ainsi le décimètre cube est contenu 1000 fois dans le mètre cube, et contient 1 000 fois le centimètre cube.
Le mètre cube prend le nom de stère quand il sert à la mesure du bois de chauffage. Le stère n’a qu’un seul multiple, le décastère — dix stères — et qu’un seul sous-multiple, le décistère — dixième de stère — qu’il ne faut pas confondre avec le décimètre cube. Celui-ci étant contenu 1 000 fois dans le stère, ou mètre cube, le décistère, qui est le dixième du stère, contient le dixième de 1 000 décimètres cubes, c’est dire 100. L’on a donné le Zone de Texte: 6nom de voie métrique au double stère.
La contenance des vases a pour unité de mesure le litre qu’on peut définir : un vase quadrangulaire dans lequel viendrait s’emboîter exactement un décimètre cube.
Le litre a deux multiples :
              le décalitre valant dix litres,
              l’hectolitre valant cent litres,
et deux sous-multiples :
              le décilitre ou dixième de litre,
              le centilitre ou centième de litre.
Le litre, qui représente le volume d’un décimètre cube, contenant 1000 centimètres cubes, le centilitre, qui est la centième partie du litre, en contient le centième de 1000, ou 10.
C’est le centimètre cube qui a servi pour établir l’unité de poids, le gramme, lequel est le poids d’un centimètre cube d’eau distillée, à la température de 4 degrés centigrades au-dessus de 0. C’est un poids facile à vérifier dans tous les pays du monde, où il est toujours le même.
Les multiples du gramme sont :
              le décagramme valant dix grammes,
              l’hectogramme valant cent grammes,
              le kilogramme valant mille grammes.
Ses sous-multiples sont
              le décigramme dixième de gramme,
              le centigramme centième de gramme,
              le milligramme millième de gramme.
Le kilogramme contenant 1000 grammes, c’est-à-dire le poids de 1000 centimètres cubes d’eau, il en résulte qu’un litre, ou un décimètre cube d’eau, dans les conditions énoncées ci-dessus, pèse exactement un kilogramme, et qu’un mètre cube d’eau, qui représente 1 000 litres, pèse 1000 kilogrammes.
C’est ce dernier poids qui a reçu le nom de tonne métrique dans le commerce et l’industrie, et de tonneau dans la marine. Un vaisseau dont la coque plongeant dans l’eau jusqu’à sa ligne de flottaison déplace 1 000 mètres cubes d’eau, est un navire de 1000 tonneaux[3].
100 kilogrammes font ce qu’on appelle un quintal métrique pour le distinguer de l’ancien quintal qui était de 100 livres. La livre actuelle vaut 500 grammes ou un demi-kilogramme.
Enfin, pour compléter le système, l’on a fait dériver du gramme l’unité monétaire qui est le franc, pièce d’argent du poids de 5 grammes[4].
Le franc n’a pas de multiples. Il se compte dans les conditions ordinaires de la numération décimale : dix francs, cent francs, mille francs, oie.
Il a deux sous-multiples :
              le décime ou dixième de franc,
              le centime ou centième de franc.
La monnaie d’or comprend des pièces de 10, 20, 50 et 100 francs, frappées à raison d’un kilogramme d’or, au titre de 0,900 pour une somme de 3 100 francs, en n’importe quelles pièces.
Le kilogramme d’argent monnayé valant 200 francs — 1 000 : 5 = 200 — la valeur de la monnaie d’or est à celle de la monnaie d’argent dans la proportion de 3100 à 200, c’est-à-dire qu’elle est 15 fois et demie plus grande.
La monnaie d’argent comprend des pièces de 5, 2 et 1 francs, de 50 et 20 centimes, dont chacune peut servir de poids dans une balance, à raison de 5 grammes pour une valeur de 1 franc. La pièce de 20 centimes, cinquième partie de cette valeur, pèse donc 1 gramme. 100 francs pesant 500 grammes représentent juste une livre ou un demi-kilogramme.
Le poids de la monnaie de bronze, alliage de cuivre, d’étain et de zinc, est de 1 gramme par centime. Il y a des pièces de 10, 5, 2 et 1 centimes, dont chacune pèse, en conséquence, autant de grammes qu’elle représente de centimes. Ainsi le poids est le même pour une pièce de 2 francs pesant 10 grammes et une pièce de 10 centimes ; 10 francs en sous, pour nous servir du vieux nom conservé par l’usage à la monnaie de bronze, et 200 francs en argent, ont juste le même poids de 1 kilogramme, sauf le déchet possible produit à la longue par le frottement.
Tout se tient, comme vous le voyez, d’un bout à l’autre du système métrique. Le franc dérivant du gramme, et celui-ci d’une subdivision du mètre, l’on peut remonter régulièrement de la valeur monétaire au poids, du poids au volume et du volume à l’unité de longueur. C’est une série complète de mesures déduites méthodiquement les unes des autres, chacune avec son nom raisonné, taillé sur un modèle commun ; mesures qui offrent, par-dessus tout, cet avantage inappréciable d’être en harmonie parfaite avec la numération décimale, base uniforme de tous les calculs de l’arithmétique.
À cause de cela, le système métrique s’est imposé déjà aux savants de tous les pays, dans leurs communications entre eux. A cause de cela aussi, il deviendra forcément d’un usage universel, ayant été conçu et exécuté précisément à cette intention.

Voir également le chapitre 12 du même volume :  
 
in Jean Macé,


[1] S’il y a lieu de pousser plus loin la division, on dit : un dixième de millimètre, un centième, un millième au besoin; mais il ne peut s’agir là que de mesures scientifiques, sans application dans les usages de la vie.
[2] On donne le nom de multiple d’un nombre à celui qui le contient exactement un certain nombre de fois, et de sous-multiple à celui qui y est contenu exactement un certain nombre de fois. Le décamètre contient le mètre juste 10 fois : c’est un multiple du mètre. Le décimètre y est contenu juste 10 fois : c’est un sous-multiple du mètre.
[3] L’évaluation n’est pas scientifiquement exacte parce que l’eau de mer est un peu plus lourde que l’eau distillée; mais il y a en général compensation par une élévation de température au-dessus de 4 degrés, l’eau devenant plus légère à mesure qu’elle se chauffe. La différence qui peut exister n’a pas assez d’importance dans la pratique pour qu’on ait renoncé à un moyen si commode d’évaluer le poids d’une masse qui ne tiendrait dans aucune balance.

[4] Le titre légal de la monnaie d’argent est de 0,900, c’est-à-dire que l’alliage dont elle est faite ne contient qu’un dixième de cuivre. Ce titre légal n’est obligatoire, bien entendu, que dans les pays qui ont adopté la monnaie métrique. Il ne s’applique qu’à la pièce de 5 francs. Le titre est de 0.835 pour les pièces de moindre valeur, ce que l’on appelle la monnaie divisionnaire. Une convention Internationale a réglé sur le chiffre de l’émission monétaire de chaque pays la quantité de monnaie divisionnaire qu’il est permis d’y frapper.


Source : acoeuretacris.centerblog.net.

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