15 août 2014

L'analyse grammaticale, exercice des ânes ? (Pierre Jacolino, février 2014)

L'analyse grammaticale, exercice des ânes ?

Pierre Jacolino : "L'exercice traditionnel de "l'analyse grammaticale" est peu pratiqué en classe de français. On constate çà et là quelques résurgences, mais la majorité des élèves français n'a pas l'habitude de déterminer la nature et la fonction de chacun des mots d'une proposition.
Je ne reviendrai pas ici sur l'intérêt de cet exercice pour la consolidation des connaissances grammaticales, pour la perception de leur utilité descriptive, ni pour l'éducation du raisonnement.
Je voudrais simplement répondre à la critique majeure qui a conduit à l'abandon de cet exercice."







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A voir sur le blog Manuels anciens : 

3 août 2014

Manuels anciens de lecture CE1 et CE2

Cet été, quelques manuels anciens ont été mis en ligne (mais on peut aussi les voir en colonne) sur le blog du même nom, Manuels anciens.
Vous pouvez aussi cliquer sur les images pour accéder au Pinterest Manuels anciens qui est un peu plus imagé que le blog.

Manuels anciens CE1
Manuels anciens CE1


Bon voyage dans le temps !


P.S. 1 : Pensez à vous protéger des poussières et moisissures ! 
Manuels anciens CE1   Manuels anciens CE1
P.S. 2 : Le choc culturel peut être important.
Certaines personnes, après avoir parcouru ce blog, sont restées bloquées aux années 60... 
look années 60

1 juin 2014

La télé, ça rend teubé.

Un titre digne des pires émissions télé pour vous inviter à visionner une vidéo de Michel Desmurget, l'auteur du magnifique ouvrage TV Lobotomie qui résume de manière passionnante des milliers d'expériences concernant les effets plus ou moins dévastateurs des écrans sur l'attention, la concentration, la mémoire, l'apprentissage, le raisonnement, etc.


29 avril 2014

Doutes sur la valeur de PISA : critiques sur la méthodologie statistique de l'évaluation internationale de l'OCDE

Michel Delord : "Dans Vaccination contre le PISA-Choc de février 2014, je m’étais bien gardé d’évoquer les critiques portant sur la méthodologie statistique de PISA, me contentant d’évoquer d’autres aspects suffisamment nombreux à mon sens pour justifier une défiance majeure à la fois par rapport à la valeur de PISA et aussi par rapport à la manière dont ces résultats étaient utilisés médiatiquement et politiquement. Je ne m’attendais certes pas à ce que les médias et l’éventail politique s’intéresse à mon point de vue qui met en cause la globalité de leur conception de l’école. Mais il se trouve que même certains auteurs qui montraient le plus souvent un esprit critique par rapport aux thèses de l’OCDE, comme Nico Hirtt, ne sont manifestement pas convaincus par mon analyse et continuent à considérer comme valides les données de cette enquête. Ceci est probablement lié à l’exception française qui fait que l’on ne lit pas dans les médias français les critiques fondamentales contre PISA que l’on peut lire dans la presse étrangère, qu’elle soit de droite ou de gauche."

20 avril 2014

Colloque "Les enfants face aux écrans" (30 avril 2014, Paris, 19e)


École 40 bis rue Manin
Mairie du 19e arrondissement
Edupax

Conférenciers
MATINÉE (horaire sujet à changement)
*Introduction
Bernard Stiegler, philosophe. ''Le massacre des innocents''. Pharmacologie des écrans: analyse de leurs pouvoirs à la fois toxiques et curatifs.
Bernard Stiegler est également co-auteur de Faut-il interdire les écrans aux enfants

*Témoignages de professionnels pour trois groupes d'âge
- Héloïse Junier, psychologue du développement, intervenante en crèche, journaliste en presse écrite, et animatrice de la communauté La psy contre-attaque. «L'enfant entre la naissance et trois ans: zéro écran.»

- Sabine Duflo, Psychologue clinicienne au Centre Médico Psychologique de Noisy-le -Grand. «L’enfant d’âge primaire et les écrans.»

- Sophie Jehel, Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris-8, chercheur au CEMTI, Centre d’étude sur les médias, les technologies et l’internationalisation, spécialiste des questions relatives aux médias et aux jeunes. «Risques médiatiques et régulations familiales: qu'attend-on des décideurs publics?»

* L'impact des écrans sur la santé émotionnelle et intellectuelle
- Bruno Harlé, psychiatre, co-auteur avec le Dr en neuroscience Michel Desmurget, du site NEUROSCIENCEFICTIONS 
- Loys Bonod, actif sur le site de La vie Moderne et auteur de Plaidoyer pour les jeux vidéo: ce qui est moderne peut aussi être idiot. «Quand le numérique fait écran à l'enseignement.»

APRÈS-MIDI

* Témoignages de parents et d’enseignants ayant organisé le Défi sans écrans 
- Anne Lefebvre, présidente de l'association indépendante des parents d'élèves La vie à l'école 40bis rue Manin, où l'on a proposé la Semaine sans écran au cours desa 5 dernières années. Raphaëlle Riobe, co- organisatrice de la Semaine sans écran, Charlotte Marin, maman instigatrice de la Semaine dont les enfants sont rendus en collège, interviendra sur vidéo. Lamine Mouldaia, directeur de l'école 40bis.

- Clotilde Fiorcappuci, présidente de l'association des parents d'élèves à l'école Saint-Joseph, à L'Hermitage, en Ille-et-Vilaine.

-  Florence Mirza
, maman d'élève à l'école Saint-Exupéry, à Herblay. A appris l'existence du Défi sans écrans dans le magazine Non Violence Actualité de janvier-février 2009. Le projet J'ai du cran, j'éteins l'écran, a été lancé en 2011 et repris une 3e fois en mars 2014. Témoignage sur les moyens utilisés pour mobiliser les parents et la communauté, les résultats obtenus, les partenariats avec la communauté.

- Kristine Paulsen, Escanaba, Michigan. Conseillère pédagogique dans le District scolaire Delta-Schoolcraft, à Escanaba, Michigan. Responsable du site Internet Take the Challenge, Take Charge. Benefit from implementing a media education program school and community wide.

- Cécilia Gumiaux, médiathécaire à Malansac et Pluherlin, dans le Morbihan, instigatrice des 8 jours sans écrans dans 3 écoles primaires et un collège. 

- Céline Adrien et Bénédicte N'Kouas
. Bibliothécaires de la municipalité de Saint-Méen-le-Grand, initiatrices du Défi sans écrans auprès des élus et du personnel des écoles et collège de leur commune.

* Publicité ciblant les enfants
Les stratégies pour leurrer les enfants et les ados, pour neutraliser les parents, contourner leur vigilance, saper leur autorité ? La croissance rapide des budgets pour cibler amuser les jeunes et induire des faux besoins: indice de l'appétit accru des agences de marketing pour augmenter le temps de cerveau disponible et y glisser des messages publicitaires. Bref aperçu du neuro-marketing et autres techniques.
- Hervé Kempf, journaliste spécialisé en écologie, initiateur du site ReporTerre, concerné par la publicité ciblant les enfants. Il témoignera sur vidéo. Auteur de plusieurs livres et de l'article «La télé, c'est violent.»

- Élisabeth Baton-Hervé. Auteure de divers livres et articles sur la publicité aux enfants dans le magazine Réalités familiales. La publicité ciblant les enfants et les adolescents: ses stratégies, ses conséquences sur la santé des jeunes.

-  Marion Saucet, intervenante pour la Coalition québécoise sur la problématique du poids. «Le marketing des boissons sucrées: comment on attrape les adolescents.»

- Jacques Brodeur: enseignant retraité, fondateur d'Edupax, créateur du Défi de la dizaine et initiateur des Défis sans écrans au Canada. Protéger les enfants du marketing grâce à l'éducation médiatique et la réduction du temps-écrans.

Discours de clôture
Christian Gautellier, président de Enjeux e-médias, directeur des publications et du département Médias, éducation et citoyenneté des CEMÉA. Enjeux e-médias est un collectif qui rassemble les Ceméa, la Ligue de l'enseignement, les Francas et la FCPE. ''La pertinence et l'urgence de l'éducation médiatique dans le cursus scolaire des enfants du 21e siècle.'' 

Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/08/laisser-les-enfants-devant-les-ecrans-est-prejudiciable_1829208_3232.html
LE MONDE | 08.02.2013 à 16h09 • Mis à jour le 10.02.2013 à 16h00 |
Par Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; Bruno Harlé, pédopsychiatre


L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.
Lorsque l'Académie américaine de pédiatrie rédige un avis sur l'usage des écrans, elle fait appel à des spécialistes reconnus du domaine. Ici, les membres du groupe de travail ne sont, en grande majorité, nullement experts du sujet traité, ce qui semble assez étonnant au vu des enjeux de santé publique engagés. Par exemple, le premier signataire du texte est, d'après l'Académie des sciences, spécialiste du système immunitaire. C'est ennuyeux parce que la littérature scientifique sur les écrans est imposante et complexe. Confie-on à un spécialiste des écrans la rédaction d'un avis sur les allergènes du jaune d'oeuf ?
L'usage veut que les avis officiels soient adossés à l'état du savoir scientifique. Le travail de l'Académie semble de ce point de vue largement défaillant. Une grande partie des affirmations avancées dans ce rapport sont dénuées de tout fondement scientifique et ne reflètent que les préjugés ou opinions des auteurs. Par exemple, nos académiciens expliquent que "les tablettes visuelles et tactiles suscitent au mieux (avec l'aide des proches) l'éveil précoce des bébés (0-2 ans) au monde des écrans, car c'est le format le plus proche de leur intelligence".
Aucune donnée n'est présentée pour étayer ces assertions ou simplement montrer que cette exposition précoce est souhaitable. C'est malheureux, parce que, même si les tablettes sont trop récentes pour que des études fiables existent quant à leurs influences, il apparaît au vu de la littérature scientifique disponible qu'un petit enfant aura toutes les chances de grandir infiniment mieux sans tablette. En effet, certains déficits établis, liés à l'usage de la télévision ou des jeux vidéo, concernent aussi les tablettes.
INFLUENCES DÉLÉTÈRES IMPORTANTES 
De la même manière, le texte parle constamment de pratiques "excessives" mais ne définit jamais clairement ces dernières. Aux Etats-Unis (seuls chiffres globaux précis) les 8-18 ans consacrent plus de 7 h 30 par jour à l'usage, essentiellement récréatif, d'un écran ou d'un autre. En France, sur une tranche d'âge comparable, on est autour de 4 h 30 pour le seul couple télévision-Internet (Médiamétrie, étude EU KidsOnline).
Est-ce excessif ? L'Académie semble considérer que non, lorsqu'elle s'abstient de la moindre recommandation quantitative, et conclut que, de toute façon, "il ne sera possible que de réduire à la marge le temps d'exposition aux écrans".
Pourtant, des milliers de recherches scientifiques signalent des influences délétères importantes de la télévision, d'Internet ou des jeux vidéo sur le développement intellectuel, la sociabilité et la santé, bien au-delà des premiers âges de la vie et pour des consommations largement inférieures à deux heures quotidiennes.
A ce sujet, on peut s'interroger sur certaines "erreurs" des auteurs. Ils citent une étude selon laquelle "au-delà de deux heures par jour passées devant un écran non interactif par un enfant en bas âge, et pour chaque heure supplémentaire, il a été noté une diminution de 6 % sur les habiletés mathématiques à 10 ans".
En fait, cette étude montre une baisse de 6 % par heure de télévision hebdomadaire (!) soit 42 % par heure de télévision quotidienne, dès la première heure ; cette étude ne permet pas d'extrapoler au-delà de deux heures de consommation quotidiennes, qui constituent la limite supérieure de son échantillon. Ces arrangements avec la réalité sont fâcheux dans un texte censéfaire référence.
APOLOGIE DU POTENTIEL PÉDAGOGIQUE DES JEUX VIDÉO
De manière frappante, ce texte offre une surprenante apologie du potentiel pédagogique des jeux vidéo et logiciels éducatifs. Quelques travaux montrent que certains jeux vidéo peuvent améliorer certaines capacités périphériques d'attention et de sélection visuelle. Cependant, selon les termes mêmes de l'avis, ces jeux vidéo sont "souvent" des "jeux violents".
Or, les jeux vidéo violents, déconseillés pour la plupart aux moins de 16 ans, voire 18 ans, sont associés, comme l'indique l'Académie américaine de pédiatrie dans sa dernière synthèse, "à une variété de problèmes physiques et mentaux chez les enfants et les adolescents".
Pas sûr, dès lors, que le rapport bénéfice/risque soit positif. Pas sûr non plus que soit recevable la tentative faite par nos académiciens de généraliser les effets positifs locaux, observés dans des tâches artificielles d'attention visuelle, au fonctionnement cognitif dans son ensemble.
Cette réserve semble d'autant plus fondée que les auteurs de l'avis négligent à la fois de citer la moindre étude corroborative et de prendre en compte une masse imposante de résultats contraires à leurs propos.
Par exemple, rien n'est dit de toutes les études scientifiques et institutionnelles, comme celle du Programme for International Student Assessment (PISA), liant causalement la consommation numérique, interactive ou non, des enfants et adolescents avec l'existence de troubles de l'attention et de difficultés scolaires.
Rien non plus sur les évaluations indépendantes du département de l'éducation américain montrant que les onéreux logiciels éducatifs sont parfaitement inefficaces. Rien encore sur le fait qu'aux Etats-Unis, face à ces observations, des écoles initialement en pointe dans le domaine numérique retirent aujourd'hui les ordinateurs des salles de classe. Rien !
PLUSIEURS GRANDS PROBLÈMES DE SANTÉ PUBLIQUE
Etonnamment, les effets massifs et reconnus des écrans sur plusieurs grands problèmes de santé publique sont, eux aussi, presque totalement oubliés des académiciens. Rien sur la sédentarité et ses effets sur l'espérance de vie, rien sur l'alcoolisation et le tabagisme (la télévision est le premier facteur d'entrée dans le tabagisme des adolescents), rien sur les troubles du comportement alimentaire, rien sur la violence scolaire, etc.
Concernant ce dernier sujet, les influences des images et jeux vidéo violents sur les comportements agressifs sont minimisées avec un aplomb désarmant par les auteurs de l'avis, qui n'y voient "qu'un facteur parmi des centaines d'autres".
Des milliers d'études, de revues de la littérature et de méta-analyses (impliquant jusqu'à 130.000 individus) confirment cette influence, dont l'ampleur est comparable à celle qui associe cancer du poumon et tabagisme.
Au-delà de tous ces éléments, ce texte est inquiétant en ce qu'il porte la marque d'une sidérante démission éducative. Comment peut-on renoncer à l'avance à toute réduction du temps d'usage des écrans ?
Il est heureusement possible à tous les parents d'agir en ce domaine. Le sentiment de cette nécessité n'émergera toutefois que si ces parents sont loyalement et précisément informés. Par sa pauvreté et son parti pris, l'avis de l'Académie est loin de fournir les bases d'une telle information.
Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; 
Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; 
Bruno Harlé, pédopsychiatre.

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