15 mai 2012

Méthodes "mixtes" = (grand) danger !

Les lignes suivantes sont extraites de  "La lecture selon les programmes de 2002 : comment n’apprend-on plus à l’école élémentaire."

"Les méthodes semi-globales sont les méthodes qui répondent aux exigences des programmes 2002 [8] : d’une part, travailler simultanément sur l’identification des mots et sur la compréhension ; d’autre part, enseigner les deux manières d’identifier les mots (voies directe et indirecte).

      Elles procèdent ainsi à ce que l’on appelle un " départ global " [9] puis introduisent progressivement l’étude des sons et des syllabes (introduction qui peut être immédiate ou différée jusqu’à plusieurs mois).
      Or, même en prenant le cas favorable de l’étude immédiate des sons et des lettres, ces méthodes sont fatalement occultistes. D’abord, bien sûr, parce qu’elles comportent une part de pur global, en s’appuyant sur des mots non déchiffrés (parce que non déchiffrables en début d’année) : les fameuses étiquettes de mots. Mais elles sont également occultistes dans leur traitement de la combinatoire elle-même.

      En effet, les élèves pratiquent ces premières combinaisons à l'intérieur de mots globaux, c’est-à-dire dont la majorité des lettres sont inconnues. Par exemple, les élèves seront amenés à placer, à l’écrit, les syllabes " ma ", " me ", " mi ", " mo ", " mu " dans des mots dont toutes les autres lettres (et souvent des graphies complexes) sont forcément inconnues en début d'année : …gicien - ...rage - …sique.

      Certes, ce type d’exercice a un intérêt pour la conscience phonologique à l’oral. A l’écrit, en revanche, une telle démarche encourage l’inattention systématique au reste du mot, qui effectivement impossible à lire. Dans ma-gicien, seule la première syllabe est lue ; la suite du mot est un hiéroglyphe indéchiffrable. La méthode " semi-syllabique ", qui est un travail certes syllabique mais parcellaire, installe donc l’habitude vite invétérée de la lecture partielle, lacunaire, et de la divination de la fin du mot.

      En écriture, on récolte ce que l’on a semé : l’oubli de lettres ou de syllabes voire de mots entiers ou le non respect de l’ordre des lettres sont devenus de grands classiques des élèves d’aujourd’hui. « Classique » au sens de fréquent, de modèle (insolite) et de ce qui est du ressort (cassé) de la « classe ».

      En dépit du travail sur la syllabe, même précoce, les réflexes occultistes sont ainsi largement entretenus toute l’année."

Lire tout l'article : 

Pour prolonger :  



- 2001 : Introduction de la première édition de Dyslexie: une vraie-fausse épidémie
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- 2001 : A propos de la 'méthode globale' : un extrait de  Dyslexie: une vraie-fausse épidémie


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- Août 2002 : Lecture, le tête-à-queue des nouveaux programmes, Orthomagazine, n°41, août 2002.

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- Décembre 2003 : Réflexions à propos des conclusions du jury de la conférence de consensus du PIREF , « L'Enseignement de la Lecture »

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- 2005 : Ce qu'apprendre à lire veut dire, chapitre XI de L’école en France : Crise, pratiques, perspectives, Sous la direction de J.-P. TERRAIL, La Dispute/SNEDIT, Paris, 2005.


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- 2007 : A propos du rapport de l’INSERM « Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie »
Un bricoleur sans mode l'emploi n'est pas  plus  mal loti, ORTHOmagazine - n° 71 - juillet/août 2007.   
Dyslexie: l'Inserm voit juste, tout en tremblant de penser faux, ORTHOmagazine - n° 72 - septembre/octobre 2007.  

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- Septembre 2010
 
: Nouvelles édition de Dyslexie: une vraie-fausse épidémie 

Extraits : Avant-propos et dernier chapitre : Toute vérité est bonne à dire


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- Aout 2011 : Colette Ouzilou, J'apprends à lire et à écrire, Méthode simple et rapide, Edition Belize
Destiné au CP, peut être utilisé dès l'âge de cinq ans, aussi bien par l'école que par les parents.

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