12 octobre 2012

Le départ de grand-papa



Jean Macé,

LE DÉPART DE GRAND-PAPA


— Voilà, mes chers enfants, l’histoire de mes deux petits marchands de pommes et de leur bonne petite sœur Pinchinette. Qu’est-ce que vous en dites?
— Elle est quelquefois bien amusante, grand‑papa; mais il y a des endroits où elle ne l’est pas beaucoup.
— C’est cela ! Mettez à ces petits monstres-là de la confiture sur le pain qui doit les nourrir pour le leur faire mieux manger, ils voudront lécher la confiture et laisser le pain. Eh bien ! allez chercher ailleurs un autre grand-papa qui s’amuse à vous faire des histoires pour vous apprendre l’arithmétique : vous verrez si vous en trouverez beaucoup.
— Voyons, ne te fâche pas, cher petit grand-papa. Nous avons bien écouté tout le temps; mais nous n’avons pas pu toujours suivre. Tu comprends, là où il y avait des chiffres, ce n’était pas trop facile.
— Que l’on me dise cela, je veux bien. C’est que, voyez-vous, cette histoire-là n’est pas comme les autres. Ce n’est pas seulement une histoire pour s’amuser: c’est un cours d’arithmétique. Il ne faut pas lire dedans droit devant soi, comme dans un conte de fées. Cela doit s’étudier chapitre par chapitre, comme on étudie une leçon. Je vais vous laisser mon histoire : vous regarderez entre vous là où vous n’avez pas bien compris,
— Mais, si c’est un cours d’arithmétique, il me semble que tout n’y est pas. Le maire nous dit bien plus de choses que ça; et dans les mesures du système métrique, je ne me rappelle pas bien, mais je suis tout à fait sûr qu’il y en a dont tu n’as pas parlé.
— C’est que je n’ai pas voulu non plus que mon histoire pu vous tenir lieu du maître et de son livre. Je sais bien que je n’ai pas tout dit. Il n’y avait plus moyen de faire une histoire si je n’avais rien passé; ou bien elle aurait été si longue qu’elle vous aurait tous endormis. Tâchez seulement de bien comprendre tout ce que j’ai dit, et vous verrez comme vous apprendrez facilement le reste, et comme vous pourrez répondre ensuite en personnes raisonnables, au lieu de barbouiller des mots en vrais petits perroquets. Là-dessus je vous laisse, car je commence à comme Pinchinette à la fin de sa première leçon. Je me sens tout fatigué.
— Écoute un peu avant de t’en aller. Ce n’est que le commencement de l’arithmétique que nous avons eu là. Il y a encore toutes sortes d’autres règles dans la seconde moitié du livre; est-ce que tu pourrais aussi nous faire une histoire où tu les mettrais?
— Vous êtes trop petits maintenant; vous n’en avez pas besoin, et cela vous fatiguerait pour rien. Si vous profitez bien de celle-ci, et que j’aie de bonnes nouvelles de vous, je ne dis pas que, l’année prochaine, je n’essayerai pas de vous raconter le reste dans une autre histoire. Adieu. Travaillez bien.
 — Merci, grand-papa. Nous allons bien apprendre.
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