9 novembre 2013

Débat public sur l’école : faut-il arroser les arroseurs ?

Michel Delord (octobre-novembre 2013)

Débat public sur l’école : faut-il arroser les arroseurs ?

http://michel.delord.free.fr/txt-md-lecture.html


Messages postés sur les fils :
I - Rémi Brissiaud - 29 octobre 2013
II - Roland Goigoux - 3 novembre 2013
III - Et François Jarraud - 4 novembre 2013

« Opposer à toute mise en cause publique un silence de plomb. Eviter soigneusement toute réplique.»
S’il s’agit de la tactique de Thelot, de Joutard, de Goigoux, de Brissiaud, de Prost et d’un certain nombre d’autres
représentants de l’appareil, vous avez raison.
Cordialement.
Rédigé par : Guy morel | le 28 octobre 2013 à 14:41 »
Attention, Guy Morel à ne pas s'embarquer sur ce radeau si l'on n'est pas vraiment clean sur le sujet.
Or à propos du "silence assourdissant" de Guy Morel et du GRIP sur des sujets fondamentaux, on a ceci
... qui n'a d'ailleurs pas de réponses, ce qui augmente de jour en jour le caractère assourdissant de ce silence.
Ceci dit, si on observe la liste donnée par Guy Morel, il y manque le meilleur de tous - j’y reviendrai - et il faut nuancer selon les personnes citées...

- 1) Rémi Brissiaud. 
Il est faux de dire que Rémi Brissiaud, quelles qu'en soient les raisons, « Évite soigneusement toute réplique ». La preuve en est que nous avons eu un échange en 2006, que je reproduis à l’adresse indiquée infra parce des parties en étaient introuvables et parce que je désire continuer ce débat car il traite de questions fondamentales.
a) Tant que j'étais au GRIP, je me suis chargé de la critique des positions de Rémi Brissiaud - et moi seul même si les deux principaux textes du débat avaient été relus par R. Bkouche, JP Demailly et Laurent Lafforgue. Mais depuis le dernier texte que j’ai écrit en août 2006, le GRIP n'a quasiment rien publié sur ce sujet pourtant important. Et il aurait mieux valu qu'il n'ait rien publié du tout car, par plusieurs interventions dont celles de Catherine Huby, il arrive en quelques mots à savonner le terrain que j'ai mis tout un temps à construire, Catherine Huby allant même jusqu'à défendre explicitement ce qui est une des clés de la problématique de R. Brissiaud « dont la validation / valorisation [par C. Huby] est exactement ce qui permet de bloquer toute compréhension sérieuse de la dégradation de l’enseignement depuis 1970 »(MD)
b) Mais si R. Brissiaud a répondu en 2006, il est vrai que lorsque je lui ai écrit en 1999, notamment pour lui expliquer, selon moi, ce qui faisait la nécessité de la simultanéité de l'apprentissage du calcul et de la numération, il n'a prêté aucune attention à ce que je disais parce que, dit-il
« Michel Delord n'avait aucune sorte de notoriété ! »,
et il rajoute :
« A l'époque, je n'imaginais nullement que les propositions de Michel Delord puissent avoir le moindre impact auprès des « décideurs » et auprès d’éminents chercheurs en mathématiques. Je n’imaginais nullement que ces propositions seraient à l’origine d’un Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes (GRIP) et qu’il me serait nécessaire un jour de consacrer du temps à débattre de ces positions »


Ce à quoi je répondais alors :
« En somme, vous avez fait une erreur d'analyse historique sur l'importance d'un courant de pensée, que vous partagiez ou non les positions de ce courant. Soit"
et je rajoute maintenant que la phrase "Michel Delord n'avait aucune sorte de notoriété !" indique bien que les réactions de Rémi Brissiaud sont plus des décisions "politiques" prises en fonction du rapport de force que dictées par le pur attrait de la vérité*.
* A ce propos que peut-on penser de l'affirmation attribuée à Pascal Bouchard citée plus haut :"Il ne suffit pas d'avoir raison pour être entendu" ?
- 2)  Roland Goigoux « Les élèves devaient 
apprendre à lire avant d’apprendre à écrire »
Là aussi, il est tout à fait faux d’affirmer tout de go que Roland Goigoux refuse tout débat. La preuve en est qu’il avait accepté une confrontation avec Marc le Bris arbitrée par Luc Cédelle, qui avait été transcrite pour le Monde de l’Éducation sous le titre « Fracture sur la lecture » ( MdE, n°330, Nov. 2004).
++ CECI EST UN APPEL PUBLIC : je serais très heureux de récupérer ce texte. Donc si quelqu’un le possède en photocopie, en fichier, je suis preneur. ++
Ceci dit, mon expérience personnelle de communication avec Roland Goigoux - instructive - est la suivante : je lui ai envoyé jusqu’en 2006 tous mes principaux textes sur la lecture et le calcul, et d’abord ceux qui contenaient des critiques explicites de ses thèses. Il n’a pas répondu une seule fois, y compris lorsque je lui reproche des erreurs historiques aussi évidentes que grossières.
On peut donc remarquer que Roland Goigoux accepte un débat avec Marc le Bris et le refuse avec Michel Delord. Il ya une certaine cohérence avec ce que disait Rémi Brissiaud qui ne me répondait pas parce que jétais inconnu: Marc le Bris est beaucoup plus connu médiatiquement que Michel Delord. Cest vrai mais si cest cela largument, on est loin du débat scientifique dont se réclame en permanence R. Goigoux.
Pour que l’enjeu soit clair, prenons comme exemple un débat sur un sujet plus que fondamental, relativement facile à traiter rapidement, débat que je résume infra pour que le lecteur n’ait pas à se reporter aux fichiers completsi. Roland Goigoux avait écrit en 2005 un texte intitulé « De l’académie des sciences au café du commerceii » texte de peu de fonds dans lequel il accusait, dans des formes « plutôt vives » le manque de rigueur scientifique de Roger Balian, Jean-Michel Bismut, Alain Connes, Jean-Pierre Demailly, Laurent Lafforgue, Pierre Lelong et Jean-Pierre Serre. J’avais donc répondu, dans « M. Goigoux et les références scientifiques » sur un ton certes pétillant, que Roland Goigoux ferait bien d’en rabattre un peu puisqu’il exhibait la paille dans l’œil des mathématiciens visés en oubliant la poutre qu’il avait dans le sien et ce non sur des questions secondaires sur lesquelles il na pas de compétences officiellement reconnues mais sur des questions fondamentales de son propre domaine de recherche.


En bref lorsque Roland Goigoux écrit, et le reprend dans d’autres textes, que dans l’école de la IIIème république, « les élèves devaient apprendre à lire avant d’apprendre à écrire »iii, il écrit une contre vérité et même une contrevérité totale.
Avant d’aborder le fond de la question, rappelons que la pratique de l’apprentissage de la lecture sans celui écriture a, vite dit, « deux origines » : une mauvaise conception pédagogique mais surtout la trace de l’époque où l’école était payante. On commençait par la lecture et il y avait un net surcoût si l’on voulait apprendre, en plus, l’écriture. Le même type de problème se posait en calcul : dans les marchés d’instituteurs, on reconnaissait ceux qui savaient faire une division (et en proposaient donc l’apprentissage) au fait qu’ils avaient une plume supplémentaire sur leurs chapeaux, car la division n’était pas dans le package initial « calcul » et représentait donc aussi un surcout.
Pourquoi (Est-ce une contre-vérité totale) ?
Les méthodes dans lesquelles on apprend à lire avant d’apprendre à écrire sont +explicitement+ les méthodes auxquelles les principaux responsables de la pédagogie du primaire « de l’école de Jules Ferry » se sont opposés. Parmi ceux-ci, on peut compter Ferdinand Buissoniv, qui a la responsabilité officielle de directeur de l’enseignement primaire de 1879 à 1896 et qui est considéré d’autre part comme un des principaux théoriciens - si ce n’est LE principal théoricien - des pédagogies progressistes de la fin du XIXème siècle. On peut aussi citer James Guillaume, membre important de la 1ère internationale, principal historien de la branche anarchiste de celle-ci et responsable de la rédaction du Dictionnaire pédagogique. Il a, avec Buisson, la haute responsabilité sur l’écriture des articles et notamment donc de ceux portant sur la lecture (Lecture, Écriture, Écriture Lecturev ) Et les deux s’opposent à la « lecture sans écriture » non seulement dans des textes dont l’enjeu est la lecture, mais aussi dans la défense de ce qui est probablement LA notion de référence de Ferdinand Buisson et de la pédagogie progressiste dans la deuxième moitié du XIXéme et d’une bonne partie du XXème siècle1, la notion de METHODE INTUITIVE, et ils sy opposent en particulier dans le principal texte sur le sujet qui est l’article phare « Intuition et méthode intuitive » du Dictionnaire pédagogique.
On y lit :
« Et les anciennes méthodes étaient inexorables au nom de la logique sur la nécessité de ces interminables préliminaires. Voulait-on apprendre à l'enfant à lire? On prétendait commencer par lui apprendre toutes ses lettres, puis leurs combinaisons en syllabes, avant d'arriver à un mot et surtout à une phrase. Quel désert à traverser pour la pauvre petite intelligence! De la lecture on passait à l'écriture et l'on procédait de même: non pas le mot d'abord, non pas même la lettres, mais les jambages, les «bâtons». Qui ne se rappelle les longues pages de «bâtons» de sa première école? »vi
En fait lorsque l’école de la IIIème république à proprement parler apparait - disons entre 1871 et 1882 -, il n’y a quasiment plus de défenseurs des méthodes de « lecture sans écriture » : je n’en ai pas trouvé personnellement et je n’en ai trouvé aucune référencée par un historien. Si Ferdinand Buisson par exemple cite leurs thèses, c’est pour aider à poser par contraste la définition des méthodes recommandées, c'est-à-dire les méthodes d’écriture lecture et plus généralement les « méthodes analytiques synthétiques d’écriture-lecture ». L’ambiance est donc, contrairement à ce que dit Roland Goigoux, à l’importance primordiale accordée à l’écriture. Un exemple particulier de cette importance est la méthode du Dr Javal qui non seulement associe l’écriture et la lecture mais donne un rôle encore plus déterminant à l’écriture puisqu’elle se présente comme manuel de « Lecture enseignée par l’écriture », ce que confirme et explicite la préface de 1903 l’inspecteur général Irénée Carré :
« La nouvelle méthode de lecture que nous présentons au public est l'œuvre d'un membre de l'Académie de médecine, d'un oculiste distingué entre tous. Pour qu'un homme de la valeur de M. Javal ait voulu mettre au service d'une question aussi élémentaire son intelligence et sa haute capacité, il faut qu'il ait vu un intérêt public, et il était naturel qu'il fit quelque chose .de rationnel et de scientifique. Partant de cette idée que la lecture et l'écriture sont comme deux aspects sous lesquels les mots se présentent à nous, il les enseigne simultanément, ce qui n'est pas bien nouveau ; mais ce qui l'est davantage, quoique François de .Neufchâteau l'eût déjà recommandé en l'an VIII, c'est qu'il débute par l'écriture ... »
1 Freinet - comme quasiment tout le monde - considérait Ferdinand Buisson comme un des piliers de la pédagogie progressiste. Source : Conversations personnelles avec Henri Portier, ami de Freinet qui est quasiment « mort dans ses bras ». Cf « Esprits de chapelle » http://michel.delord.f ree.f r/esprits-de-chapelle.html


Je n’exhibe pas cette méthode par souci de singularité alors qu’elle aurait été complètement marginale. Son existence atteste l’intérêt primordial attaché à l’écriture dans cette période
- elle en est à sa septième édition en 1903
- celui qui écrit la préface, Irénée Carrévii est très connu à l’époque : auteur de plusieurs manuels, il est « un des grands inspecteurs généraux » du XIXème siècle.
- le Docteur Émile Javalviii iv est un scientifique de très grande renommée. Il est l’auteur en 1903 d’un autre ouvrage important « Physiologie de la lecture et de l’écriture», fondamental pour la compréhension de l’ergonomie du texte imprimé, texte actuellement édité. Créateur de l’orthoptie, il y a encore de nos jours des traitements du strabisme qui sont ceux qu’il préconisait. Et l’on produit et utilise toujours « l’ophtalmomètre Javal »ix reproduit ci-dessous.
Pourquoi Roland Goigoux écrit-il une contrevérité totale ?
Je passe sur un fait qui aurait dû attirer l’attention de toute personne sérieuse, c'est-à-dire que Roland Goigoux ne donne aucune référence de ses affirmations, ce qui aurait dû suffire à discréditer les susdites affirmations. Mais il se peut qu’il y ait peu de personnes dans l’appareil officiel et universitaire prêtes à discréditer des critiques même grossières contre la pédagogie de l’Ecole de Jules Ferry puisque ces appareils se sont construits depuis 50 ans en justifiant les réformes qu’ils mettaient en place justement par la critique - souvent grossière - de la pédagogie de l’école de Jules Ferry. En tout cas, il est impossible que l’erreur de Roland Goigoux ait pour origine une faute d’inattention car d’une part il reprend l’idée dans d’autres textes et, si l’on connait un peu le sujet, on ne peut pas écrire, même dans une note de bas de page, quelque chose qui contredit autant toute l’histoire de l’école de 1870 à 1970. Cela reviendrait à affirmer en étudiant la période 1990 / 2010 que « Comme tous les Français portent des bérets... ».
Quoi qu’il en soit, Roland Goigoux n’a donc jamais répondu. S’il croit un seul instant à ce qu’il dit « les élèves devaient apprendre à lire avant d’apprendre à écrire », il suffirait qu’il montre non pas que cette affirmation générale est vraie - c’est impossible - mais QUIL EXHIBE SIMPLEMENT UN SEUL TEXTE DUN SEUL PEDAGOGUE DE LA IIIEME REPUBLIQUE défendant l’idée qu’il fallait que les élèves apprennent à lire avant d’apprendre à écrire.
J’insiste car il est important de savoir comment il se fait qu’une des personnes considérées comme une des meilleurs spécialistes de la lecture en France énonce une telle contrevérité relevant de son domaine de compétence. Et il est tout aussi intéressant de savoir pourquoi aucune autorité universitaire compétente ne s’est élevée contre cette affirmation.
Mais on pourrait également dire que je cherche la petite bête - ce serait dans mon caractère d’être pinailleur selon JP Brighelli et d’autres- et qu’en conséquence ça ne vaut pas la peine de me répondre. Je pense, bien entendu, qu’il n’en est rien.
Si on veut comprendre la situation actuelle de l’apprentissage de la lecture, il faut bien la comprendre - sous peine au minimum de contresens fondamentaux - comme une conséquence du passé et notamment comme conséquence de son histoire pendant la IIIème république.
Bien sûr si l’on fait une erreur d’analyse historique d’un phénomène, erreur secondaire sur un aspect partiel, cela ne bouscule pas la vision que l’on a de son présent. Mais ce n’est pas le cas ici : la question de l’apprentissage de la lecture sous la IIIème république est LA question pédagogique centrale et reconnue comme telle par ses promoteurs. Prétendre que sous la IIIème République (et même jusqu’en 1972 selon le texte de R. Goigoux), les élèves apprenaient à lire avant d’apprendre à écrire bouleverse totalement l’histoire de la pédagogie et l’histoire de l’école et la rend incompréhensible, y compris dans ses développements les plus récents.
Toutes proportions gardées et avec toutes les limites qu’à la production d’un exemple comme argument, on se trouve, mutatis mutandis, dans la situation suivante : être en 1950, affirmer d’un coté que le couple Allemagne / Japon a gagné la seconde guerre mondiale en 1945 et expliquer sur cette base la mise en place officielle du plan Marshall en 1947.

Et Piaget et Althusser?
Un dernier point, en évitant de « personnaliser ». Ce qui est le plus surprenant est que je sois obligé d’exhiber ici quelques exemples qui soulignent l’importance d’un point de vue historique cohérent.
Mais on est moins surpris si l’on considère l’importance dans les milieux éducatifs du « structuralisme à la Piaget » défini par Jean Piaget lui-même dans son livre « Le structuralisme » [‘Que sais-je ?’ n° 1381, PUF, 1968]. Piaget ne fait qu’amplifier et rendre populaire la coupure du structuralisme althussérien entre synchronie, étude d’un phénomène à un moment donné, et diachronie, étude historique d’un phénomène. Si on sépare bien les deux, on peut très bien faire d’un coté une étude diachronique de la seconde guerre mondiale montrant la victoire de l’Axe - avec des imperfections certes, mais pas plus que celles de Roland Goigoux - et de l’autre coté faire une étude purement synchronique du plan Marshall. Et cette séparation althussérienne était bien utile pour le PCF puisqu’elle justifiait, au nom de la plus haute philosophie, de faire pratiquement n’importe quoi à un moment donné tout en se donnant d’un autre coté des airs d’historien et de théoricien. Bien sûr tous les partis opportunistes et sans principe ont toujours fait la même chose : la relative nouveauté était que le PC d’abord et tous les autres ensuite pouvaient le faire au nom du prestige de l’Ecole Normale Supérieure.
Sauvons l’emploi de Roland Goigoux, des historiens et des journalistes d’investigation
Est-il vraiment impossible, même huit ans après, que Roland Goigoux dise ou écrive : « Voila les raisons qui ont fait que j’ai écrit en 2005 que sous la IIIème République et jusqu’en 1970, les élèves devaient apprendre à
lire avant d’apprendre à écrire : ......  »
Je donne donc une nouvelle occasion à Roland Goigoux - qui à mon sens a un bel avenir devant lui* - de
répondre, de montrer que mon (mes) hypothèse(s) initiale(s) sur les raisons de son attitude* est fausse.
Et je donne aussi aux historiens professionnels et aux journalistes d’investigation des occasions de faire leur
travail.
C’est déjà bien.
* Parmi ceux qui font quelques critiques au système et aux programmes actuels, j’ai mentionné Rémi Brissiaud auquel il faut ajouter Roland Goigoux. Ils ont en commun
- d’av oir pu accéder à des responsabilités universitaires grâce à leurs approbations des « réformes de 70 » - c’ est moi qui les nomme ainsi, MD
- d’av oir ensuite lancé une critique d’une partie des « thèses-filles des réformes de 70 » - c’ est moi qui les nomme ainsi, bis MD - lorsque les conséquences en sont devenues trop palpables et grossières.
Rémi Brissiaud s’est par exemple élevé, au moment des projets de programmes de 1999, contre la réduction de la connaissance de la division à la main en CM2 à la seule division d’un nombre à maximum deux chiffres par un nombre à un chiffre lorsque le dividende était inferieur à 10 fois le diviseur. Autrement dit, la division de 37 par 3 devenait hors programmes du primaire. Et cette position aurait été très gênante pour ceux qui disaient à l’époque que le niveau en calcul montait...
On peut constater également que Roland Goigoux s’est opposé aux formes les plus grossières de la méthode idéov isuelle à la Foucambert/ Charmeux.
Mais on peut remarquer que tous deux semblent bien vouloir montrer et démontrer qu’il faut, comme le dit explicitement maintenant Remi Brissiaud, « débattre en héritiers de 70 ». Et pour défendre cette problématique, il est normal qu’ils justifient les thèses pédagogiques de 70 en critiquant les thèses de l’école précédentes. J’ai déjà donné quelques exemples de références historiques au minimum non pertinentes pour ne pas dire aberrantes données par R. Goigoux et Remi Brissiaud mais il est très utile de compléter ce travail dans la conjoncture qui se met en place et dans laquelle les positions de ces deux auteurs devraient être déterminantes.
On verra ainsi si les positions de R. Brissiaud et R. Goigoux sont « scientifiques » comme ils le disent où si elles limitent la « défense de la vérité » à ce qui est compatible i) théoriquement avec le sauvetage de la globalité des thèses de 70, et ii) pratiquement et politiquement avec le sauvetage de l’appareil pédagogique universitaire et hiérarchique. Après SLL - Sauver les Lettres -, voici SLM, - Sauvez les Meubles - ?
In Michel Delord, Quelques remarques ... refondatrices sur la note Horresco referens de Luc Cédelle, 22 septembre 2013
3 novembre 2013
MD




Il y a donc de nombreux « silences assourdissants », beaucoup « appliquent un principe de fonctionnement leur permettant de limiter l'impact de toute attaque. Ce principe est simple, efficace et instinctif (je ne crois pas à la conjuration) : ne jamais répondre. Opposer à toute mise en cause publique un silence de plomb. Eviter soigneusement toute réplique qui risquerait, par un seul effet mécanique, d'allouer de la notoriété à un détracteur ».
L’intéressant va être de savoir si les deux qui, dans le camp officiel et universitaire, vont avoir à mon sens le vent en poupe, je veux dire Roland Goigoux et Rémi Brissiaud, vont appliquer ou ce « principe simple, efficace et instinctif » et s’ils l’appliquent vont-ils le justifier ou non. On va voir ce qu’il en est et je vais faire ce que je faisais systématiquement jusqu’en 2006, leur envoyer de ce pas tous les documents nécessaires à leur réflexion.
Ceci affirmé, j’avais dit que Guy Morel oubliait dans sa liste le pire d’entre eux. Effectivement, il oublie « Le café pédagogique » et donc François Jarraud qui est le seul à avoir appliqué à la lettre et depuis toujours le fameux « principe simple et efficace » de la secte : ne pas publier de textes des antipédagogistes. Et ça n’a pas l’air de gêner qui que ce soit parmi ceux qui sont justement publiés par le Café pédagogique. J’ai montré pour ma part que si je me permettais de critiquer les courants auxquels je m’oppose, je n’oublie pas la poutre dans l’œil de mes petits camarades antipédagogistes.
Et ce serait donc un euphémisme de dire que j’aurai du mal à croire à la volonté anti-sectaire de qui que ce soit tant qu’il n’aura pas pris publiquement position pour condamner l’attitude de secte du café pédagogique.
4 novembre 2013
MD
Notes de fin
i Si l’on veut s’y reporter
[G1]  23 mars 2005 - M. Goigoux et les références scientifiques.
[G2]  12 décembre 2005 - M. Goigoux et les méthodes de lecture.
iii La citation complète de Roland Goigoux est la suivante :
"On peut comprendre ce choix comme le résultat d’une conception étapiste de l’enseignement de la lecture : les élèves devraient apprendre à identifier les mots écrits avant d’être mis face à des problèmes de compréhension de textes (Note 1), maîtriser les mécanismes de base avant d’accéder à culture écrite, apprendre à lire avant d’apprendre à écrire."
Note 1 - Cette conception a prévalu durant les trois quart du siècle dernier. Les instructions de 1923, en vigueur jusqu’en 1972, répondaient à leur manière à la question qui nous est posée aujourd’hui. Elles découpaient l’enseignement de la lecture en trois étapes : apprentissage du déchiffrage (au cours préparatoire), lecture courante (au cours élémentaire) puis lecture expressive (au cours moyen)."
Si l’on se réfère au texte suivant de Roland Goigoux, cité dans [G2], texte qu’il écrit alors qu’il a en sa possession mont texte, la période visée – celle ou il faut « apprendre à lire avant d’apprendre à écrire » ne couvre pas seulement la IIIème République mais v a jusqu’en 1972 !
iv Pour des références sur Ferdinand Buisson, James Guillaume, le Dictionnaire pédagogique 1ère edition, etc.
http://michel.delord.f ree.f r/dp.html
vLecture -James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 1534 à 1551.
http://michel.delord.f ree.f r/dp-lecture.pdf
Ecriture-Lecture -James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 801 à 803.
http://michel.delord.f ree.f r/dp-ecritlect.pdf
Lecture La méthode Schüler Charles Def odon. Tome II de la deuxième partie, pages 1141 à 1143.
http://michel.delord.f ree.f r/dp-schuler.pdf


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