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25 juillet 2011

Evaluations : le niveau monte ? Trucages, mensonges et silences au plus haut niveau de l’Education nationale ?

"L'essentiel consiste à restaurer des programmes cohérents, de qualité car ce sont en fait les programmes et les progressions qui sont le système circulatoire de tout le système scolaire. Si ceci doit se réaliser, nous aurons besoin d'un système efficace d'évaluation des résultats." (voir Les programmes, appareil circulatoire de tout le système scolaire).

Michel Delord, 1920–1999–2002 : De l'enseignement à la remédiation
1)    Le calcul : un instantané en septembre 2002
Le 17/12/2002, le Ministère de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche publie les résultats des évaluations des élèves de cinquième, proposées pour la première fois cette année.
 
Exercice 23 : Pierre a choisi un nombre. Il divise ce nombre par 5. Il trouve comme quotient 8 et
comme reste 3. Quel est ce nombre ? Réponse : 43 puisque (5×8) + 3 = 43
Taux de réussite : 58 % . Plus de 4 élèves sur 10 ne savent pas automatiquement que 43 est égal à 5 fois 8 plus 3. Il n’y a qu’une explication possible : ils ne connaissent pas leurs tables de multiplication. S'ils ne les connaissent pas, c’est parce qu’ils ne les ont pas apprises.
 
Exercice 28 a) : 40,4 % . 6 élèves sur 10 ne savent pas faire la division de 3978 par 13.
 
Exercice 28 b) : 25,8 %. Les trois quarts des élèves français ne savent pas diviser un nombre.

Justification 1 : "Les élèves ont du mal à traiter les divisions, difficultés liées à l’opération elle-même et à la taille des nombres."
Il faut suivre les conseils de l'APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public) et affirmer que les questions étaient trop compliquées : « Il est regrettable que certaines compétences "de base" n'aient pas été évaluées dans des situations … plus simples. »

Justification 2 :  "Il s'agit d'une compétence en cours d'acquisition". La machine à calculer permettrait aux élèves d'aboutir au bon résultat.

Justification 3 : ne pas se justifier, il suffit de continuer à faire silence.
- Le ministère n'a pas convoqué la presse pour qu'elle commente ces résultats ;
- on a même recommandé avant même la publication officielle et de manière préventive que les parents ne soient pas informés individuellement de ceux de leurs propres enfants : « Les premiers scores globaux de réussite que nous avons rassemblés paraissent au premier abord plutôt alarmants. Ils sont en tout cas décevants par rapport aux scores obtenus à l'évaluation de 6ème. Il est d'ailleurs bon de rappeler que la communication de ces scores aux élèves ou à leurs parents n'est pas systématiquement prévue. »

2)    La dynamique négative de 1920 à 1995
Chacun en conviendra, il n'y a jamais eu d'âge d'or. Malheureusement, il faut craindre que ceux qui introduisent la question en ces termes ont pour objectif de masquer l'état réel de l'enseignement. Aucun de ceux-là ne s’est risqué au moindre commentaire sur l'évaluation cinquième.

Cela justifie la nécessité de parler de la "comparaison à partir du certificat d'études des années 1920" (voir plus bas : "Le niveau monte" ?) que la D.E.P. a publié en 95 sans lui assurer la moindre publicité de la même façon que lors de la publication des résultats de l'évaluation cinquième.

3)    Ce que l’on enseigne : programmes toujours plus « allégés »
Extrait : Il est inutile d’entreprendre de vastes études sociologiques pour comprendre que les élèves ont peu de chances de savoir ce que l'on ne leur a pas enseigné.

D'autant plus que, si l'on considère que la connaissance n'est pas un magmas d'expériences, mais suppose un minimum d'organisation, une logique et un ordre d'apprentissage, le fait de supprimer une partie du curriculum à un moment donné ne peut que perturber et rendre plus difficile l'apprentissage des notions restantes (surtout pour les élèves qui ont le plus de difficultés).

4)    Comment on l’enseigne
Extrait : Dans le livret "Lire au C.P." censé lutter contre l’illettrisme, la doctrine officielle dénonce  comme une faute le fait que « l’élève confond lire et deviner  » et propose d'y remédier. Les méthodes pédagogiques recommandées montrent ici la corde : si l'élève fait cette confusion, c'est que la méthode d'enseignement de la lecture a sous-estimé l'importance du déchiffrage syllabique et favorisé au contraire l'obligation à deviner. Lorsqu'on l'a formé à deviner et lorsque l'on a valorisé dès le plus jeune âge cette forme de non raisonnement qui se révèle être une vraie catastrophe, on est bien obligé d'y remédier et donc d'imposer le contraire de ce que l'on a fait précédemment. Nous sommes donc exactement aux antipodes de la construction de la pensée logique de l'élève qui s'appuie sur l'acquisition de savoirs et de méthodes pérennes permettant de réviser le cas échéant.
La situation est identique en arithmétique. Placé devant l'injonction de "construire son propre savoir " alors qu'il n'en a pas les moyens (la simple construction de l'algorithme de la division a pris des siècles), l'élève, sommé de découvrir, est obligé de deviner.
M. Roland Charnay (Guides ERMEL de l’INRP, Institut National de la Recherche Pédagogique, Manuels Cap Maths, Guides Hatier de mathématiques de préparation au passage du CRPE, concours de recrutement des professeurs des écoles), membre de la commission qui a défini les programmes de mathématiques du primaire et du collège en 1995, les présentait ainsi le 8 Novembre 1995 :

"Au cycle des approfondissements…, garder une référence constante au sens, ne pas mettre en place d'algorithme ou de procédure standard prématurés ; en sixième, avoir conscience de ce qui reste à faire et ne pas se limiter à des exercices techniques."

Ses conseils ont donc étés suivis au-delà de tout espoir, puisque les tests de cinquième prouvent que les "procédures standard" n'ont pas encore été mises en place en début de cinquième et que l'on n'a pas trop fait "d'exercices techniques" en sixième.

Il est donc normal qu'il soit un des membres influents de la commission qui a mis en place les programmes de février 2002.

5)    Un refus d’aborder les contenus enseignés
Extrait : Depuis un bon nombre d'années la pédagogie est pensée en termes d'antagonismes mécanistes sans repérer les liens féconds qui existent entre les différents aspects de l'apprentissage.

On oppose :



- la maîtrise du calcul et celle de la résolution des problèmes...

La conséquence est claire : ce sont à chaque fois les deux aspects qui en souffrent. La preuve en est donnée par ce fait que les élèves sont aussi peu performants pour la pratique des opérations que pour la résolution des problèmes.

Les différentes forces sociales qui ont été des acteurs de cette catastrophe éludent systématiquement leurs responsabilités en refusant d'aborder la question des contenus enseignés au primaire en français et en arithmétique alors que ce sont les deux matières qui garantissent la compréhension de toutes les autres, comme du cursus ultérieur.

Tous les prétextes sont bons, on fabrique artificiellement des arguments sociologiques ou psychologiques qui éludent la seule question : celle du contenu enseigné et celle des progressions.

On s’arrête à d'autres explications sans les lier à la question principale. On met en avant, pêle-mêle :

- l'hétérogénéité des classes alors que la comparaison 1920/1995 montre qu'on l'a aggravée,

- l'ennui, la discipline : comment un élève qui ne comprend rien depuis cinq ans peut avoir d’autres solutions que l'ennui ou l'indiscipline ?

- la démission des parents alors que l'on impose des méthodes et des contenus, qui empêchent les parents d'aider leurs enfants, facteur actif de la dissolution des relations entre les générations.

Ces analyses ne sont pas seulement partielles et par là même fausses, elles masquent l'essentiel. Elles correspondent à des mesures qui ne font qu'aggraver les injonctions contradictoires auxquelles sont soumises les élèves et la tendance est de les placer, ainsi que les parents et les enseignants, de plus en plus sous l'étau de la "double contrainte" dont les psychologues savent très bien qu'elle rend fou.

D'autant plus que la fuite en avant se traduit aussi par une accentuation de la différence entre les capacités réelles des élèves sur les connaissances de base et des ambitions démesurées : on va faire de la littérature et même de la philosophie en primaire sans savoir lire et proposer des sujets du niveau de l'agrégation de biologie au lycée à des élèves qui ont des difficultés dans toutes les matières de base. Lorsque l'on a quitté le terrain sûr de la cohérence des enseignements, une baisse des connaissances peut tout à fait se traduire par l'affichage d'objectifs démesurés, objectifs dont l'application rend encore plus formel l'apprentissage des élèves.

Les artisans des réformes des trente dernières années ont nié tout caractère positif à l'école de Jules Ferry caractérisée comme "exclusivement mécaniste" et en dissimulant toute information sur cette période. Le très officiel I.N.R.P., qui a publié un nombre astronomique d’études critiquant ces programmes pour justifier les programmes actuels, n'a jamais publié avant 2003 les programmes du primaire en mathématiques de 1920 à 1945 ; ils ne représentent en tout qu'une vingtaine de pages.

Il est vrai que le risque serait alors grand que la publication de quelques documents ne dévoile cette supercherie.

  

Extrait : «Ce n'est pas qu'il soit impossible dans l'absolu que des statistiques rendent compte du qualitatif, mais pour que de telles statistiques existent, il faudrait que les centres de pouvoir de l'éducation nationale, qui seuls ont les moyens de les réaliser, ne soient pas en même temps intéressés à montrer à tout prix qu'ils n'ont rien à se reprocher. Cette condition ne me paraît pas remplie.» (Laurent Lafforgue)

Il a manifestement raison. Mais alors deux questions liées se posent dans une société qui se targue d'une culture de l'évaluation :

- Comment expliquer, au vu des contrevérités massives émises par cet organisme, le poids de la DEP et de son président historique dans le Grand Débat et ses conséquences ?

- et surtout, comment mettre en place un organisme d'évaluation digne de ce nom dans le cadre de la restauration d'une école qui instruit ?


Pour mener l'appréciation des anciens programmes, de leurs contenus et de la manière dont ils ont été compris et assimilés par les élèves (voir le message précédent, « L’essentiel : retrouver des programmes cohérents »), nous disposons pour cela de diverses évaluations et ce sont elles dont je vais essayer d'interroger la validité.

Pour poser le problème : N comme niveau, Le Monde de l'éducation. Novembre 2003
I-                   Pédagogie de Claude Thélot et Philippe Joutard
II-                ……
III-             La brochure de la DEP de 1996
A)    Les principaux résultats de l’évaluation
B)    Les mathématiques
                                                              i.      La résolution des problèmes
                                                            ii.      Les compétences calculatoires
C)    Le français
                                                              i.      Dictée - orthographe
                                                            ii.      Rédaction

D)    Nouvelle conclusion 1999 : C. Joutard et P. Thélot, statisticiens de l’indicible et du non-quantifiable

IV-             La DEP, le HCEE et les évaluations internationales

V-                Les évaluations domestiques : Plus le niveau baisse, plus on baisse le niveau des évaluations et celui des programmes

VI-             Brève conclusion :
a) Il reste un miracle à expliquer : comment passe-t-on de 80% de réussite à la division pour la génération de 1995 à 40% de réussite pour la division des entiers et 25% pour la division d'un entier par un décimal à la rentrée 2002 pour la moyenne des élèves de cinquième en France ?

b) Madame Bancel a tout à fait raison d'écrire "La question du niveau resurgira-t-elle dans les débats à venir?". Elle a encore plus raison d'appeler "à une autre réflexion" comme son courant a appelé à une autre pédagogie sans jamais la définir précisément car la discussion sur le sujet qu'elle a remis elle-même sur la table risque d'être assez âpre. Elle se pose une question sensée pour elle : Comment combattre cette illusion commune d'une baisse de niveau généralisée qui mine la confiance des citoyens dans l'école ?

c) Nous nous posons une question bien plus difficile que la dissimulation du niveau réel des élèves :
comment donner aux élèves, même si les formes en seront obligatoirement différentes, un niveau de connaissances supérieure à celui qui était donné par l'Ecole de Jules Ferry, l'expérience nous permettant d'éviter ses faiblesses pour, au contraire, nous appuyer sur ses qualités ?

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Voir aussi

DICTEE : LE NIVEAU NE BAISSE PAS ! ! ?

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Voir aussi NATHALIE BULLE, la plus grande sociologue de l'éducation en France (avec Raymond Boudon), et notamment les textes en gras, qui offrent une critique détaillée de certains aspects douteux des évaluations nationales ou internationales (PISA, OCDE) et des statistiques éducatives, et montrent la façon dont celles-ci peuvent parfois influer néfastement sur le système scolaire et les politiques éducatives, d'autant plus néfastement qu'on les tient ordinairement pour objectives et concrètes ("les chiffres ont parlé, le résultat est là").

- Vers un renouveau du collège unique ? (Les Cahiers français, 2008, p.37-42)
- La phobie de l'échec scolaire (Libération, 2009)

23 juillet 2011

16 juillet 2011

Elections 2012 : L'Ecole est finie

L’éducation, on n’en parlera pas aux élections

Publié le 17 juin 2011 à 13h00
Je sais, je sais, je sais, comme chantait Jean Gabin dans les années 1970. Je sais qu’il y a les massacres en Syrie, la guerre en Lybie, un scandale sexuel planétaire qui implique un Français. Je sais la sècheresse, l’arrestation de Mladic, les impudeurs tranquilles de Luc Ferry qui marquent à leur manière une « nouvelle inconscience de classe. »
Mais tout de même, l’Ecole ? Vous vous souvenez ? Eh bien, vous avez du mérite ! C’est pourtant un sujet important, l’Ecole. Surtout en France, patrie historique des grandes querelles entre le hussard noir et le curé. L’air de rien, dans un silence médiatique et syndical presque total, l’école prend gifle sur gifle. Même si ce front-là n’intéresse plus personne, y compris la gauche qui, de Hollande à Mélenchon, a changé de cheval de bataille en quelques années, préférant se préoccuper d’écologie que d’éducation.

Plus Personne ne veut Devenir Enseignant !


« Adieu, monsieur le professeur ! » chantait il y a déjà longtemps Hugues Aufray qui ne croyait alors pas si bien dire.
Cette fois, il n’est même plus seulement question des réductions d’effectifs à l’arme lourde qui, durant le quinquennat, auront abouti à la suppression, en moyenne annuelle, de 15 000 postes d’enseignants au nom du dogme de la Foi et de la RGPP réunies, dogme qui consiste à ne plus remplacer qu’un poste sur deux lors des départs en retraite. En chiffres sonnants et trébuchants, cela donne près de 80 000 profs en moins entre 2007 et 2012. Dans quelle entreprise privée cela serait-il supportable ou même viable économiquement ? A moins de délocaliser. Mais envoyer une classe de 3ème faire du latin en Chine n’est pas encore à l’ordre du jour.
Lire la suite sur Causeur.fr Publié le 14 juillet 2011 à 17h29 



Jean-Paul Brighelli :
Qui veut encore se faire prof ? Peu de monde, malgré le caractère attractif du salaire (1350 euros net en débutant à Bac + 5), le caractère reposant du métier, la considération universelle qu'il inspire, à une époque où, comme chacun sait, l'être l'emporte toujours sur l'avoir et la Bibliothèque de France sur le Fouquet's…
Cette année, la carence de candidats a amené à l’oral, dans certaines matières, moins de postulants qu’il n’y avait de postes. Aucune raison que ces survivants-là fussent globalement meilleurs que ceux des années précédentes. Il a donc fallu des tours de passe-passe, des notes relevées à la louche, l’indulgence des jurys et parfois une cécité volontaire pour qualifier les nouveaux Certifiés — en dehors de ceux qui le méritaient vraiment.

Lire la suite sur Bonnet d’âne : Sainte Josette

Message d'une prof «perdue à l'école»

http://www.slate.fr/tribune/46633/message-prof-perdue

La réforme de la notation des professeurs sera-t-elle la goutte de nitroglycérine qui fait tout exploser?

- Collège près de Nice en 2008. REUTERS/Eric Gaillard -
Dire qu’il y a quelque chose qui déconne dans l’Education nationale est devenu un lieu commun. Comme les journées de grève des profs, maintenant annoncées en août avant même la rentrée de septembre. Comme tous les reportages télé sur les jeunes enseignants perdus. Depuis des années, c’est la même histoire qui se répète. Un ministre propose une réforme, les profs font grève, les conditions d’enseignement se dégradent.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il envisageait une réforme du système de notation des professeurs. Jusqu’à présent, ils avaient une notation en deux temps: une note dite administrative donnée par leur chef d’établissement, et une évaluation pédagogique faite par les fameux inspecteurs spécialisés dans la matière de l’enseignant qu’ils notent (tous les élèves se souviennent d’avoir eu un prof expliquant que le prochain cours, il y aurait un inspecteur, un prof de prof en quelque sorte). La réforme confierait la notation des enseignants au seul chef d’établissement, ce qui constitue évidemment un moyen de faire des économies.
Cette petite réforme, c’est pour beaucoup d’enseignants la goutte de nitroglycérine qui fait tout exploser parce que derrière cette idée, qui peut sembler anecdotique, c’est une certaine conception de l’Education nationale qui finit d’être dynamitée. On peut faire de longs papiers d’analyse sur ce qui se passe dans nos écoles mais parfois, c’est plus simple de donner la parole aux premiers concernés.
Amélie a 30 ans, elle est prof d’histoire-géo en Seine-Saint-Denis. On s’est connues pendant nos études supérieures à la fac. Quand elle m’a envoyé un mail cette semaine pour me faire partager son découragement, j’ai compris qu’on était loin des jérémiades de fonctionnaires grassement payés.
«Depuis ces trois dernières années, c'est de plus en plus dur. Les réformes actuelles laissent les professeurs démunis et seule la sensation de lourd échec demeure en fin de semaine. Depuis le début de l'année, le malaise est croissant, les arrêts maladies se multiplient, mais la société continue à prendre les profs pour des geignards glandeurs privilégiés. »
Plutôt que de paraphraser un malaise qui est le sien et que je décrirais forcément moins bien qu’elle, il vaut mieux la laisser raconter son quotidien. Si elle commence par évoquer la réforme de la notation des profs, on se rend compte que très vite, ce qui ressurgit, c’est le besoin de partager la difficulté de son travail.
Titiou Lecoq
***
«Je suis en colère mais je suis aussi blessée.
Encore une réforme qui pour beaucoup peut être anecdotique, voire légitime, celle de l’évaluation des profs par le chef d’établissement lors d’entretiens individuels. L’ancien système, quoique perfectible, limite le népotisme au sein d’un établissement scolaire et permet d’affirmer encore une certaine liberté devant son chef pour organiser des actions collectives face à des lois injustes.
Il est toujours plus aisé de faire grève lors de suppression des postes ou de disparition d’heures d’enseignement lorsque notre chef ne nous note pas ou de faire part à ce même chef de dysfonctionnements au sein de l’établissement quand, là encore, il ne nous note pas. Ce projet de réforme traduit une volonté plus sournoise, celle de réduire la liberté d’expression et d’action de chacun.
Pourquoi faire part de mon malaise maintenant?

C’est surtout parce que j’ai l’impression que l'alignement de l’évaluation sur le privé symbolise et atteste la fin définitive de l’Ecole pour laquelle je me bats au quotidien: une Ecole publique destinée à offrir un enseignement de qualité et une large culture quel que soit le milieu social de l'élève, une Ecole destinée à gommer les inégalités si criantes, une Ecole destinée à faire de chaque élève un citoyen conscient du monde dans lequel il vit, une Ecole destinée à aider l'élève pour choisir son avenir, à être maître de ce dernier.
Or une Ecole où le chef d’établissement nous évalue, c’est la proclamation d’une Ecole bling-bling. Evidemment, pas une Ecole bling-bling au sens où l’argent coulerait à flou. Le bling-bling éducatif, c’est celui qui mise davantage sur le paraître, les «actions pédagogiques» aux finalités souvent floues.

Un système qui met les profs en concurrence pour créer le plus de «projets». Et c’est déjà malheureusement un peu le cas. A titre d’exemple, notre chef d’établissement se félicite – pour sa carrière – que l’année dernière le collège ait proposé 127 projets. Parmi ces 127 projets, il y en a quelques-uns qui aident réellement les élèves mais il y a aussi beaucoup de paillettes. Il est désormais mieux vu de sortir les élèves que de faire cours.

Or, au risque de paraître réactionnaire, le plus important pour moi demeure la transmission du savoir et des connaissances pour tous mes élèves. Et il y a de quoi se décourager quand ils sont 25 élèves par classe avec une majorité qui accumule de lourdes difficultés scolaires.

L’autre jour, mon frère passait chez moi. Il regarde par curiosité mes copies de cinquième et me demande alors si c’est un choix stylistique de la part de mes élèves que d’écrire des phrases obscures sans ponctuation dont les mots manquent et/ou ne sont pas placés dans le bon ordre. Non, ce n’est pas normal mais c’est mon quotidien - à 5,6 de moyenne dans deux de mes trois cinquièmes. Et mes autres classes ne font pas beaucoup mieux.

Que faire alors quand les moyens financiers nous manquent? Rien de réellement efficace. A la fin de ma semaine, il ne reste qu’un sentiment d’échec.

Vendredi, j’ai reçu la mère de Rachid, de 5e, qui a de lourdes difficultés scolaires. La mère n’est pas allé à l’école et comprend mal le français, le père passe sa vie au travail, elle ne sait pas comment faire travailler son fils. Et moi, je n’ai même pas pu lui proposer des heures d’aide aux devoirs car, à cause des suppressions de moyens, il n’est possible d’aider que les sixièmes depuis l’année dernière. Je me sens perdue.

Tous les mardis, je parle avec Mohammed, en 5e, dont je suis la tutrice. Il a 12 ans, deale, sèche, ne prend pas les cours, rend copie blanche aux contrôles, est violent au collège et chez lui, découche ou se couche vers 4 heures du matin, traîne dans la cité avec les grands de 18 ans. Son père est mort quand il avait deux ans. (Il y a beaucoup d’élèves orphelins d’un parent au collège, la mortalité est plus importante dans le 93.)
Sa mère ne parle pas français et se déplace très rarement au collège. L’assistante sociale est au collège deux jours par semaine et il n’y a bien sûr pas de psychologue. Je me sens perdue.

Benjamin, en 5e, est un élève d’ULIS, dispositif qui prend en charge les élèves ayant de lourds handicaps cognitifs. Il a un niveau CE1 et a été intégré dans ma classe sans que je sois prévenue, sans que je sache qui il était. Je n’ai reçu aucune formation pour faire cours à des élèves handicapés, pourtant je n’ai pas le choix. Pendant, mes cours, Alexis est totalement égaré, il s’occupe en mangeant sa gomme. Je me sens un peu perdue.

Greg, en classe de 3e, a un mal-être profond et pense parfois au suicide. Il ne prend pas ses cours, rend copie blanche et a parfois des accès de violence extrême avec les autres et/ou lui-même, il n’a pas de père présent. J’ai convoqué la mère à maintes reprises, elle n’est jamais venue, ne m’a jamais répondu mais signe les nombreux mots doux que je lui écris. Il n’y a toujours pas de psychologue au collège. Il passe en conseil de prévention la semaine prochaine. Je me sens un peu perdue.

Abbes et Abdel, en 5e, ont de lourdes difficultés scolaires, ils ont du mal à prendre leur cours, à comprendre un texte écrit, à se concentrer en classe et rendent des contrôles quasi-vides, je n’ai jamais entendu parler du père. J’ai convoqué la mère qui m’a répondu qu’il n’était pas nécessaire qu’on se voit, qu’elle allait mettre ses fils au travail dès lundi. Ça fait trois semaines et ils ont eu 1/30 et 2/30 au dernier contrôle. Et pas un mot de la mère pour finalement me rencontrer ou se parler au téléphone. Je me sens un peu perdue.
Je pourrais poursuivre comme ça durant des pages, et toutes ces pages sont mon quotidien.

Je continue d’enseigner parce que j’y crois encore. Mais, en ce moment, je faiblis, je me sens seule dans cette société qui me prend pour une râleuse privilégiée. Même dans un entourage pas si lointain, je crains qu’on m’écoute mais qu’au fond, on se dise que les réformes de l’enseignement sont bien nécessaires…
Alors écoutez-moi, entendez-moi et battez-vous avec moi.»
Amélie

 

Il faut supprimer le ministère de l'Education nationale

http://www.slate.fr/story/43635/supprimer-ministere-education-nationale

Pour que l'école retrouve son sens, il faut en finir avec ce qui symbolise les déchirements partisans dont elle n’a que faire et les influences démagogiques.

Epreuve 2011 du bac philo au lycée Clemenceau de Nantes. REUTERS/Stephane Mahe - Epreuve 2011 du bac philo au lycée Clemenceau de Nantes. REUTERS/Stephane Mahe -
Le métier d’enseignant est un nœud de paradoxes, toujours déchiré entre l’urgence du jour le jour, voire dans certains cas extrêmes de l’heure par heure, et le souci primordial de transmettre un savoir qui, lui, s’inscrit dans une temporalité bien plus ample, sans jamais, ou si rarement, de surcroît, voir les résultats de son travail.

Voici longtemps déjà que, en matière de politique éducative, nous n’avons pas rencontré de véritable vision, de perspective de long terme, venant ajouter au paradoxe, jusqu’au malaise. Et par vision il faut entendre, non pas bien sûr une direction idéologique toujours contestable, mais plutôt l’idée que l’école est un projet, élaboré en commun, qui tend vers l’approfondissement des savoirs, de la conscience et, par-dessus tout, de la liberté.

Néanmoins, en ces temps de (pré)campagne, l’on se prend à rêver, à espérer. Alors, que nous propose-t-on?

A gauche, une certitude au moins : l’éducation sera prioritaire dans la campagne. Il faut s’en réjouir. L’on revient, timidement si l’on excepte François Hollande, sur la suppression des postes; avec plus de conviction sur la question de la formation. Deux idées majeures semblent émerger, chez la plupart des candidats à la primaire socialiste: la nécessité d’assurer une plus grande continuité dans la succession des étapes de la scolarité (primaire, collège, lycée, université) et la refondation du temps scolaire, aussi bien pour les élèves que pour les enseignants.

La mascarade de la carte scolaire

Ce sont là des pistes intéressantes, notamment parce qu’elles se concentrent sur la question du temps, si souvent oubliée, si fondamentale pourtant. Mais, prudemment, attendons de voir qui sera finalement désigné l’homme ou la femme de la situation au moment d’affronter Nicolas Sarkozy, et de quelle façon son discours, alors, se modèlera.

Venues du gouvernement, depuis quatre ans, les solutions, comme souvent, sont de «bon sens»: moins de postes d’enseignants (66.000 suppressions depuis 2007, ce chiffre est toujours bon à rappeler); des internats d’excellence et, pour assurer la symétrie, leur exact envers, les ERS (établissement de réinsertion scolaire); côté pédagogie, pour le collège, l’accent mis avant tout sur le socle commun de connaissances et de compétences — ces dernières restant au fond le véritable enjeu du socle.

Il y eut aussi l’assouplissement de la carte scolaire, une belle mascarade qui permit à ceux qui contournaient le système de le faire plus sereinement, à ceux qui pensaient pouvoir inscrire leur enfant dans un collège ou un lycée d’élite de s’asseoir sur leurs illusions et à la ségrégation scolaire de s’aggraver. L’Inspection générale dès l’automne 2007 et la Cour des comptes en 2009 ont signalé que les conséquences de cette décision phare étaient à l’opposé exactement des objectifs affichés.

Des solutions de «bon sens» qui accentuent les problèmes

Qu’importe, on ne revient pas sur une mesure qui marche (pour qui et pour quoi faire, la question reste entière). N’oublions pas la disparition de la formation des enseignants, cachée sous l’appellation rassurante de «mastérisation». Face à tout cela, il faut une grande force morale pour ne pas céder à la tentation de voir enfin advenu le Croquemitaine qui hante les consciences enseignantes depuis des années: la destruction du service public d’éducation. Non que le système fût, avant ces réformes, en excellente santé, on le sait bien.
A ce sujet, il est intéressant de remarquer que les solutions de bon sens apportées depuis le début du quinquennat consistent généralement à accentuer les problèmes, bien réels, auxquels l’Education nationale est aujourd’hui confrontée. Il faut réaffirmer, nous dit-on par exemple, l’autorité des enseignants. Fort bien.
Pour ce faire, on remplace une formation qui, sans être parfaite, avait au moins le mérite d’offrir une entrée progressive et en alternance dans un métier complexe, par deux ou trois demi-journées, organisées à la va-vite à la fin du mois d’août, de sensibilisation sur les difficultés qui ne manqueront pas de se présenter, agrémentées d’un DVD dispensant des conseils pratiques de bonne gestion de classe.

Comment mieux anéantir tout espoir d’asseoir une quelconque autorité, pour de jeunes enseignants qui, non seulement, n’ont aucune chance de savoir ce qu’ils viennent faire là mais perdent du même coup toute légitimité professionnelle puisqu’ils exercent un métier qui, manifestement, n’a pas besoin de s’apprendre?
S’est-on d’ailleurs jamais interrogé sur les causes profondes de la perte d’autorité des enseignants? Au-delà du mot d’ordre répété à l’envi, c’est l’ensemble de la société qui devrait se regarder dans ce miroir. Tout notre rapport au savoir, et à ceux qui l’incarnent, se joue dans cette problématique structurelle de l’école aujourd’hui.

Un métier qui ne s'apprend pas?

L’autorité est une notion compliquée: il ne s’agit pas de se faire obéir, il s’agit d’être reconnu et accepté, volontairement et non sous la contrainte, dans la légitimité de sa fonction. Marcel Gauchet, dans une excellente conversation avec Philippe Meirieu publiée par Le Monde du 3 septembre, résume parfaitement la contradiction qui nous habite désormais: «les enseignants sont là au nom d’une collectivité qui ne reconnaît pas le rôle qu’ils exercent».

La crise de l’autorité est donc avant tout une crise de la transmission, et nous trouvons là le signe d’une civilisation qui ne sait plus se définir. Le plus désolant est sans doute de constater que la crise est non pas combattue mais entretenue par ceux qui nous gouvernent.

Plutôt qu’un calcul machiavélique, j’ai tendance à y voir, naïvement, une négligence désinvolte et coupable, à l’image de cette confusion inquiétante dans les priorités qui semble déterminer nombre des décisions politiques actuelles. Or l’école doit être la priorité des priorités parce qu’en elle se dit ce que nous sommes, parce qu’elle cristallise notre passé et notre avenir.

Il ne suffit pas de l’annoncer à grand renfort de discours vibrants pour qu’elle le devienne, il faut la penser comme telle, il faut être convaincu que c’est ce rôle-là, avant tous ceux qu’on veut lui donner, qui est le sien. Au fond, au lieu de répéter qu’il est urgent de rétablir l’autorité des enseignants, c’est vers une réconciliation de la société avec son école, autrement dit avec elle-même, qu’il convient d’œuvrer. Comment, sinon, prétendre convaincre les élèves que l’école sert bien à quelque chose ou, plus exactement, qu’elle est absolument nécessaire ?

Aujourd’hui, sous le prétexte de donner sa chance à chacun, nous nous écartons d’une unification de la pensée éducative pour aller vers l’atomisation des parcours scolaires. Les dispositifs se multiplient (internats d’excellence, établissements de réinsertion scolaire — tout un programme—, établissements ECLAIR…); surtout, ils s’éloignent les uns des autres.

L'autonomie, une incantation vide de sens

On ne propose pas un parcours singularisé au sein d’un ensemble commun, où chacun puisse se reconnaître à la fois comme individu et comme partie intégrante d’une communauté volontaire de destins; on crée des bulles distinctes qui ne communiquent ni ne se rencontrent plus. Les incidents qui marquèrent les débuts des ERS, à la rentrée 2010, sont à cet égard assez éloquents.

L’autonomie des établissements, expérimentée dans le dispositif ECLAIR, nous est présentée comme la solution miracle à tous nos problèmes. La gauche, sur cette question, n’est d’ailleurs pas en reste. L’idée mérite considération. On pourrait imaginer, en allant au bout du raisonnement, généraliser la pratique des lycées autogérés: des équipes qui, animées d’une même ambition pédagogique, unissent leurs forces et réfléchissent ensemble au meilleur moyen de faire réussir les élèves dont elles ont la charge, tout en s’inscrivant dans un projet commun.

Bien sûr, ce n’est pas vraiment cela qu’on nous propose. Le recrutement des équipes enseignantes, dans le cadre du dispositif ECLAIR, se fait à la discrétion du chef d’établissement, transformé pour l’occasion en DRH. Or les chefs d’établissement sont aujourd’hui, surtout, des administrateurs et apparaissent trop souvent, aux yeux de leurs équipes, comme de simples courroies de transmission des exigences du pouvoir, sans grand sens critique. L’autonomie, dans ces conditions, n’est qu’une incantation vide de sens.
En réalité, il faudrait aller bien plus loin. Permettons-nous un rêve sans doute fou. Militons pour l’indépendance des instances éducatives. Sortons la question scolaire, non de la politique où elle a toute sa place, mais des débats idéologiques. Supprimons, autrement dit, le ministère de l’Education nationale, et remplaçons-le par une institution préservée des changements de pouvoir et, car les décisions sont trop souvent déterminées exclusivement par elles, des considérations purement économiques, seul moyen de replacer véritablement l’école dans le temps long qui est le sien.

Réconcilier les enseignants et la société

A l’inverse, on nous ressasse depuis plusieurs années la nécessité d’une «économie de la connaissance», sans voir toute l’absurdité de l’expression. La mise en avant de l’acquisition de «compétences» va dans ce sens, transformant l’école en vaste centre de formation d’apprentis. Et l’on perd peu à peu de vue qu’un agir libre et conscient repose d’abord sur une connaissance acquise pour elle-même.

La visée du savoir doit être humaniste, et ne jamais se compromettre dans l’immédiateté économique. A vrai dire, même si l’on veut, un très court instant, adopter le point de vue des économistes de la connaissance, c’est à cette condition seule que le savoir est réellement efficace, quand il peut accéder à une entière liberté créatrice. Affirmons donc, sans retour en arrière, l’école dans son rôle de terreau culturel indépendant.
Pour réussir une telle révolution, nous devrions être capables, bien entendu, de reposer ensemble les principes fondamentaux qui doivent gouverner notre projet scolaire, d’élaborer un compromis, condition nécessaire, quoique difficile, à toute bonne politique, à la fois ambitieux et ouvert. Redonnons aux enseignants l’assurance - car elle leur manque aujourd’hui cruellement — de remplir une mission acceptée par la société dont ils sont chargés de transmettre les valeurs essentielles. Cette dernière y puisera en retour une représentation d’elle-même plus sereine car profondément assumée.

Au lieu de laisser l’école la proie des déchirements partisans dont elle n’a que faire et qui brouillent durablement sa vocation intrinsèque, laissons-la être ce qu’elle doit, un lieu de réflexion libre où chacun et tous peuvent participer et se reconnaître, un lieu où se construit, loin des influences démagogiques, l’identité individuelle et collective.
Sophie Audoubert

10 juillet 2011

Nico Hirtt in english

Nico Hirtt in english


 See also : 

L'Ecole démocratique en/in english, italiano, español, deutsch, nederlands

Raymond BOUDON : Les causes de l'inégalité des chances scolaires

SUR SKHOLE.FR :


Extrait :
"Je ne peux tenter de dresser un inventaire exhaustif des théories proposées par les uns et les autres, mais seulement faire apparaître que sur le sujet des causes des inégalités scolaires le problème n’est pas celui du vide, mais au contraire du trop-plein. Il en résulte que chacun a tendance à retenir les causes qui lui conviennent le mieux : ainsi, les causes sont déterminées par une démarche scientifique, le choix entre ces causes par des raisons idéologiques. L’idéologie se mélangeant alors à la science, la première tend à se sentir confortée et légitimée par la seconde.

Or, lorsqu’un « décideur » –comme on dit désormais– est convaincu que tel type de cause est le plus important, cela peut produire des résultats désastreux."


Conclusion :
« Bref, il paraît avisé de faire l’inverse de ce que recommande le rapport Gros-Bourdieu : « l’importance excessive accordée à la trilogie « lire, écrire, compter » (…) mettant l’accent sur les performances (…), peut, à bon droit, être considérée comme l’un des facteurs de l’échec scolaire (…) ». « Il semble que l’examen n’est ni nécessaire ni suffisant. » Il existe des inégalités scolaires, le système scolaire français est malade de l’échec scolaire, nous dit ce rapport. Cassons le thermomètre. Cessons de juger et d’évaluer les enfants : il n’y aura plus ni inégalités, ni échecs. Si ces avis étaient pris au sérieux, l’on voit facilement les conséquences qui en résulteraient. Je passe sur celles qui ne me concernent pas ici mais qui n’en sont pas moins importantes : si l’école n’était plus définie par une fonction et un objectif principal, la transmission du savoir, il en résulterait un désarroi encore plus grand des « enseignants », qui ne percevraient plus le sens de leur activité et de leur vie professionnelle. De manière générale, les établissements deviendraient encore plus ingérables. L’ « anomie » s’y étendrait. De plus, ces coûts individuels et collectifs considérables seraient imposés pour rien. Destinée à renforcer l’égalité, cette politique contribuerait à augmenter l’ « inégalité des chances ». S’agissant de la réflexion sur l’éducation, la fin des idéologies dont on nous rebat les oreilles se fait un peu attendre."

Raymond Boudon : Présentation Wikipedia


Voir aussi l'article de Julien Gautier :

7 juillet 2011

MEZETULLE sur la laïcité

Laïcité
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Secularism and French Politics. Rethinking "Laïcité" for the 21st Century
La laïcité française et l'Europe (par S. Tomei)
La Cour européenne des droits de l'homme et le principe de laïcité (par C. Arambourou)
La laïcité et les "valeurs"- I (par J.-M. Muglioni)
Sur le livre de C. Kintzler Qu'est-ce que la laïcité ?
La laïcité et les "valeurs" - II (par Jean-Michel Muglioni)
Qu'est-ce que la république laïque? (par J.M. Kintzler)

MEZETULLE sur l'école

Ecole
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