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5 septembre 2011

Méthodes de lecture, par Michel Delord

A propos des « méthodes de lecture »

Ces textes ont pour point de départ un point non choisi au hasard, la critique de l'affirmation de Roland Goigoux "les élèves devaient ...  apprendre à lire avant d'apprendre à écrire" car il s'agit d'une inversion et d'une attaque des positions historiques des pédagogues de l'Instruction Publique sur LE point fondamental de leur doctrine sur la lecture.
1) Articles du Dictionnaire Pédagogique
2) Autres textes (ColetteOuzilou, Gabriel Compayré, Claude Duneton, Liliane Lurçat, Guy Morel ,  Marc Le Bris, Julien Lachièze)
3) Sur la méthode globale
4) Documents sur les méthodes de lecture
5) Divers liens



A) Révisionnisme historique
B) Retour au présent
C) Bibliographie
- Delord, Morel, Le Bris, Ouzilou
- Goigoux

I-                 Méthode alphabétique
II-              Méthode globale
III-          Méthode syllabique
IV-            Deux oppositions méthode globale / méthode syllabique
V-               Conclusion partielle
VI-            Méthodes de lecture et histoire
VII-        Fausses références historiques passées de M ; Goigoux et de son courant
A)   Une nouvelle étape : M. Goigoux persiste et signe
B)   Prochaine étape ?


- Introduction
- Méthodes de lecture et instruction publique
- Quelle méthode de lecture doit-on recommander ?
        Tirer les leçons du passé
        La circulaire ministérielle du 12 janvier 2006
- Conclusion provisoire

(Hébrard, Foucambert, Goigoux, Charmeux, Ouzoulias)
Devoir de mémoire
Problématique
Extraits des programmes 2002

ou « Comment fabriquer un miel didactique à partir des recherches fondamentales »
ou « Puissance pratique des conceptions théoriques »

Je considère que les oppositions globale / syllabique ou partir des mots/partir des lettres, oppositions mises en première place et le plus souvent exclusives au travers desquelles sont analysées dans notre courant la question de la lecture, traduisaient une position pour le moins hasardeuse sur le plan intellectuel qui aura, comme toute analyse inexacte, de plus en plus d’effets pratiques négatifs au fur et à mesure que le débat se précisera et quittera le terrain idéologique.



Quelques commentaires sur la Note ‘Des didactiques pour délier les langues’ du Blog de Luc Cédelle



Voir présentation des textes à : http://michel.delord.free.fr/txt-md-lecture.html

« Magouille blues » des partisans des méthodes mixtes pris la main dans le sac

2 août 2011

La compréhension en lecture requiert la connaissance des mots et du monde (E.D. Hirsch Jr., Core Knowledge)

Tandis que les éducateurs ont accompli des progrès importants pour enseigner aux enfants à décoder (changer les signes écrits - lettres, syllabes, mots, phrases – en sons de la parole), il est décourageant de constater que nous n’avons toujours pas surmonté l’effondrement au CM1 (fourth-grade slump) en ce qui concerne la compréhension en lecture. Nous constatons que, même si la vaste majorité de nos jeunes lecteurs peuvent se débrouiller avec des textes simples, beaucoup d’élèves – particulièrement ceux des familles à faible revenu – s’en sortent à grand-peine quand vient le moment au CM1 de s’attaquer à des textes scolaires plus avancés.
         Pour aider ces élèves, nous devons comprendre pleinement quelle est l’origine précise de cet effondrement du CM1 (Grade 4) en compréhension écrite. «Effondrement» (slump), tel est le nom qu’a utilisé la grande chercheuse sur la lecture, Jeanne Chall, pour décrire la baisse apparemment soudaine des scores en lecture obtenus par les enfants des familles à faible revenu, entre le CE2 (Grade 3) et le CM1 (Grade 4).
La compréhension en lecture 
requiert la connaissance – 
des mots et du monde
E.D. Hirsch, Jr.


Vues scientifiques sur l’effondrement au CM1 (Fourth-Grade Slump) et sur les scores stagnants en matière de compréhension obtenus par la nation américaine

Reading Comprehension Requires Knowledge—of Words and the World (PDF)
Scientific Insights into the Fourth-Grade Slump and the Nation's Stagnant Comprehension Scores
American Educator, AFT, Spring 2003.

With a scientific consensus established on how best to teach decoding, we've reached the next reading frontier: increasing reading comprehension. Among poor children, low comprehension is ruining their chances for academic success. Among all children, comprehension scores are stagnant. Convincing research tells us that key to both problems is to systematically build children's vocabulary, fluency, and domain knowledge.

Avec le consensus scientifique qui s’est établi sur la meilleure façon d’apprendre à décoder aux enfants, une prochaine étape attend la recherché pédagogique en lecture : accroître la compréhension en lecture. De plus, la faible compréhension qui touche les élèves pauvres détruit leurs chances de réussite scolaire. Des recherches convaincantes nous disent que la clé de ces deux problèmes réside dans la construction systématique du vocabulaire des enfants, de l’aisance en lecture (ou fluence de lecture) et des connaissances disciplinaires. 

Introduction

Tandis que les éducateurs ont accompli des progrès importants pour enseigner aux enfants à décoder (changer les signes écrits - lettres, syllabes, mots, phrases – en sons de la parole), il est décourageant de constater que nous n’avons pas toujours pas surmonté l’effondrement au CM1 (fourth-grade slump) en ce qui concerne la compréhension en lecture. Nous constatons que, même si la vaste majorité de nos jeunes lecteurs peuvent se débrouiller avec des textes simples, beaucoup d’élèves – particulièrement ceux des familles à faible revenu – s’en sortent à grand-peine quand vient le moment au CM1 de s’attaquer à des textes scolaires plus avancés.
         Pour aider ces élèves, nous devons comprendre pleinement quelle est l’origine précise de cet effondrement du CM1 (Grade 4) en compréhension écrite. «Effondrement» (slump), tel est le nom qu’a utilisé la grande chercheuse sur la lecture, Jeanne Chall, pour décrire la baisse apparemment soudaine des scores en lecture obtenus par les enfants des familles à faible revenu, entre le CE2 (Grade 3) et le CM1 (Grade 4). Dans sa recherche, Chall que les élèves dont les familles ont de faibles revenus avaient tendance à obtenir des résultats qui se situaient dans la moyenne nationale (ou même au-dessus) aux tests de lecture et des scores du même ordre en orthographe et en compréhension de mots. Mais au CM1, les scores de ces élèves commençaient une chute régulière qui s’accentuait au fur et à mesure du passage des élèves dans les classes supérieures.[1] (Pour une discussion plus détaillée de l’étude de Chall qui marque un tournant dans les recherches sur la lecture, voir l’article dans le même numéro page 14 : « The Fourth-Grade Slump »). J’ai dit que cette chute était seulement soudaine parce qu’il y a maintenant de nombreux signes tendant à montrer que cette chute existe aussi, mais non mesurée, dans les classes précédentes. Un fossé langagier étendu – et pas seulement un fossé en matière de lecture – entre les élèves avantagés et désavantagés existe aussi au CE2, sans parler du CE1, du CP, et même avant, dès la maternelle.
         Les chercheurs connaissent l’existence de cet effondrement du CM1 dans la compréhension écrite chez les enfants pauvres depuis des décennies. Mais c’est seulement récemment, spécialement dans le travail de Betty Hart et Todd Risley, que des données solides ont pu être disponibles au sujet du développement du langage chez le jeune enfant.[2] Nous croyons maintenant que les tests de lecture utilisés dans les premières classes se sont focalisés massivement sur la mesure des capacités de lecture de bas niveau (early reading skills) comme le décodage et n’ont pas essayé de prendre pleinement la mesure de l’étendue des différences de vocabulaire existant entre les groupes.
         Toutefois ce serait faire erreur que de supposer que les problèmes concernant la compréhension ne concernent que les élèves désavantagés. D’après les conclusions qui se dégagent de l’Evaluation nationale du progrès éducatif (NAEP, National Assessment of Educational Progress), les scores de compréhension de beaucoup d’élèves restent bas malgré nombre d’efforts soutenus pour améliorer l’instruction en lecture.[3] L’enseignement efficace de la compréhension à tous les enfants s’est avéré un problème récurrent. Maintenant que nous disposons de bons programmes qui enseignent aux enfants à décoder les textes précisément et avec aisance, la tâche de créer des programmes et des méthodes qui apprennent aux élèves à comprendre les textes précisément et avec aisance est la prochaine étape dans la recherche sur la lecture.
         […] nous possédons déjà des connaissances au sujet de la lecture qui peuvent avoir une utilité immédiate pour les professeurs. J’essaierai de résumer quelques-unes des plus importantes découvertes et leurs implications pour la pratique en classe.

Traduction d’extraits de l’article : environ 1/20ème.

I-                Un consensus scientifique croissant

- La fluence de lecture est importante
- L’étendue du vocabulaire est importante
- La connaissance disciplinaire (domain knowledge) est importante

- La fluence de lecture est importante

         La « fluence », cela signifie « l’écoulement », et dans ce contexte, cela signifie aussi « rapide ». Il y a une corrélation générale, bien que non parfaite, entre vitesse et exactitude dans la compréhension d’un texte : plus on comprend un texte rapidement, mieux on le comprend. Aux yeux d’un grand nombre de psychologues, y compris ceux qui ne sont pas spécialistes de la lecture, il serait surprenant que ce ne soit pas le cas. Une personne qui lit vite a « automatisé » un grand nombre des processus sous-jacents impliqués dans l’acte de lire et peut, par conséquent, prêter une attention consciente au sens littéral plutôt qu’aux processus eux-mêmes. En outre, la fluence est grandement améliorée par la connaissance des mots et la connaissance dans les disciplines : tandis que la connaissance des mots accélère la reconnaissance de mots et ainsi accélère le processus de lecture, la connaissance du monde de son côté accélère la compréhension du sens littéral en offrant une fondation pour faire des inférences.[4] Quelques-uns des principes sous-tendant la relation entre la fluence et la compréhension sont expliqués ci-dessous.
Si le décodage n’est pas effectué rapidement, ce qui est décodé sera oublié avant d’être compris. Avez-vous déjà essayé de comprendre les paroles d’un film dans une langue étrangère (disons en anglais[5]) que vous avez étudiée à l’école ? Alors que vous essayez de débrouiller ce que les acteurs viennent de dire, ils sont déjà en train de dire autre chose, et vos esprits sont surchargés. La difficulté de base concernant la vitesse et la compréhension écrite est encore plus sérieuse que cela. Si vous étiez capables de ralentir le film de façon à pouvoir vous concentrer pour identifier les mots et les traduire, vous vous trouveriez quand même dans une situation où votre compréhension serait toujours moins qu’adéquate. En ayant à se concentrer sur les sons, à les changer en mots anglais et puis ensuite en mots français, vous tendez à perdre trace des liaisons qui existent entre une phrase et une autre, et entre des groupes de phrases.Vous êtes dans la même position qu’un enfant qui doit traduire consciemment et lentement les caractères imprimés en sons. Les choses disparaissent de votre esprit avant que vous n’ayez une chance de considérer la signification de ce qui est dit. En traduisant lentement de l’anglais au français, vous avez été handicapé par les limites sévères de ce que les cognitivistes appellent votre « mémoire à court terme » ou « mémoire de travail ».
Je garde un souvenir précis de la première fois où j’ai appris pour la première fois les sévères limites de la mémoire de travail des hommes et leur importance dans la communication. C’était dans un livre merveilleux, La Psychologie de la communication, par l’éminent scientifique cognitiviste George A. Miller.[1] Le deuxième chapitre est un des plus célèbres articles jamais écrits dans le champ de la psychologie : « Le nombre magique sept, plus ou moins deux : quelques limites de notre capacité à traiter l’information » Le « nombre magique sept » s’est avéré être le nombre approximatif d’éléments (de simples faits, ou des nombres, ou des mots représentant des concepts complexes) que vous pouvez retenir en même temps dans votre esprit conscient avant qu’ils commencent à sombrer dans l’oubli. Ce « nombre magique sept » est une limitation qui (avec quelque variation) affecte tout le monde, même les génies. Une manière de dépasser cette limitation de la mémoire de travail dans la lecture est d’apprendre comment faire un déploiement rapide et automatique des processus de lecture sous-jacents afin qu’ils deviennent rapides et inconscients, laissant l’esprit conscient (c’est-à-dire la mémoire de travail) libre de réfléchir à la signification du texte.
Voilà pourquoi le décodage rapide et précis est important. Des expériences montrent qu’un enfant qui peut lire à voix haute des pseudo-mots rapidement et précisément maîtrise le processus de décodage et est en train de parcourir le chemin qui conduira à libérer sa mémoire de travail pour lui permettre de se concentrer sur la compréhension du sens. La fluence de décodage est atteinte par une instruction initiale précise suivie par beaucoup de pratique. En général, plusieurs années de pratique du décodage sont nécessaires aux enfants pour qu’ils puissent traiter un texte imprimé aussi rapidement qu’ils le traitent en l’écoutant.
Les élèves dépassent aussi les limitations de leur mémoire de travail en saisissant rapidement de quel type de texte il s’agit, en identifiant rapidement les mots et en comprenant les connections grammaticales entre eux au niveau basique de la phrase.[2] Ce type de fluence au niveau de la phrase s’accroît avec la pratique répétée et avec la connaissance de différents types d’écrits. Une telle fluence générale dans la langue est aussi intimement dépendante de la connaissance bien exercée du vocabulaire, c’est-à-dire de la familiarité  qu’ont les élèves avec les mots et leurs connotations variées. Prenons, par exemple, la phrase suivante : « En plus d’avoir été un bon élément sur le terrain, elle est aussi capable de garder les yeux ouverts, voilà pourquoi Claire will make a good assistant principal. » Les éducateurs, munie de leur connaissance des termes conventionnels en usage dans le métier et de l’usage des mots de vocabulaire, n’auront aucun problème pour émettre l’hypothèse que Claire a travaillé avec des élèves (probablement comme enseignante dans une classe) et qu’elle sait rester concentrée. Mais remarquez que pour traiter cette simple phrase, vous devez interpréter deux métaphores


[1] Miller, G.A. (1969). The Psychology of Communication : seven essays. Baltimore, Md. : Penguin Books.
[2] Kintsch, W. (1998). Comprehension : A paradigm for cognition. N.Y. : Cambridge University Press (= Compréhension : Un paradigme pour la cognition).

*Les élèves dépassent aussi les limitations de leur mémoire de travail en saisissant rapidement de quel type de texte il s’agit, en identifiant rapidement les mots et en comprenant les connections grammaticales entre eux au niveau basique de la phrase. Ce type de facilité au niveau de la phrase s’accroît avec la pratique répétée et avec la connaissance de différents types d’écrits. Une telle aisance générale dans la langue est aussi intimement dépendante de la connaissance exercée du vocabulaire, c’est-à-dire la familiarité des élèves avec les mots et leurs connotations variées.

* Enfin, la fluence est aussi accrue par la connaissance disciplinaire (domain knowledge), qui permet au lecteur de faire des connections rapides entre les nouveaux contenus et les contenus précédemment appris ; ceci à la fois facilite la compréhension et la rend plus profonde.


- L’étendue du vocabulaire est importante

* En ce qui concerne l’acquisition du vocabulaire, un petit avantage acquis plus tôt croît et devient plus grand (l’écart entre ceux qui ont un vocabulaire étendu et ceux qui ont un lexique réduit s’accroît), à moins que nous n’intervenions très intelligemment pour aider les élèves désavantagés à apprendre des mots à un rythme accéléré.

* Un élève cultivé de terminale connaît une immensité de mots, pour la plupart appris par hasard. Mais il y a aussi une place importante pour un développement explicite du vocabulaire, spécialement dans les premières années, et spécialement pour les enfants qui sont en retard. Isabel Beck et ses collègues, dans leur excellent guide sur l’enseignement explicite du vocabulaire (Bringing Words to Light, 2002), estiment que les élèves peuvent apprendre quelque 400 mots par an à l’école (voir « Se délecter des mots », « Taking Delight in Words » p. 36 pour un exemple d’un tel enseignement). Ces 400 mots-là peuvent être extrêmement importants pour les enfants qui ont un grand retard langagier et doivent être amenés au point de comprendre les mots-clés le plus vite possible.

* La plus grande partie de l’augmentation du vocabulaire se produit au gré des rencontres, à partir de l’immersion massive dans le monde du langage et de la connaissance.

- La connaissance disciplinaire (domain knowledge) est importante

* La connaissance disciplinaire permet aux lecteurs d’interpréter (to make sense of) les combinaisons de mots et de faire leur choix parmi de multiples sens possibles des mots.

* Les connaissances disciplinaires sont nécessaires pour rendre sensées des phrases qui sans l’apport de ces connaissances seraient confuses.

* Lire (et écrire) nécessite que le lecteur fasse des inférences qui dépendent de ses connaissances antérieures – et non de ses talents formels à faire des inférences.

* L’ironie, la métaphore et autres procédés littéraires nécessite une certaine culture générale pour être comprises.

II-           Repenser le curriculum de langue (Language Arts Curriculum), c’est-à-dire expression orale, lecture,  écriture, grammaire, littérature, etc.

- Commencer tôt à construire la connaissance des mots et du monde

- Construire la compréhension orale et une connaissance générale (background knowledge)
Dans les premières classes, dans lesquelles les enfants ne sont pas encore capables de lire des textes substantiels par eux-mêmes, c’est oralement que ce contenu sera le mieux transmis. Un important véhicule de cette transmission est la lecture à voix haute, par le maître, de textes sélectionnés pour leur intérêt, leur substance et leur vocabulaire. Ces textes sont lus aux enfants, puis cette lecture est suivi par une discussion et des leçons qui construisent la compréhension par les enfants des idées, des sujets et des mots dans l’histoire.

- Ne pas consacrer un temps excessif à enseigner des compétences formelles de compréhension
La stratégie de la compréhension est essentiellement d’activer la connaissance pertinente de l’élève. Fort bien. Mais si la connaissance antérieure en rapport avec ce qui est à comprendre est manquante, les stratégies de compréhension consciente ne peuvent pas l’activer.

- Construire systématiquement la connaissance des mots et du monde (word and world knowledge)
Les chercheurs sont d’accord pour admettre que pour prendre un bon départ dans l’apprentissage des connotations d’un mot, une personne a besoin d’être exposé de nombreuses fois au même mot dans différents contextes. Une telle exposition n’est pas assurée par une sélection fragmentée de lectures dans lesquelles on saute trop vite d’un sujet à l’autre : d’une journée à la plage au rayon légumes du supermarché.
         C’est le défaut le plus superficiel des programmes actuels ; un autre est plus profond. Avec leur attachement très lourdement prononcé à une littérature triviale, ces programmes ne prennent pas sur eux-mêmes d’améliorer de manière cohérente la culture générale des élèves. Un vocabulaire étendu et un vaste savoir, ces deux choses vont de pair.  Le langage n’est pas une sphère d’activité isolée mais notre instrument humain fondamental pour traiter du monde (for dealing with the world). La meilleure manière d’élargir le langage des élèves est d’élargir leur compréhension de ce à quoi le langage se réfère. Si nous souhaitons que les enfants connaissent les connotations du mot « pomme », le meilleur enseignement inclura des références aux vraies pommes – pas juste des associations verbales comme « sucrée(s) », « ronde(s) » ou « croquante(s) », mais des références aux objets réels qui rassemblent ces caractéristiques. Un programme de langage idéal est un programme de connaissances. C’est un programme qui ancre et consolide dans l’esprit des élèves la signification des mots en vertu de leur connaissance de ce à quoi les mots se rapportent réellement.
         La connaissance du monde est une composante essentielle de la compréhension en lecture, parce que chaque texte tient pour acquise et évidente la familiarité du lecteur avec tout un ensemble de faits non-dits et non-écrits sur les mondes naturels et culturels.
        

         Conclusion : James Coleman, Egalité de l'opportunité éducative - le Rapport Coleman (1966)

Traduction de la conclusion publié sur Skhole.fr, dans les commentaires à En quoi l’école est-elle inégalitaire ? de Julien Gautier.

 « Le grand sociologue James S. Coleman, après avoir passé sa vie de chercheur à étudier les caractéristiques des écoles et programmes efficaces, a tiré la conclusion suivante : l’élément le plus important d’un bon programme d’école est qu’il y soit fait un bon usage scolaire (academic, qui concerne les disciplines scolaires) du temps passé à l’école. Le thème récurrent dans l’œuvre de Coleman est l’« égalité de l’opportunité éducative » (« equality of educational opportunity ») – le titre de son monumental « Rapport Coleman » de 1966.

Faire un bon usage du temps passé à l’école, concluait-il, est la fonction la plus égalitaire que les écoles puissent remplir parce que, pour les enfants désavantagés, le temps passé à l’école est le seul temps d’apprentissage académique, tandis que les élèves avantagés apprennent beaucoup en dehors de l’école. La principale conclusion qui a été tirée du travail de Coleman était que l’avantage social comptait davantage que la scolarisation dans les résultats académiques – telles que les écoles étaient alors constituées (as schools were then constituted).

Mais il y avait une deuxième découverte, beaucoup plus porteuse d’espoir, dans le Rapport Coleman, découverte que Coleman lui-même a approfondie à la fin de sa carrière – le caractère égalitaire et compensateur que possède par nature un programme scolaire vraiment bon.Un programme pauvre affecte défavorablement les élèves pauvres plus que les élèves de classe moyenne qui sont moins dépendants de l’école pour acquérir des connaissances. Au contraire, un bon programme est par nature compensateur parce qu’il a un effet plus grand sur les élèves pauvres que sur les élèves de famille moyenne. C’est parce que les élèves pauvres ont plus à apprendre – et dans un programme efficace ils commencent à combler leur retard.

            Un bon programme de langue (language-arts program : arts de la langue, c’est-à-dire lecture, écriture, grammaire, littérature, etc.), qui se concentre sur la connaissance générale et rend efficace l’utilisation du temps scolaire, non seulement élèvera la réussite en lecture de tous les élèves, mais également, en vertu du principe de Coleman, rétrécira l’écart en lecture (reading gap) – et l’écart de réussite (achievement gap) - entre les groupes. »




[1] Chall, J. S., Jacobs V.A., & Baldwin, L.E. (1990). The Reading Crisis : Why poor children fall behind. Cambridge, Mass. : Harvard University Press, (= La crise de la lecture. Pourquoi les enfants pauvres décrochent).
[2] Hart, B., & Risley, T.R. (1995). Meaningful Differences in the Everyday Experience of Young American Children, Baltimore, Md. : Paul H. Brookes Publishing Co. (= Différences significatives dans l’expérience quotidienne des jeunes enfants américains).
[3] Campbell, J.R., Hombo, C.M. & Mazzeo, J. (2000). NAEP 1999 Trends in Academic Progress : Three Decades of Students’ Performance. NCES 2000469 (= NAEP 1999 Tendances dans le progrès scolaire : trois décennies de performances des élèves)
[4] Recht, D.R. & Leslie L. (1998). Effect on prior knowledge on good and poor reader’s memory of text. Journal of Educational Psychology, vol. 80 (1) pp. 16-20. American Psychological Association. (= L’effet de la connaissance antérieure sur la façon dont le lecteur acquiert une bonne ou une pauvre mémoire du texte).
[5] Dans le texte original, le film dont les paroles sont à comprendre est « en français ». [N.d.T.]

9 juillet 2011

Dossier Méthodes de lecture (SKHOLE.FR)

Depuis près d’un demi-siècle se développe et se répète ce qu’il est convenu d’appeler la « querelle » des méthodes de lecture employées à l’école primaire, opposant principalement les défenseurs des méthodes « globales » et « mixtes » aux tenants des méthodes « syllabiques » ou « alphabétiques ».  Le dernier débat en date se déroula lorsque le ministre de l’Education Nationale Gilles de Robien parut vouloir imposer en 2003 un retour pur et simple à la stricte méthode syllabique, restauration finalement avortée…
Pour le dire très – trop – vite, les premières privilégient une entrée dans l’écrit par le « sens », selon une démarche analytique allant des unités complexes (textes, phrases, mots) vers les plus simples (syllabes, lettres), alors que les secondes – symbolisées par le fameux « b, a, ba » -, procèdent en sens inverse en commençant par l’enseignement systématique du « code »[1]. Pour beaucoup l’usage de méthodes dites « mixtes », aujourd'hui dominant, semble avoir le double avantage de constituer une  forme de « synthèse » habile et modérée, et de préserver un maximum de liberté pédagogique.
Peu concernés directement, en tant que professeurs de philosophie, par la question de l’apprentissage de la lecture en primaire, nous ne pouvions que constater, en bout de chaine, la mauvaise maîtrise de la langue, tant lue qu’écrite, chez nos élèves, mais sans pouvoir rattacher celle-ci à des causes si lointaines. Sollicités par Marc-Olivier Sephiha, professeur de français au collège et dont nous publions ci-dessous le texte qu’il nous a adressé, nous nous sommes donc penchés sur cette « querelle » pour tenter d’y voir un peu plus clair : interpellés et finalement convaincus de l’importance des enjeux, nous avons jugé utile d’y consacrer un « dossier », dont les éléments sont présentés ci-dessous.
***
De son expérience de professeur de lettres en collège et au terme d’une enquête minutieuse, M.-O. Sephiha dresse ici un état des lieux très alarmant des difficultés de lecture et d’écriture des collégiens qu’il a pu rencontrer. Il en analyse les causes et indique les principes des ateliers de remise à niveau qu’il a mis en place depuis, à titre expérimental.
Institutrice au CP pendant cinq ans, M. Gaubert raconte comment et pourquoi elle est passée des méthodes « mixtes » à une méthode alphabétique.
Qu’est-ce qu’apprendre à « lire » ? En s’appuyant notamment sur les concepts du psychologue russe Lev Vygotski, J. Gautier propose ici une réflexion théorique autour des enjeux tout particulièrement cognitifs de l’entrée dans l’écrit, ainsi que des modalités permettant de les atteindre. Ceci l’amène à plaider pour un solide enseignement explicite des structures de la langue.

Dossier Méthodes de lecture : lire la suite de la présentation

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8 juillet 2011

Lire-écrire : méthodes alphabétiques de lecture et écriture


Lire-ecrire.org est un site d'information dédié aux parents et aux professionnels de l'éducation. Nous présentons une sélection de méthodes de lecture et d'écriture pour les enfants de l'école maternelle et de l'école primaire. Suivez nos conseils pour apprendre à lire en maternelle et au CP à votre enfant. Vous trouverez aussi une rubrique présentant des méthodes de calcul.

Liste des manuels présentés :

LA BOITE A BONS POINTS - Exercices MS
DE L'ECOUTE DES SONS A LA LECTURE - Grande section de Maternelle
LA PLANETE DES ALPHAS
MANUEL CP de la LIBRAIRIE DES ECOLES
METHODE FRANSYA
LIRE AVEC LEO et LEA
BIEN LIRE ET AIMER LIRE
METHODE MONTESSORI
METHODE BOSCHER
METHODE DELILE
METHODE JEAN QUI RIT
LA CLE DES MOTS
METHODE DE LECTURE POUR TOUS LES ENFANTS
J'APPRENDS A LIRE AVEC SAMI ET JULIE
VOUS AVEZ DIT : 'LECTURE' ?
NOUNOURSE ET SES AMIS

Manuels de lecture et d'écriture


guide des methodes de lecture
Nous appelons ici "manuel" ce qui se présente en général comme une méthode particulière, sous la forme d'un ou plusieurs livres, accompagnés ou non de livrets d'exercices, de guides pédagogiques, de divers matériels pédagogiques.
Chaque manuel fait l'objet ici d'une fiche succincte, qui doit permettre de s'en faire une idée. Cette fiche ne peut pas entrer dans toutes les particularités de la méthode, particularités qui peuvent avoir une grande importance pédagogique.
Les fiches présentées ici concernent exclusivement les méthodes ALPHABETIQUES. Leur collection est loin d'être complète, mais elle a vocation à s'accroître avec le temps, sans exclusive.
Elles sont et seront complétées par les commentaires de nos lecteurs.
On trouvera plus de détails dans notre ouvrage "APPRENDRE A LIRE A LA MAISON" : voir


6 juillet 2011

G. Wettstein-Badour : Parcours et publications

Médecin ; après un internat en psychiatrie au cours duquel elle a pu évaluer l’intérêt des bilans psychométriques en tant qu’aide à la découverte des aptitudes d’un sujet, elle les pratique depuis 1969 principalement pour des enfants et des adolescents. C’est cette activité qui l’a amenée à rencontrer quotidiennement des patients dont la grande majorité n’a aucune déficience physique ou intellectuelle justifiant un échec dans les apprentissages élémentaires, notamment en lecture, écriture ou orthographe et dont cependant beaucoup se trouvent en grande difficulté. C’est pour comprendre cette anomalie puis la pallier qu’elle a engagé en 1987 des études de recherche appliquée concernant l’apprentissage du langage écrit. Ses travaux ont fait l’objet, outre de nombreux articles, des publications principales suivantes :
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- En 1993 « LECTURE : LA RECHERCHE MEDICALE AU SECOURS DE LA PEDAGOGIE » (ISBN 2-9507412-0-7 : à compte d’auteur et aujourd’hui épuisé) qui a obtenu un prix « ENSEIGNEMENT ET LIBERTE » en 1994.
Cet ouvrage était destiné à faire comprendre aux enseignants et aux parents comment un cerveau lit et apprend à lire et pourquoi les méthodes de type global et semi-global conduisent à l’échec un très grand nombre d’enfants. Ce livre tirait ses conclusions à la fois des connaissances de l’époque issues des neurosciences et d’une recherche personnelle basée sur plus de 500 cas d’enfants en difficulté. Il définissait implicitement le «cahier des charges » auquel doit obéir toute bonne méthode d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et de l’orthographe.
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- En octobre 1996, après avoir vainement tenté de faire prendre en compte ces connaissances par le monde de l’Éducation nationale (y compris au plus haut niveau), puis avoir cherché sur le marché, sans les trouver, des solutions répondant au cahier des charges précédemment défini, simples à appliquer pour les parents qui la consultent, création des méthodes « FRANSYA » déposées pour copyright à la Société des gens de lettres (Fransya est la petite entreprise familiale artisanale utilisée pour les éditer et les diffuser)
« POUR BIEN APPRENDRE A LIRE ET A ECRIRE AUX ENFANTS »
nouvelle méthode alphabétique et plurisensorielle
et
« POUR BIEN APPRENDRE L’ORTHOGRAPHE »
(en collaboration avec sa mère, France BADOUR)
Ces outils pédagogiques ont fait immédiatement la preuve de leur efficacité parce que l’un et l’autre respectent les exigences du fonctionnement cérébral.
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- En 2000, devant l’ampleur des « dégâts » de plus en plus nombreux et graves qu’elle constate chez ses jeunes patients « LETTRE AUX PARENTS DES FUTURS ILLETTRES » aux éditions de Paris (ISBN-10 2851620258). Cet ouvrage décrit le « parcours du combattant médical et paramédical» (orthophonistes, psychologues, psychiatres) de nombreux enfants et de leurs proches qui résulte du non sens des pédagogies d’apprentissage de l’écrit en vigueur dans le système scolaire. Il donne, en outre, des indications pour surmonter ces difficultés.
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- En mars 2000 : étude « LECTURE : LE NON SENS DES PEDAGOGIES ACTUELLES »
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- En octobre 2003 : étude « APPRENDRE A LIRE : L’APPRENTISSAGE ALPHABETIQUE FAVORISE LA DECOUVERTE DU SENS »
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- En mars 2004 étude : « LECTURE ET ECRITURE : LE CERVEAU CET INCONNU DES PEDAGOGUES » (copyright)
En janvier 2005 : étude « APPORTS DES NEUROSCIENCES ET PEDAGOGIE DU LANGAGE ECRIT ». (copyright)
Cette étude est un « rapport d’étape» de ses travaux de recherche sur l’apprentissage du langage écrit afin d’y intégrer les derniers résultats connus fin 2004 en matière de neurosciences ainsi que sa recherche personnelle actualisée basée toujours sur plus de 500 cas d’enfants en difficulté. Il découle de ce travail un «cahier des charges » explicite qui devrait s’imposer à tous en matière de méthode d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et de l’orthographe.
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- En mai 2005 : « APPRENDRE A LIRE ET A ECRIRE-BILAN CRITIQUE ET PROPOSITIONS » : participation à un ouvrage collectif publié dans la série « Études et Enquêtes» du Centre Patronal de Lausanne (N°35 - ISBN-2-940089-17-5) dont le rédacteur responsable était Jean-Philippe Chenaux.
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- En novembre 2005 : guide pratique pour les parents, utile depuis la naissance jusqu’à l’adolescence de leurs enfants
Bien parler, bien lire, bien écrire
Donnez toutes leurs chances à vos enfants
Aux éditions Eyrolles – ISBN 978-2-212-53965-3
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- en novembre 2006, « APPRENTISSAGE DE LA LECTURE : UNE DEMONSTRATION EXPERIMENTALE ET THEORIQUE DE LA SUPERIORITE DE LA METHODE PHONIQUE SYNTHETIQUE (ALPHABETIQUE) SUR TOUTES LES AUTRES APPROCHES PEDAGOGIQUES »
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- à noël 2006 : « lctuere extpere » !
Apprentissage de la lecture et de l’écriture, Réponse à quelques pédagogues imprudents !
voir : http://dr-wettstein-badour-lctuere-extpere.blogspot.com
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- en novembre 2007 : édition industrielle de la méthode de lecture telle qu’elle a été créée en 1996, puis éditée et distribuée artisanalement uniquement par Fransya jusqu’à cette date. Le titre de cette méthode devient :
Bien lire, bien écrire
La méthode alphabétique et plurisensorielle Fransya
Aux éditions Eyrolles – ISBN 978-2-212-53965-3
- décembre 2007 : Apprendre à lire :« les contraintes de l’architecture de notre cerveau ». Note de lecture concernant l’ouvrage de M. S. DEHAENE « Les neurones de la lecture » voir : http://noel-2007-note-de-lecture.blogspot.com
- octobre 2009 : Apprentissage de la lecture et de l’écriture : les premiers pas - Quelles sont les pratiques à l’école maternelle ? Quels dangers recèlent-elles ? Que faire ? voir http://oct2009-lecture-en-maternelle.blogspot.com
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- novembre 2009 : lecture et écriture au CP

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- décembre 2009 : bien apprendre l'orthographe à tout âge

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- Poursuit ses travaux de recherche appliquée sur l’apprentissage du langage écrit afin d’intégrer dans sa réflexion les derniers résultats connus en matière de neurosciences et publie, au fur et à mesure de l’avancement de ceux-ci, les textes sur cette importante question qui lui semblent pouvoir intéresser la communauté des parents et des enseignants sans oublier les « Autorités » chaque fois qu’une occasion se présente (réforme MM.LANG/FERRY de 2002, livret de M.FERRY «lire au CP : repérer les difficultés pour mieux agir », grand débat sur l’école, loi d’orientation de M.FILLON 2004, circulaire et arrêté relatifs à l’initiative de M.de ROBIEN de 2006 – programmes 2008 de l’école du M Darcos: BO de juin 2008).
Pour toute information s’adresser à FRANSYA, 31, rue de la Mariette, 72000 le Mans, tel 02 43 84 55 06, fransya@fransya.com. et/ou consulter sur internet : http://fransya.blogspot.com et/ou http://cerveau-et-lecture.blogspot.com

Voir aussi : http://ecolereferences.blogspot.com/2011/07/wettsein-badour-cerveau-et-lecture.html

Copie du site : http://dr-wettstein-badour-parcours.blogspot.com/

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