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1 novembre 2013

Michel Delord : quelques remarques refondatrices

Extrait : "S’il est question d’une véritable refondation de l’école, il faut avant tout traiter de la nature de ses … fondations et surtout ne pas en oublier les éléments dont personne ne parle, par consensus justement. Ces éléments consensuels non discutés peuvent être tout à fait déterminants dans l’évolution de l’école. Et ceci est d’autant plus vrai que la crise est grave, ancienne et profonde. En effet en ce cas, la difficulté pour redresser la barre peut justement provenir du fait que des positions classées comme consensuelles et donc non critiquées sont fondamentalement nocives. 

Un exemple : la question connue sous le nom de « 4 opérations en CP ». Je l’ai exhumée du consensus dans les années 1995/2002, avec certaines difficultés pour être entendu notamment de la part de mes petits camarades « instructionnistes ». Or il se trouve qu’elle est maintenant un véritable enjeu puisque à part le GRIP qui la défend - mal certes mais la défend -, Roland Charnay, Joël Briand, André Ouzoulias, Rémi Brissiaud et plus généralement l’ARDM et autres défenseurs des « réformes de 70 », donc (ex ?)-défenseurs « du niveau qui monte », s’y opposent toujours."




15 août 2013

Peut-on (encore) enseigner l'histoire par l'observation ? (Pierre Jacolino)

Si nous posons cette question, c’est que les principes pédagogiques qui régissent aujourd’hui l’enseignement de l’histoire n’incluent pas celui de l’observation. On peut même voir dans de nombreux ouvrages et articles, depuis les années 60, une critique de la possibilité même d’enseigner ainsi quelque matière que ce soit. La pédagogie actuelle de l’histoire se fonde d’ailleurs sur des pratiques et des théories qui ont été élaborées à partir de cette époque : l’observation est censée être soumise à un questionnement préalable, de manière hypothético-déductive, « problématisée ». Il ne faut donc pas croire, comme le font certains critiques « traditionnalistes », que l’appel à l’observation et l’induction soient des inventions pédagogiques « modernes ». En effet, c’est le principe d’un enseignement par l’observation, autrement appelé « par l’aspect » ou « inductif », qui a longtemps dominé l’enseignement en général et l’enseignement de l’histoire en particulier. Il y a donc, d’une moitié du siècle à l’autre, contradiction entre deux paradigmes antagonistes.

Texte complet de Pierre Jacolino, membre du GRIP --> ici

GRIP : Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes.
SLECC : Projet d'expérimentation du GRIP pour l'école primaire signifiant Savoir Lire Écrire Compter Calculer.
"Il est cependant remarquable que bien des illustrations des manuels de CE que nous avons pu citer ont un caractère davantage descriptif que narratif. Même l’illustration de la bataille de Gergovie, dans le Ozouf-Leterrier (III. 7), donne lieu à une comparaison entre les armées romaine et gauloise."
La vie quotidienne, les techniques de culture et les moyens de transport, tout cela et bien d’autres faits de civilisation occupaient les réflexions des élèves, alors même que les programmes ne le réclamaient pas.
Il reste qu’un bon nombre de manuels de l’époque incluaient des images purement narratives, de l’ordre des images d’Épinal, souvent inspirées des précédents picturaux de la peinture académique de la fin du XIXe siècle. On retrouve ainsi, par exemple, la reddition de Vercingétorix, le baiser de Rollon, et toutes sortes de scènes moins détaillées, centrées sur un personnage historique en action, et beaucoup moins adaptées à un travail d’observation. Simples illustrations qui rendent visible un événement qui aurait pu être simplement évoqué par écrit, elles encourent le risque d’être aperçues distraitement, comme la confirmation d’une information déjà donnée par ailleurs. Au mieux, et ce n’est pas négligeable, elles facilitent la mémorisation, parfois à long terme, par le caractère frappant de l’image. Notre hypothèse est que c’est ce type d’illustrations qui a cristallisé les critiques contre l’enseignement de l’histoire de la première moitié du XXe siècle. C’est que la simplification )historiographique due à des objectifs d’unification nationale correspond de manière très convaincante à la simplification iconographique de telles images." (page 17)

23 décembre 2012

Ecrire, analyser au CE1 (Muriel Strupiechonski, GRIP)


Un manuel d'étude de la langue (grammaire, orthographe grammatical, conjugaison, orthographe d'usage) progressif, cohérent et exigeant.  

Muriel Strupiechonski - Didier Glad
Livre de l'élève - 208 pages - Format 17 x 26

Documents mis à disposition : 
Leçons du livre Écrire Analyser CE1:
Grammaire :
Orthographe grammaticale :
Conjugaison :
Orthographe d'usage :
Textes (entiers) d'introduction des leçons de grammaire de la page 10 à 21 >>>
Textes (entiers) d'introduction des leçons de grammaire de la page 24 à 62 >>>
Informations non contractuelles susceptibles de subir des modifications

Prix unitaire: 13 € 80
 Commander en ligne >>>

Catalogue 2012-2013 à lire >>>


AVANT-PROPOS


À son entrée à l'école primaire, l'enfant emploie spontanément la plupart des formes et structures grammaticales de sa langue maternelle. Dans les classes élémentaires, il apprend progressivement à reconnaître, à connaître et à utiliser les règles élémentaires de la construction des phrases et à écrire correctement. Ainsi s'approprie-t-il sa langue.

En grande section de maternelle et au CP, le temps scolaire est en partie consacré à des exercices oraux réguliers de distinction, de classement et de comparaison préparatoires à l'écriture-­lecture. (voir ici).

Au CE1, la leçon de grammaire a pour ambition de permettre à l'élève, de plus en plus capable d'écrire, d'identifier le verbe, son sujet, de reconnaître son complément, de distinguer l'article, l'adjectif et le nom, de différencier nature et fonction des mots, de maîtriser les premières conjugaisons, de commencer à assimiler les règles de l'orthographe grammaticale et de l'orthographe d'usage.

Introduite progressivement depuis le CP, la nomenclature n'est pas un but en elle-même mais une aide, avec l'analogie, pour classer et définir les rapports essentiels entre les différents éléments constitutifs de la phrase. Adaptée aux élèves des classes élémentaires, elle s'en tient aux catégories les plus simples. Pour cette raison, et conformément à l'usage, on préfère le terme d'article à celui, confus, de déterminant.

Cette démarche offre le double avantage d'alléger le travail de mémoire et de fortifier l'intelligence en tant que cette dernière permet à la fois de lier ce qui se ressemble sous certains rapports et de délier ce qui se distingue sous d'autres rapports.

Au regard de la méthode, cet ouvrage, construit selon des progressions conformes aux programmes du GRIP (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes) et mises à l'épreuve dans les classes SLECC, invite à suivre, pour chaque leçon, une démarche inductive : «L'exemple doit précéder la règle que l'enfant est appelé à découvrir lui-même et non venir la confirmer, l'illustrer en quelque sorte, après qu'elle a été énoncée comme un axiome. »
« Comment faire une leçon de grammaire », Madame Troufleau, Revue pédagogique, 1904, tome. I, p. 223. 

Chaque leçon commence par l'observation, toujours conduite par le maître, d'un fait de la langue écrite dégagé de préférence d'un texte d'auteur : la différence qualitative entre langage oral et langage écrit doit toujours être clairement marquée. L'énoncé de la règle vient ensuite, suivi d'exercices oraux puis écrits, aussi répétés et variés qu'il est nécessaire à la compréhension de la leçon. Le travail d'analyse, charnière entre enseignement grammatical et expression, est conduit pas à pas et constitue l'aboutissement de cette démarche : « Toute l'étude de la grammaire doit mener à l'ana et c'est par l'analyse que l'étude des formes et des fonctions prend son sens. Car il s'agit, en définitive, de comprendre les phrases et de les construire. C'est par l'analyse que se fait la liaison entre l'enseignement grammatical, qui est préparatoire, et la lecture et l'expression, qui sont les véritables buts de l'étude de la langue. Lire et écrire correctement et avec précision suppose toujours une analyse plus ou moins consciente. » (J. Leif, R. Dezaly, Pédagogie spéciale, Delagrave, 1959).

Articulé en quatre parties : grammaire, orthographe grammaticale, conjugaison, orthographe lexicale, ce manuel permet à chaque professeur des écoles, en fonction de sa classe, de programmer, de manière souple mais structurée, trente semaines d'enseignement de la langue française. 

LES AUTEURS






PROPOSITION DE PROGRESSION

Quand l'approche de l'écriture-lecture a été entreprise dès la grande section, les élèves entrant au CE1 ont acquis les correspondances régulières entre lettres et sons. De nombreux exercices d'analyse intuitive les ont aussi conduits à repérer un certain nombre d'accords, de désinences nominales et verbales. La progression proposée prend en compte tous ces acquis. Le travail est toutefois accessible à des élèves les maîtrisant mal - l'expérience le prouve - au prix de quelques aménagements.

Quelques notions, ne figurant pas dans les programmes du GRIP mais présentes dans les programmes 2008, ont été retenues par les auteurs du manuel dans la mesure où elles ne dérogent pas aux principes généraux énoncés dans l'avant-propos. Ainsi l'étude de verbes du troisième groupe en fin d'année scolaire ne perturbe pas la progressivité de l'apprentissage des formes régulières. Celle du cas particulier de l'adverbe « adjoint du verbe » donne corps à l'idée abstraite de « mots invariables » sans surcharger outre mesure la nomenclature. La répartition sur 30 semaines, pour une année scolaire de 36 semaines, permet, outre le temps imparti aux contrôles et aux révisions, d'opter pour un rythme moins soutenu que celui proposé, notamment en début d'année.

Ce livre n'est pas construit comme un « livre unique » de français : la lecture et la rédaction, véritables buts de toute étude de la langue, n'y sont pas intégrées. Mais, grâce au choix de textes d'introduction riches et variés, l'enseignant y trouvera la possibilité de relier l'étude systématique de la grammaire et de l'orthographe à d'autres domaines : littérature, poésie, expression orale, leçons de choses... la rigueur de la progressivité proposée autorise la libre adaptation pédagogique de ses développements.

La cohérence et la justesse de la pensée nécessitent une bonne maîtrise de la syntaxe et des mots précis : la grammaire et le vocabulaire sont les deux grandes composantes de l'étude de la langue. La première s'adresse à l'intelligence conceptuelle, la seconde à la mémoire. Ces domaines ne sont pas limités par une frontière rigide mais leur enseignement demande un équilibre et des allers-retours constants entre les deux.

La partie « grammaire » constitue la colonne vertébrale de la progression, c'est elle dont dépend la cohérence du manuel et, mise à part la leçon sur l'adverbe, il est déconseillé d'en modifier l'ordre.

S'il est peu probable, comme l'ont imaginé certains, de développer le vocabulaire par des « leçons de mots » isolées de tout autre contenu d'apprentissage (lecture, calcul, géométrie, sciences, géographie, histoire, travail manuel...) il est nécessaire de répertorier et de mémoriser les régularités orthographiques qui permettront à l'enfant de trouver des repères dans le vaste univers des mots. C'est le but de la partie « orthographe d'usage » qui ne se réduit pas à un simple catalogue de règles et d'exceptions mais qui propose de véritables leçons d'observation dirigée de la langue. Cette rubrique, reprise en grande partie au CE2 (voire au CM), pourra être l'objet d'allègements.

« Orthographe grammaticale » et « conjugaison » sont deux domaines intermédiaires dans lesquels sont mobilisées à la fois la mémoire des formes écrites et l'intelligence des rapports entre les mots. Les accords et les conjugaisons régulières relèvent de la grammaire, mais dès qu'on entre dans le domaine des irrégularités on se trouve confronté à des questions de vocabulaire. Au CE1, l'accent sera mis sur la régularité du système.

La répartition en quatre leçons hebdomadaires tient compte de l'équilibre et des interactions nécessaires entre ces formes de travail. Elle ne constitue pas une grille rigide et immuable mais nous conseillons à ceux qui souhaitent la modifier de tenir compte de ces considérations.

Semaine sans orthographe grammaticale


LUNDI
MARDI
JEUDI
VENDREDI
45 min
Grammaire
(leçon)
Grammaire
(exercices)
Conjugaison
(leçon)
Conjugaison
(exercices)
20 min
Orthographe
usage
(leçon 1)
Orthographe
usage
(exercices 1)
Orthographe
usage
(leçon 2)
Orthographe
usage
(exercices 2)

Semaine avec orthographe grammaticale


LUNDI
MARDI
JEUDI
VENDREDI
45 min
Grammaire
(leçon)
Grammaire
(exercices)
Conjugaison
(leçon)
Conjugaison
(exercices)
20 min
Orthographe
usage
(leçon)
Orthographe
grammaticale
1  (leçon)
Orthographe
usage
(exercices)
Orthographe
grammaticale
(exercices)


nouvelle couverture du manuel




Illustrations de Bourriquet :
source : http://www.neoprofs.org/t55086p100-projet-slecc-nouvelle-formule



2 février 2012

Nouveau site du GRIP

    Le Grip (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les programmes) est une association regroupant des professeurs de toutes les disciplines et de tous les niveaux de la maternelle à l'université, ainsi que des personnes désireuses de renouveler l'école.

Le GRIP a pour objectif de proposer des programmes de connaissances rigoureusement axés sur les disciplines et fixés par niveau, ainsi que des progressions soignées pensées pour faire accéder tous les enfants au niveau de connaissances élevées fixé par le programme pour chaque classe permettant de quitter l'école (disons à la fin de la 5ème) en étant capables d'apprendre par eux-mêmes ensuite.

A partir de là, tout découle quasi naturellement : formation des maîtres, manuels des élèves et guides du maîtres, etc. 

Pour plus de précisions, le site du Grip: www.instruire.fr


source de l'image : http://blog.france3.fr/eric-poindron/category/biblionomadie/

1 novembre 2011

L'école maternelle, par Catherine Huby (GRIP)

Maternelles

Blog Bonnet d'âne, le 9 décembre 2007

Le Monde du 6 décembre rend compte du rapport remis par Alain Bentolila à Xavier Darcos sur les Maternelles. Bien sûr, on peut toujours s'interroger sur la compétence d'un linguiste universitaire sur la question — disons que sa prestation sur Gafi, le manuel de lecture qui a formé/déformé tant d'enfants, lui sert de carte de visite — ainsi que certaines remarques récentes sur le nécessaire apprentissage de "mots nouveaux" chaque jour en classe — dois-je croire que tous les instits n'en avaient pas ressenti la nécessité, et depuis quelques lustres ?
"Pour schématiser, dit Bentolila, les deux premières années [de Maternelle] on fait la classe au fil de l'eau, avec des activités qui n'ont pas de réels liens entre elles et sans objectifs clairement définis. En grande section, soit on continue sur ce modèle, soit on met les bouchées doubles."
Et de s'attirer les foudres immédiates d'une inspectrice générale, Viviane Bouysse, affirmant que "rien ne justifie qu'on fasse trop tôt et mal des apprentissages qui ne relèvent pas des écoles maternelles — déclaration faite à l'occasion d'un colloque organisé le 27 novembre à Paris par le SNUIPP-FSU, à qui nous devons depuis si longtemps tant de prises de positions pédagogiquement avantgardistes…

Je ne suis pas spécialiste des Maternelles, ni du Primaire en général, et je me garderai bien de donner mon son de cloche — parce que "cloche" serait, en l'occurrence, le terme vraiment adéquat.
Mais comme les bloggueurs/bloggueuses ici présent(e)s ont du talent, j'ai demandé à l'une d'entre elles, qui s'y connaît assurément, de bien vouloir mettre par écrit quelques propositions pour la Maternelle.
Merci à Catherine B-H***, plus connue sous le pseudonyme de Catmano. Ces "propositions" étaient destinées à mon prochain livre : je les soumets ici à l'appréciation de toutes et de tous — cela vaut mieux qu'un discours creux appelant à "définir des programmes clairs et établir une vraie progression des apprentissages de la petite à la grande section."
Alain, mon ami, voici ton programme.

Jean-Paul Brighelli


Propositions :

1) Orientation générale :
• L’école maternelle a pour but de donner aux enfants de deux à six ans les soins que réclame leur développement physique, intellectuel et moral et de les préparer à recevoir les enseignements prévus dans les programmes de l’école élémentaire.
• C’est un établissement d’enseignement qui est chargé de former le passage de la famille ou du mode de garde choisi par celle-ci à l’école élémentaire. Elle initie au travail et à la régularité de l’école tout en conservant un mode de fonctionnement et des programmes compatibles avec le jeune âge de ses élèves.
• En conséquence, les instituteurs devront se préoccuper de permettre à leurs élèves d’accéder à l’école élémentaire en pleine possession de leurs facultés motrices et intellectuelles et capables de mobiliser ces compétences au sein d’activités dirigées.
• Comme on ne se propose pas dans les écoles maternelles de former ou d’exercer une capacité au détriment des autres, mais de les développer toutes harmonieusement, il ne peut être question de préconiser aucune méthode basée sur un système exclusif et artificiel. Les instituteurs s’appliqueront au contraire à former, à l’aide des différentes méthodes qu’il aura eu l’occasion de se voir développer au cours de sa formation, tous les exercices qui répondront aux besoins du petit enfant et qui mettront en jeu toutes ses facultés.
• Les exercices qu’elle proposera seront variés : la découverte du monde, le langage, le chant, les premiers essais d’arts visuels, de lecture, de calcul, de récitation partageront le temps avec les exercices corporels et les jeux sensoriels de toute sorte. On appliquera une méthode essentiellement naturelle, familière, toujours ouverte aux découvertes scientifiques, toujours susceptible de se compléter et de se réformer dans le sens d’une meilleure intégration des élèves à la suite de leur scolarité. Des entrevues entre enseignants de maternelle et des premières classes du primaire seront organisées afin que méthodes et contenus des deux écoles soient harmonisées.
• Sachant à quel point à cet âge, tout acquis est fragile et sujet à fluctuations, et combien les progrès dans un domaine mobilisent temporairement l’attention de l’enfant, allant parfois jusqu’à provoquer des régressions dans les autres domaines, l’évaluation des progrès de l’enfant restera globale. L’instituteur s’attachera à solliciter ses élèves dans tous les domaines, sans fatigue, sans trop de contraintes, sans excès d’application. Il veillera à leur donner toutes les aides et toutes les informations nécessaires pour que leur intérêt, leur joie d’apprendre, leur goût du travail et de l’effort ne s’altèrent pas.

(Voir aussi Lecture en Grande section, par Catherine Huby)
(Voir aussi L'éducation maternelle dans l'école (1886) , par Pauline Kergomard)

2) Proposition de programmes par année scolaire :

• Petite Section (enfants de deux à quatre ans) :

a) Vivre ensemble :
Les enfants, encore très jeunes, ne pouvant encore profiter de l’expérience commune et ayant beaucoup de difficultés à se décentrer de leur expérience personnelle, il sera vain à cet âge de provoquer des débats visant à faire émerger des règles de vie collectives. C’est à l’adulte (PE et ATSEM) de leur faire prendre des habitudes compatibles avec la vie en société. Celui-ci s’attachera à ne tolérer aucun acte qui pourrait s’apparenter à de la violence et encouragera la prise en compte des autres enfants comme des égaux ayant droit aux mêmes égards que l’enfant lui-même.
- Causeries très simples, mêlées à tous les exercices de la classe et de la récréation, dès les premiers jours de classe, lors de chaque activité, puis en cours d’année, lors de chaque problème, le plus souvent adressé à un enfant ou un petit groupe d’enfants en particulier
- Suivi tout particulier à l’égard des enfants n’ayant pas encore intégré les premières règles de la vie en collectivité, en les aidant, grâce aux capacités d’anticipation de l’adulte, à gérer leur individualité au sein d’un groupe dans le respect du bien-être de chacun

b) Langage :
La disparité des capacités langagières des élèves de cette section pourra décontenancer l’instituteur et le conduire à considérer que tel ou tel enfant n’a pas encore sa place dans une structure de type « scolaire ». Il devra néanmoins se rappeler que les enfants de moins de quatre ans progressent selon des rythmes personnels très divers et qu’il peut s’attendre tout au long de l’année (ou des deux années) à voir progresser à pas de géants tel enfant qui stagnait depuis des semaines et s’arrêter ou même régresser tel autre qui est en train d’investir un autre domaine de compétence. Son rôle sera donc de proposer à tous un langage et des domaines d’exploration riches et variés.
- Exercices de prononciation, comptines, formulettes. L’enseignant aura reçu au cours de sa formation toutes les informations nécessaires sur l’appareil phonatoire et sera capable de distinguer facilement les troubles qui relèvent de sa compétence et ceux qui devront nécessairement être confiés à un personnel plus qualifié (rééducateur, orthophoniste)
- Exercices en vue d’augmenter le vocabulaire de l’enfant (voir découverte du monde) ; premiers exercices de mémorisation : chants, comptines, récits et contes lus ou racontés quotidiennement ; questions et réponses

c) Découverte du monde (leçons de choses, connaissance des objets usuels, premières notions d’histoire, de géographie)
Ces exercices, nombreux et variés, partiront toujours d’objets mis sous les yeux et dans les mains des enfants. Ils donneront lieu à des causeries à bâtons rompus où l’instituteur s’attachera à solliciter l’intérêt et la participation de chacun, évitant au maximum le monopole de la parole par les enfants les plus à l’aise. Au besoin, il constituera dans sa classe des groupes de niveau et confiera provisoirement l’un des groupes à l’ATSEM qui mènera alors une activité de jeu qu’il aura programmée lui-même afin de pouvoir travailler au plus près des besoins de ses élèves (dans les écoles à plusieurs classes, ces moments de langage autour d’un phénomène à découvrir pourront faire l’objet d’une programmation commune et les enfants seront alors répartis pour ce moment en groupes de besoins).
On traitera au cours de l’année scolaire les points suivants (ces notions seront reprises et élargies en Moyenne Section) :
- Nom des principales parties du corps humain ; des principaux animaux sauvages et domestiques ; des plantes servant à l’alimentation ou les plus visibles pour l’enfant (arbres de la cour, de la rue, fleurs familières, etc.)
- Nom et usage des objets qui sont sous les yeux de l’enfant (objets servant au vêtement, à l’habitation, à l’alimentation, au travail scolaire)
- Étude des couleurs et des formes par des jeux
- Notions de jour et de nuit
- Âge de l’enfant, anniversaires, la fratrie, la famille
- Le chaud, le froid, la pluie, le beau temps, la neige, la glace
- Éducation sensorielle : discerner des couleurs, des formes, des longueurs, des sons, des odeurs, des saveurs
- Demeure et adresse de l’enfant, nom de la commune, situation relative des différentes parties de l’école, petits exercices sur la distance (moins loin, plus loin)

d) Dessin, lecture, écriture, exercices manuels

Les exercices prématurés de lecture ou d’écriture risquant de provoquer chez les élèves les plus fragiles un dégoût durable, l’enseignant restera très modeste dans ce domaine jusqu’à la fin de la Petite Section. Son travail dans ce domaine se bornera donc à faire découvrir et apprécier les livres et ce qu’ils contiennent à ses petits élèves. Les prénoms inscrits sur les casiers, cahiers ou classeurs ainsi que sur le porte-manteau de chacun ne donneront lieu à aucun exercice de reconnaissance ou de copie. Ils seront là uniquement pour la commodité des usagers -lecteurs (adultes de l’école, parents).
- Les activités de dessin seront quotidiennes et on encouragera chaque enfant à « raconter son dessin » au maître qui transcrira ses paroles sur la feuille du dessin. Ces dessins seront collectés dans un cahier ou un classeur qui suivra l’enfant tout au long de l’année scolaire. Les capacités motrices fines de cet âge étant encore très limitées, on ne proposera pas à l’enfant de copie de modèle, de thème de travail, d’exercices de graphisme.
En revanche, de nombreuses activités manuelles seront programmées chaque jour : peinture, modelage, déchiquetage puis découpage, collage ou enfilage de petits éléments. Ces activités, très libres, ne viseront pas à obtenir un contenu esthétique souvent plus valorisant pour l’enseignant que pour l’enfant lui-même ou l’acquisition de techniques d’arts visuels issues de l’art contemporain et plaquées sur un projet conçu par des adultes pour des adultes. Elles seront proposées à l’enfant uniquement dans le but d’exercer sa motricité fine, de découvrir et d’entraîner sa discrimination visuelle, de l’encourager à mener à bien une tâche simple. L’enseignant se bornera donc à offrir un matériel riche et varié, à installer un goût de bien faire et quelques petites habitudes de soin, d’effort et de précision.
- Le maître donnera quotidiennement à voir à ses élèves un comportement de lecteur et scripteur expert. Il écrira sur les dessins produits un texte grammaticalement correct et encouragera chaque progrès de l’enfant en valorisant toute production graphique nouvelle (petits ronds, pointillés, hachures, etc.) et toute représentation du réel plus conforme à la réalité que les précédentes (bonhomme, animal, véhicule, objets, etc.)
- Chaque jour, il regroupera ses élèves autour d’un livre pour enfants. Il commencera par des imagiers très simples de façon à ne pas écarter dès le départ ceux de ses élèves qui n’ont eu hors de l’école aucun contact avec les livres. Petit à petit, tout au long des deux années de la Petite Section, il proposera des livres plus longs, aux textes plus fournis, en prenant garde toutefois de cibler tous ses élèves. Sa lecture sera interrompue de nombreuses questions, il donnera à voir les détails de l’image, se fera expliquer chaque phrase, reformulera en français plus élaboré les essais de langage de ses tout-petits.
- Les élèves étant encore trop jeunes, il n’essaiera pas de les faire écrire. Tout au plus pourra-t-il proposer à chaque enfant de reproduire un graphisme déjà produit et il les encouragera à automatiser le geste qui leur a permis ce graphisme. En revanche, il travaillera les compétences à la copie de modèles orientés grâce à des jeux à base de petit matériel (bâtonnets, jetons, cerceaux, balles, etc.)
e) Calcul
Les exercices proposés feront systématiquement appel au jeu et ne feront l’objet d’aucune évaluation. Les chiffres ne seront pas proposés à la copie et le maître s’attachera à ce que l’enfant considère à la fois le nombre sous son aspect cardinal et ordinal.
- Le nombre : quantités de 1 à 5, ajouts, retraits, partages. Associer chiffre, collection concrète, doigts de la main.
- La comptine numérique : de 1 à 5, premier, deuxième, troisième, dernier.
f) Musique
L’instituteur aura, au cours de sa formation, reçu une instruction complète sur les capacités vocales et rythmiques d’un enfant de deux à onze ans. Il sera donc capable de concevoir un répertoire adapté à la tessiture et aux capacités d’articulation et de vitesse d’élocution de ses élèves. Il s’attachera à ce que tous ses élèves participent, allégeant au besoin ses ambitions. Les musiques proposées à l’écoute et à l’expression corporelle seront choisies de la même façon et respecteront une progression élaborée allant du simple au complexe.
- Comptines et chants du répertoire traditionnel ou contemporain, jeux de nourrice.
- Exercices portant sur le rythme (rythme corporel, rythme frappé, petites percussions)
- Exercices d’écoute en lien avec la progression d’EPS (expression corporelle)
g) Education motrice
Selon le milieu familial, l’enfant de deux à trois ans qui entre à l’école maternelle a ou n’a pas eu l’occasion d’exercer sa motricité large et fine. L’instituteur devra en tenir compte et proposer à tous ses élèves une progression qui leur permettra de progresser et de s’approcher de la norme. Il aura pour cela reçu au cours de sa formation tous les éléments nécessaires à une bonne connaissance des capacités physiques et motrices de l’enfant. On s’attachera à ce que es actions, d’abord libres et menées par le simple désir d’agir soient de plus en plus voulues et organisées, graduellement plus élaborées et articulées entre elles.
- Jeux libres avec ou sans matériel (balles, ballons, cerceaux, anneaux, rubans, etc.), premières copies du jeu de l’enseignant ou d’un camarade (lancer et rattraper, faire rouler, rebondir, etc.)
- Expression corporelle, rondes, jeux dansés (voir Musique)
- Évolutions (marche, course, saut, ramper, grimper, quadrupédie, etc.) avec ou sans obstacles
- Exercices d’équilibre (rouler, glisser, évoluer sur la poutre, etc.)

• Moyenne Section (enfants de quatre à cinq ans) :

a) Vivre ensemble :

La plupart des enfants ayant déjà fréquenté l’école maternelle pendant une à deux années scolaires devront avoir intégré les habitudes d’une vie en collectivité harmonieuse. Il se pourra néanmoins que l’instituteur ait besoin de reprendre les programmes et méthodes de la classe de Petite Section pour permettre à chacun de progresser dans sa compréhension des règles de vie.
- Certains contes, chants et poèmes du répertoire traditionnel ou contemporain seront lus et commentés afin de faire émerger l’universalité des règles de vie appliquées à l’école. Ils seront suivis de questions propres à en faire ressortir le sens et à vérifier si les enfants l’ont compris
- Les causeries, très individualisées en Petite Section, deviendront plus collectives. On commencera à habituer les enfants à en référer à l’adulte lors des conflits afin que l’harmonie règne et que chacun se sente en sécurité au sein de règles communes applicables à tous

b) Langage :
Certains troubles de prononciation peuvent persister tout au long de la classe de Moyenne Section. Les enseignants, formés à détecter et traiter les plus simples de ces troubles, mettront tout en œuvre pour que ces difficultés cèdent avant l’arrivée en Grande Section. Toutes les facilités lui seront données pour le signalement des cas plus lourds et il aura à sa disposition une procédure simple pour encourager la famille à prendre en charge le traitement rapidement. La classe des Moyens est la classe idéale pour ouvrir l’ouïe de chaque enfant et le préparer à une articulation correcte et précise qui facilitera grandement les premières bases de l’apprentissage de la lecture alphabétique.
- Exercices de prononciation, d’écoute fine. Premiers exercices progressifs de conscience phonémique (oral uniquement)
- Enrichissement « exponentiel » du vocabulaire : toutes les activités de la classe engageront l’enfant à apprendre chaque jour des mots nouveaux et à les réinvestir régulièrement
- Récitation de chants, de comptines, de poèmes
- Lecture de contes, récits, documentaires par le maître. Celui-ci s’attachera à encourager l’écoute, la reformulation, l’anticipation des enfants. Le répertoire sera riche et varié et les méthodes employées viseront à ne jamais laisser l’intérêt de l’enfant s’étioler et à ne pas lui demander de s’intéresser à une éventuelle compétence de lecteur expert (lecture de mots, de phrases, production d’écrits personnels)
- Entraînement régulier à la dictée à l’adulte lors des activités quotidiennes de dessin (libre, résumant un conte lu en classe, le déroulement d’un événement vécu par l’enfant), le maître s’attachera tout particulièrement lors de cette activité à proposer à l’enfant un modèle de langage oral élaboré et n’hésitera pas à modifier la forme des propos dictés en lui expliquant les manques de ses propos (négations, utilisation des temps et modes de conjugaison, connexions logiques, adjonctions de compléments circonstanciels, structure du récit). Cette dictée à l’adulte ne fera en aucun cas appel à une éventuelle reformulation de l’écrit par l’enfant qui risquerait alors de prendre sa récitation pour de la lecture.
c) Découverte du monde (leçons de choses, connaissance des objets usuels, premières notions d’histoire, de géographie)
Le travail entrepris en Petite Section sera repris et complété, toujours à partir d’objets réels. Si le besoin s’en fait sentir, les groupes de besoin seront à nouveau constitués, les membres du RASED pouvant au besoin compléter les enseignants de l’école pour les cas les plus difficiles.
On ajoutera aux exercices vus en Petite Section et repris pour approfondissements en Moyenne Section :
- Observations sur la durée (heure, jour, semaine)
- Le nom du jour, de la veille et du lendemain
- Observations sur la saison, ses travaux, ses productions
- Éducation sensorielle : comparer des couleurs, faire discerner et comparer des nuances, des masses, des températures, des textures
- La terre et l’eau
- Le soleil : sa course apparente dans le ciel, le levant et le couchant
d) Dessin, lecture, écriture, exercices manuels
C’est bien sûr par le dessin que l’élève de Moyenne Section pourra continuer à s’exprimer. L’agilité manuelle des enfants permettra maintenant au maître de programmer les premiers exercices de graphisme préparatoire à l’écriture liée. Certains élèves, plus âgés ou plus précoces que leurs camarades, commenceront au cours de l’année à s’intéresser aux lettres et aux symboles en général. Cet intérêt ne sera surtout pas découragé, en revanche, on n’exigera pas que l’ensemble des élèves l’éprouve. L’essentiel de la préparation à la lecture se situera au niveau de la prononciation, de l’écoute pour aboutir au mieux à la conscience phonémique.
- Les activités de dessin seront quotidiennes et on encouragera chaque enfant à « raconter son dessin » au maître qui transcrira ses paroles sur la feuille du dessin. Ces dessins seront collectés dans un cahier ou un classeur qui suivra l’enfant tout au long de l’année scolaire. Selon les capacités motrices de ses élèves, le maître les encouragera à enrichir leurs productions, à établir des liens entre les différents éléments, à organiser l’espace de leur feuille de manière de plus en plus conventionnelle ; c’est par ces dessins, encore le plus souvent libres, qu’il pourra évaluer sans contrôle formel les acquis au niveau de l’organisation de l’espace, du schéma corporel, l’aisance psychomotrice et, lors de la dictée à l’adulte, la richesse du vocabulaire et la conformité syntaxique du discours. Les premiers dessins d’observation (leçons de choses) et de comptes-rendus (résumés de contes, d’activités) seront demandés aux élèves au cours de l’année scolaire. Les dictées à l’adulte pourront alors devenir collectives (groupe-classe ou petits groupes de besoins).
- Les activités manuelles resteront encore l’un des points centraux de la journée de classe. Aux activités prévues en Petite Section, on ajoutera toute activité nécessitant une motricité fine déliée et une précision accrue (laçages, couture, tissages, etc.). La copie de modèle sera évitée au maximum, le soin, la précision et l’effort pour mener à terme son travail seront encouragés.
- Des exercices progressifs de graphisme préparatoire à l’écriture liée seront mis à l’emploi du temps quotidien. L’instituteur s’attachera à construire une progression réaliste et exigeante, il pourra s’aider de manuels dont il suivra alors rigoureusement la progression.
- Dans la deuxième moitié de l’année scolaire, si tous les élèves ont commencé à marquer de l’intérêt pour les symboles, les chiffres, les lettres, l’instituteur pourra mettre en place une progression visant à apprendre à tous ses élèves le nom des lettres de l’alphabet, les minuscules scriptes et cursives seront privilégiées, on ne demandera pas à l’élève de lire ou de copier des mots entiers. Ces exercices resteront ludiques et ne feront pas l’objet d’une évaluation.
e) Calcul
Les exercices proposés feront systématiquement appel au jeu et ne feront l’objet d’aucune évaluation formelle. Les chiffres ne seront pas écrits et le maître s’attachera à ce que l’enfant considère à la fois le nombre sous son aspect cardinal et ordinal.
- Le nombre : quantités de 1 à 10, ajouts, retraits, partages, la moitié, comparaisons, égalité.
- La comptine numérique : de 1 à 10, premier, deuxième... dixième. Avant, après.
f) Musique
L’instituteur aura, au cours de sa formation, reçu une instruction complète sur les capacités vocales et rythmiques d’un enfant de deux à onze ans. Il sera donc capable de concevoir un répertoire adapté à la tessiture et aux capacités d’articulation et de vitesse d’élocution de ses élèves. Il s’attachera à ce que tous ses élèves participent, allégeant au besoin ses ambitions. Les musiques proposées à l’écoute et à l’expression corporelle seront choisies de la même façon et respecteront une progression élaborée allant du simple au complexe.
- Comptines et chants du répertoire traditionnel ou contemporain, jeux de nourrice.
- Exercices portant sur le rythme (rythme corporel, rythme frappé, petites percussions), la pulsation (vite / lent)
- Exercices d’écoute en lien avec la progression d’EPS (expression corporelle)
- Exercices et jeux d’écoute : grave, aigu ; découvrir quelques instruments, en étudier les caractéristiques, en reconnaître le son, trier (cordes, vent, percussion).

g) Education motrice
Le maître encouragera les élèves qui n’auraient pas fréquenté la Petite Section à participer aux activités motrices pour lesquelles il aurait de l’appréhension. Le travail moteur s’organise de plus en plus et commence à devenir collectif.
- Jeux organisés avec ou sans matériel (balles, ballons, cerceaux, anneaux, rubans, etc.), premiers jeux à règle.
- Expression corporelle, rondes, jeux dansés (voir Musique)
- Évolutions (marche, course, saut, ramper, grimper, quadrupédie, etc.) avec ou sans obstacles, évolutions dans un milieu moins familier (pleine nature, piscine, mur d’escalade, neige, etc.)
- Exercices d’équilibre (rouler, glisser, évoluer sur la poutre, etc.)

• Grande Section (enfants de cinq à six ans) :

a) Vivre ensemble :
Les enfants doivent avoir intégrer l’ensemble des règles qui régissent la vie de l’école ainsi que les valeurs en usage dans notre société.
- Les contes, chants et poèmes utilisés en Moyenne Section seront repris et complétés par d’autres visant à faire acquérir à chacun les droits et les devoirs d’un élève scolarisé
- Les causeries collectives auront pour origine non plus la vie quotidienne de la classe, mais plutôt des principes généraux. L’instituteur veillera à rester dans le strict cadre de la laïcité et le respect des valeurs familiales. Il gardera présent à l’esprit les mots de Jules Ferry (lettre aux instituteurs, 17/11/1883) : « ...avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d'action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l'enfant. »

b) Langage :
Les exercices de langage oral seront combinés aux premiers exercices de langage écrit (lecture, écriture). Les exercices oraux proposés règleront d’eux-mêmes les dernières difficultés de prononciation des élèves. Les recours aux structures spécialisées (rééducateurs, orthophonistes) seront à nouveau facilités afin de garantir à tous les enfants un démarrage de l’école élémentaire efficace.
- Exercices oraux : questions très familières ayant pour objet d’apprendre aux enfants à s’exprimer nettement. Exercices progressifs portant sur la phrase, le mot, la syllabe, le phonème.
- Mémoire : récitation de poèmes, comptines, chants et formulettes.
- Lecture de contes, récits et documentaires par le maître : poursuite du travail entrepris en Moyenne Section. La production d’écrits personnelle ne relevant pas des compétences orthographiques d’un enfant de cinq à six ans, le maître continuera à ne demander à l’enfant que ce dont il est capable : produire à l’oral ou par le dessin un résumé d’un épisode ou une hypothèse sur la suite de l’aventure. Cet oral, remanié au besoin par le maître, sera transcrit en regard du dessin et relu à l’enfant. Au cours de l’année scolaire, l’enseignant pourra montrer à l’enfant les mots qu’il sait déchiffrer seul et l’encourager à lire le texte produit à deux voix
- Dictée à l’adulte : le maître encouragera ses élèves à produire seuls ou en groupe de nombreux textes oraux qu’il retranscrira pour eux à l’écrit. Comme en Moyenne Section, il attachera ses efforts à faire acquérir à ses élèves un langage oral élaboré et correct syntaxiquement. Ces exercices donneront lieu aux premières leçons orales de grammaire (le nom, l’adjectif qualificatif, le verbe, utiliser les pronoms, enrichir la phrase par des compléments, conjuguer correctement à l’oral, distinguer le présent, le futur, le passé) et aux premiers essais de déchiffrage dès que les élèves en sont capables
c) Découverte du monde (leçons de choses, connaissance des objets usuels, premières notions d’histoire, de géographie)
On continuera à enrichir les connaissances de l’élève selon le principe proposé pour les élèves plus jeunes. On pourra ajouter à l’observation du réel des documents (livres pour enfants, documentaires audiovisuels) toujours adaptés à leur âge et sollicitant leur intérêt. On s’efforcera de combiner toutes les fois qu’on le pourra, en les rattachant à un même objet, la leçon de choses, le dessin, les éléments d’éducation civique et morale (vivre ensemble), les jeux et les chants, de manière que l’unité d’impression de ces diverses formes d’enseignement laisse une trace plus durable dans l’esprit des élèves. On essaiera de régler autant que possible l’ordre des leçons par l’ordre des saisons, afin d’encourager l’élève à reprendre hors de la classe ses habitudes d’observation, de comparaison, de jugement.
Les exercices à proposer dépendront du lieu où l’enfant évolue (ville, campagne, région). A titre indicatif, on pourra consulter le programme suivant :
- Septembre : la rentrée des classes ; la fin de l’été, ses manifestations météorologiques ; les lieux de vacances (mer, montagne, campagne), le relief.
- Octobre : L’automne, fruits et légumes, arbres à feuillage caduque ou persistant
- Novembre : Les jours raccourcissent, l’éclairage, l’habillement
- Décembre : Le foyer, la famille, les fêtes. Les températures, le chauffage
- Janvier : la Nouvelle Année, mouvement de la Terre autour du Soleil. Vivre à la montagne.
- Février : Carnaval et les déguisements, l’habillement, le corps humain, l’hygiène alimentaire, taille et poids
- Mars : La maison, la construction, les principaux matériaux, les métiers. Les abeilles, la ruche.
- Avril : La végétation. Graines, racines, tiges, fleurs, etc. Les nids d’oiseaux, les insectes.
- Mai : L’eau, ruisseau, rivière, fleuve, mer, marée, la natation. La pêche, poissons d’eau douce ou de mer.
- Juin : Les fruits d’été. Éléments de météorologie : orage, grêle, vent, arc-en-ciel. Les voyages.

d) Dessin, lecture, écriture, exercices manuels
Le dessin et le langage oral resteront le mode d’expression individuelle dominant, les compétences des élèves en écriture ne leur permettant pas de s’exprimer par écrit. L’écriture liée sera enseignée, les premières bases de la lecture alphabétique seront posées. Si toutefois certains élèves s’essayaient à l’écriture personnelle de quelques mots, le maître réécrirait les mots en regard de la production de l’enfant, afin de lui en signaler l’orthographe normale.
- Les dessins libres cèderont peu à peu le pas aux dessins relatant un événement ou rendant compte d’une observation, sans toutefois être supprimés. La dictée à l’adulte deviendra de plus en plus collective, le maître s’attachant à ce que tous ses élèves participent à l’activité.
- Les exercices manuels que l’enfant maîtrise mieux maintenant feront l’objet d’une seule séance hebdomadaire plus longue. On pourra commencer à proposer des exemples tirés d’œuvres reconnues dont il ne sera pas demandé de copie. L’enseignant s’attachera à proposer systématiquement un atelier portant sur les volumes (modelage, collage, etc.) afin que l’élève commence à percevoir et représenter le monde en trois dimensions.
- Le maître concevra une progression qui mènera tous ses élèves à l’écriture liée normalisée. Il s’aidera au besoin d’un manuel dont il suivra rigoureusement la progression. En fin d’année, l’enfant sera capable de copier sur un cahier seyes agrandi ou à double interligne une phrase d’une dizaine de mots en respectant les caractéristiques de chaque lettre. L’étude des majuscules de l’écriture cursive ne fera pas l’objet d’un apprentissage.
- Au cours de l’année scolaire, par des exercices progressifs quotidiens, le maître amènera tous ses élèves à reconnaître les lettres de l’alphabet, à lire des syllabes simples (consonne + voyelle et voyelle + consonne) et à commencer à déchiffrer des mots composés de ces syllabes.
e) Calcul
Les exercices de calcul seront programmés quotidiennement sur l’emploi du temps. Le maître s’attachera à proposer des exercices portant sur des nombres concrets en respectant une progressivité stricte.
- Premiers éléments de la numération orale et écrite : lire et écrire les nombres jusqu’à 30, réciter la comptine jusqu’à 69, groupements par dix.
- Écrire les chiffres selon la norme. Désigner une collection par un nombre.
- Exercices d’ordre. Nombres ordinaux.
- Comparer des collections. Égalité.
- Calcul mental sur les dix premiers nombres : ajouter, retrancher, partager en deux, la moitié, donner 2 à chacun, le double.
- Comparer des longueurs, des sommes de monnaie, des capacités. Le centimètre, l’euro, le litre.
f) Musique
L’instituteur aura, au cours de sa formation, reçu une instruction complète sur les capacités vocales et rythmiques d’un enfant de deux à onze ans. Il sera donc capable de concevoir un répertoire adapté à la tessiture et aux capacités d’articulation et de vitesse d’élocution de ses élèves. Il s’attachera à ce que tous ses élèves participent, allégeant au besoin ses ambitions. Les musiques proposées à l’écoute et à l’expression corporelle seront choisies de la même façon et respecteront une progression élaborée allant du simple au complexe.
- Comptines et chants du répertoire traditionnel ou contemporain.
- Exercices portant sur le rythme et la pulsation (rythme corporel, rythme frappé, petites percussions)
- Exercices d’écoute en lien avec la progression d’EPS (expression corporelle)
- Exercices portant sur les caractéristiques du son (hauteur, durée, timbre, intensité), premier répertoire d’œuvres, d’instruments.

g) Education motrice

Le travail moteur est devenu collectif. L’enfant est encouragé à fournir un effort, adapter son action au milieu et au matériel, coopérer ou s’opposer au cours de jeux collectifs, organiser ses évolutions.
- Jeux avec ou sans matériel (balles, ballons, cerceaux, anneaux, rubans, etc.), jeux à règle
- Expression corporelle, premiers essais de chorégraphie collective, rondes, jeux dansés (voir Musique)
- Évolutions (marche, course, saut, ramper, grimper, quadrupédie, etc.) avec ou sans obstacles, mesurer son action, comparer ses résultats
- Exercices d’équilibre (rouler, glisser, évoluer sur la poutre, etc.), évoluer en milieu moins familier selon les possibilités locales (natation, ski, escalade, etc.).

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