Affichage des articles dont le libellé est Philosophie de l'éducation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philosophie de l'éducation. Afficher tous les articles

20 juillet 2011

Denis Kambouchner, Une école contre l'autre : Analyse de la pensée éducative de Philippe Meirieu

Avec une patience admirable, Denis Kambouchner a lu et décortiqué la pensée de Meirieu. Il en a démonté pièce par pièce tous les faux raisonnements en rétablissant ce que dicte le bon sens le plus élémentaire. Chaque argument de Meirieu, destiné normalement à être définitif, est retourné comme une peau de lapin et, très souvent, l’accent est mis sur la sottise, la méconnaissance profonde du métier ou tout simplement la mauvaise foi qui l’a inspiré.
Denis Kambouchner fait par ailleurs preuve d’une connaissance intime du métier d’enseignant, même au niveau du Primaire, ce qui n’est pas courant chez les professeurs du Secondaire et a fortiori du Supérieur. Devant tant de calme autorité - le livre est le contraire d’un pamphlet -, même les soutiens habituels de la pensée pédagogiste (les rédacteurs du Monde de l’Éducation, par exemple) ont dû reconnaître la valeur imparable de l’argumentation.
---------------------------------------------------------------------
Si vous voulez vous exercer à parler comme M. Philippe Meirieu, je vous conseille d'utiliser la pédagogie informatico-ludique.
Voici la présentation du jeu de « production écrite » se trouvant sur sauv.net (Sauver les Lettres) :
Trois heures du matin et plus que quatre heures pour terminer ce rapport pour avant-hier dernier délai, et accessoirement accéder à la hors-classe. Heureusement, le projet est bien avancé et il ne reste pratiquement plus que l'introduction et la conclusion à parachever, seules parties de l'ouvrage sûres d'être lues.
Mais voilà, l'inspiration a disparu avec les derniers rayons du soleil...
Heureusement, nous avons le remède : le Meirieutron. Son fonctionnement est simple : soit on sélectionne manuellement des bouts de phrase, soit on laisse le Meirieutron agir et on est bon pour l’IUFM.
---------------------------------------------------------------------
Plus sérieusement, je crois qu'il y a un ouvrage qui s'occupe spécifiquement de la philosophie de Philippe Meirieu (voir son site web et son forum), c'est Une école contre l'autre de Denis Kambouchner. 



Commentaire client : Les vrais raisons du malaise de l'école
VEZON Franck Ce livre est une analyse brillante et objective, des véritables raisons qui nourrissent le malaise scolaire tant au niveau des élèves que des enseignants. Son auteur a le courage d'affronter l'idéologie pédagogiste dominante aujourd'hui et dont l'épisode allègre n'était que la partie émergée. Une lecture enrichissante donc pour ne pas se laisser pièger par les discours démagogiques de ceux qui veulent faire "grandir" nos enfants sans mettre le savoir à sa vraie place, c'est-à-dire, au centre...
------------------------------------------------------
Sur le site Formapex, une excellente présentation claire et concise : 

Denis KAMBOUCHNER : né en 1953, il est professeur d'histoire de la philosophie moderne à l'Université Paris-I. Spécialiste de Descartes, à qui il a consacré L'homme des passions (2 vol., Albin Michel, 1995), il a dirigé l'ouvrage : Notions de philosophie (3 vol., Folio-Essais, 1995).

Résumé :

La crise de l'école qui perdure en France n'est pas simplement de structures, de moyens ou de société : c'est aussi une crise de doctrine. Comme la persistance du conflit entre “pédagogues” et “républicains”, la faillite des réformes successives est liée à cette crise intellectuelle, dont il est urgent de chercher à sortir.
 
Que veut donc dire aujourd'hui “enseigner” ? Que faut-il attendre des élèves ? Quelle culture doit-on leur offrir ? Ces questions appellent une reprise philosophique en vue de laquelle il sera utile de discuter les ouvrages du principal représentant français de la réforme pédagogique, Philippe Meirieu. Menée avec rigueur, cette discussion devrait dégager les principes d'une rénovation enfin réfléchie.
 
Commentaire :
À la lecture de ce livre, je me suis rendu compte à quel point les idées de Philippe Meirieu avaient connu leur heure de gloire. Sans avoir jamais rien lu de lui, son point de vue m’était étonnamment familier tant il avait été relayé, suggéré, monté en épingle, imposé, médiatisé, expliqué, reproduit, vulgarisé et arrivé jusqu’à l’instituteur de base que je suis. 

Pourtant, j’étais toujours resté rétif et méfiant face à ces innovations qui devaient “révolutionner” l’enseignement. Outre que ces pratiques pédagogiques étaient des balivernes qui tournaient le dos à la recherche de l’efficacité, je sentais que, sous une apparence de logique et de bons sentiments, il y avait quelque chose de véritablement pervers derrière tout cela. Au lieu d’être un art au service d’un enseignement véritablement et authentiquement laïque, la pédagogie à la Meirieu devenait l’esclave de l’idéologie. 

Or, pour peu que les présupposés idéologiques sur lesquels Meirieu s’appuyait ne soient plus dans l’air du temps (les années 80 et 90 sont bien révolues aujourd’hui), tout l’édifice pédagogique “révolutionnaire” se lézarde et tombe en ruine. Et cela n’a pas manqué… 

Mais encore fallait-il le démontrer. C’est ce que Denis Kambouchner a fait dans son livre. 

Avec une patience admirable, il a lu et décortiqué la pensée de Meirieu. Il en a démonté pièce par pièce tous les faux raisonnements en rétablissant ce que dicte le bon sens le plus élémentaire. Chaque argument de Meirieu, destiné normalement à être définitif, est retourné comme une peau de lapin et, très souvent, l’accent est mis sur la sottise, la méconnaissance profonde du métier ou tout simplement la mauvaise foi qui l’a inspiré. 

Denis Kambouchner fait par ailleurs preuve d’une connaissance intime du métier d’enseignant, même au niveau du Primaire, ce qui n’est pas courant chez les professeurs du Secondaire et a fortiori du Supérieur. Devant tant de calme autorité - le livre est le contraire d’un pamphlet -, même les soutiens habituels de la pensée pédagogiste (les rédacteurs du Monde de l’Éducation, par exemple) ont dû reconnaître la valeur imparable de l’argumentation.

L'imposture pédagogique, par Bernard Berthelot (les présupposés de la pédagogie par objectifs)


Je fais remonter cette référence. La pédagogie par objectifs n'est plus à l'ordre du jour mais ses concepts et principes continuent d'irriguer (ou d'empoisonner) la réflexion pédagogique.

En même temps qu'on se tourne vers la pédagogie par objectifs, on parle de plus en plus, dans les milieux de la formation, et l'initiale rejoint sur ce point la permanente, en termes de gestion. C'est bien la formation elle-même qui est conçue en termes de gestion. Le discours industriel moderne envahit le discours éducatif. La notion d'objectif trouve alors la signification de sa fortune. Car chacun sait qu'elle joue, dans une conception gestionnaire et managériale, un rôle déterminant, à la jonction même de l'axe des projets et de l'axe des moyens. (...) Il n'est pas douteux que, chez Ralph Tyler, rationaliser le processus enseigner-apprendre constitue la transposition, dans le domaine de l'école, des exigences qui se font jour dans l'univers des entreprises. (...) La fonction enseignante peut être rendue "rentable" par la pédagogie par objectifs, comme la direction par objectifs rationalisera la production. Le parallèle est clair. 




Lire la suite, texte complet :  


 ------------------------------------------------------------------------------------


 Vous pourrez également consulter :




 
par E. D. Hirsch.










































































"Il faut former les profs comme des cadres !"

-

Ex-enseignante et proviseure de lycée, Nelly Guet appelle ses confrères à assumer ce qu’ils sont - des cadres - pour sauver un système scolaire en perdition.

 (A.G.)
(A.G.)
Dans les conférences très policées consacrées au système éducatif français, elle est du genre à prendre le micro et à ne plus le lâcher. Nelly Guet dénonce, tempête, martèle. Puis jette un regard alentour et paraît stupéfaite que personne dans l’assemblée ne semble aussi indigné qu’elle. Reconnaissons qu’en matière d’indignation, il est difficile d’égaler la responsable d’AlertEducation, une SARL avec laquelle elle fait de la formation, anime des colloques et rédige des rapports sur les questions scolaires. Au journaliste qui l’interviewe, cette quinquagénaire toujours agitée de fébrilité et de colère, demande : "Vos lecteurs ont-ils bien conscience que l’éducation nationale va dans le mur ?" C’est son leitmotiv. Cette conviction que l’école de la République a pris du retard sur ses voisins européens et qu’elle engage les élèves sur la voie du désastre.

Ecorchée vive

Le collège, le lycée, elle ne les a pas côtoyés depuis les bureaux capitonnées des rectorats ou des ministères : elle les a vécus sur le terrain, d’abord comme prof d’allemand, "dans 24 établissements", puis comme principale adjointe de collège et comme proviseure en Allemagne, en Suisse et en France, notamment à Verrières-le-Buisson (Essonne), zone pas vraiment favorisée. Là où tant de fonctionnaires finissent par opter pour un fatalisme tranquille, elle n’a cessé de s’écorcher vif au fil des ans. Jusqu’à se mettre en disponibilité de l’Education nationale en 2011, en guerre contre les syndicats enseignants et excédée que sa hiérarchie ne la soutienne pas suffisamment.
Ses convictions ? Elles tiennent en quelques mots. "Il faut que les enseignants soient formés pour ce qu’ils sont, des cadres et qu’ils fournissent un travail de cadres." Des cadres, c’est-à-dire des salariés responsables, ambitieux, capables de se donner des objectifs, de nouer des partenariats et de monter des projets, y compris avec des entreprises. Nelly Guet emploie des vocables comme "leadership" ou "social skills", rares jusqu'à l’incongruité dans la bouche d’un membre du corps enseignant. Mais ce n’est pas vers les pays anglo-saxons qu’elle lorgne. "Les réformes qu’il faut accomplir ne sont pas utopiques : elles sont une réalité en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Finlande." Des pays mieux situés que la France dans le classement PISA, qui mesure l'efficacité et la justice des systèmes scolaires des pays de l’OCDE. Et qui devraient inspirer non pas le ministère de l’Education nationale, mais celui "de l’Education européenne", dit-elle.

Objectifs mesurables

Pour Nelly Guet, il s’agit d’abord de "recruter les enseignants moins sur leurs capacités à l’écrit et leurs savoirs disciplinaires que sur les qualités qui leur seront nécessaires sur le terrain". C’est-à-dire le dynamisme, le sens de la pédagogie et surtout le talent pour "apprendre à apprendre". Elle pourfend ainsi le "modèle consécutif" à la française, où l’on se forme jusqu’au master dans une matière, avant de se consacrer aux études d’enseignement. Elle prône de recruter sur des compétences humaines, et ensuite de former les futurs profs à la mobilité en leur demandant de passer "huit semaines en entreprise et un semestre  à l’étranger".
La boss d’AlertEducation a elle-même fait ses études supérieures en Allemagne, et défend un modèle dans lequel les profs verraient leur carrière comme une suite de missions de quelques années, avec des objectifs mesurables, fixés par un chef d’établissement. Lequel ne serait plus "recruté sur une dissert’" comme elle le déplore, mais, délesté des tâches administratives, serait investi du pouvoir de recruter et même de donner des primes. Elle aimerait aussi qu’à l’école française, les enseignants envisagent couramment d’exercer à l’international et seraient encouragés à monter des projets avec des acteurs locaux, voire des entreprises. Elle-même est fière, alors qu’elle était proviseure, d’avoir créé "Entreprendre au lycée" en 1991, qui offrait la possibilité à des lycéens de lancer des entreprises.

Le loup ultralibéral tapi dans la bergerie

Fière aussi d’avoir convaincu certains profs d’être évalués par leurs élèves et les parents de ceux-ci. "Il y a 30% de gens formidables dans les écoles françaises, enseignants et personnel, estime-t-elle. C’est grâce à eux que le système n’explose pas." Reste que Madame la proviseure a dû composer avec les 70% restants, notamment les profs syndiqués qui, comme on l’imagine, n’ont goûté que modérément les "initiatives" de Nelly Guet. Serait-elle un loup ultralibéral tapi dans la bergerie enseignante ? "J’ai voté socialiste moi aussi, avant de comprendre qu’ils ne feraient rien pour les gamins à l’école", dit celle qui milite aujourd’hui à l’UDI de Jean-Louis Borloo.
Qu’on partage ou non ses idées, il ne fait aucun doute que l’engagement de Nelly Guet repose sur une noble obsession : la nécessité de faire réussir les élèves - tous les élèves - plutôt que de les classer et les sélectionner, comme le fait le système français. "Mes chers collègues veulent des pommes golden, voilà le problème". C’est-à-dire des profils calibrés, scolaires, attentifs, des graines de classes prépa, en somme. "Des fils d’enseignants et de cadres, quoi !" résume celle qui n’a pas oublié qu’elle est fille d’un ouvrier boulanger et a grandi dans les barres HLM d’Orly (Val-de-Marne). Et dit n’avoir brisé sa destinée sociale que grâce à "l’engagement de quelques enseignants extraordinaires qui ne laissaient pas les gamins sur le bord de la route". Elle aimerait leur rendre ça.
 

16 juillet 2011

SKHOLE.FR _ Textes sur l'éducation


Skhole.fr : Nous publions ici peu à peu des extraits de divers auteurs, qui fournissent à nos yeux des éléments de réflexion importants sur l'école et l'éducation en général. Vous pouvez aussi consulter ces textes par auteur, en parcourant le nuage d'auteurs.

 

Alfred Binet - extraits de la séance de la Société française de philosophie du 28 Novembre 1907

 

Jean-Louis Fabiani - extrait - Les philosophes de la république (1988)

 

Marcel Proust - extrait de Jean Santeuil - le professeur de philosophie

 

Jean-Louis Poirier - extraits - Etat de l’enseignement de la philosophie en 2007-2008

 

Anatole de MONZIE - Instructions du 2 septembre 1925

 

V. Cousin - extraits - Défense de l’université et de la philosophie (1844)

 

J. Vallès - extrait - L'enfant (1879)

 

A. Comte - extraits - Discours sur l'esprit positif (1844)

A. Comte - extrait - Cours de philosophie positive (1842)

 

Alain - extraits - Propos sur l'éducation (1932)

Alain - imiter pour inventer - extraits des "Propos sur l'éducation"

 

J.G. Fichte - extrait - L'attachement à la patrie

J.G. Fichte - extrait - L’école comme « petit Etat » industrieux

J.G. Fichte - extrait - Les bénéfices sociaux de la nouvelle éducation

J.G. Fichte - extrait - L'ancienne et la nouvelle éducation

J.G. Fichte - extrait - Le monde spirituel : but de l'éducation

J.G. Fichte - extrait - L'éducation à la moralité

J.G. Fichte - extrait - La bonté naturelle de l'enfant

Série J. G. Fichte et l'éducation

 

Lev Vygotski - extrait - Développement et apprentissage scolaire

Lev Vygotski - extrait - Dynamique du développement

Lev Vygotski - extrait - Concepts spontanés et concepts scientifiques

Lev Vygotski - extrait - Langue étrangère et langue maternelle

Lev Vygotski - extrait - La zone prochaine de développement

Lev Vygotski - extrait - L'apprentissage de la grammaire

Lev Vygotski - extrait - Langage écrit et réflexivité de la pensée

Série Lev Vygotski et l'éducation

 

David R. Olson - histoire de l'école prise en tant que pratique institutionnelle

David R. Olson - culture écrite et cognition

 

Jack Goody - écriture et tradition critique

 

Bernard Stiegler - l'école de l'attention

 

Jacques Derrida - sur la "fin" du papier

 

Emmanuel Kant - quelques extraits des "Propos de pédagogie"

Emmanuel Kant - extraits des "Propos de pédagogie" - 2

 

Paul Valéry - sur la lecture

Paul Valéry - sur le temps libre

Paul Valéry - sur les diplômes et le baccalauréat

 

Condorcet - extraits des "Cinq mémoires sur l'instruction publique"

 

Suite de notre série Condorcet - extraits des "Cinq mémoires sur l'éducation"

 

G.W.F. Hegel - de la discipline

G.W.F. Hegel - l'école, entre la famille et le monde effectif

G.W.F. Hegel - De l'importance de la grammaire

 

Israel Scheffler - Trois métaphores de l'éducation

 

Jacques Rancière - extrait du "Maître ignorant"

 

Dominique Pasquier - les lycéens et la culture

 

Pierre Hadot - un texte sur la philosophie antique

 

Hannah Arendt - extraits de "La crise de l'éducation"

Hannah Arendt - sur la notion d'autorité

Hannah Arendt - les trois idées de base expliquant des mesures catastrophiques

Hannah Arendt - domaine public : le commun

Hannah Arendt - L'éducation moderne

Hannah Arendt - Natalité, éducation et politique

Série Hannah Arendt et l'éducation

Les Humanités sur le site de l' Université Conventionnelle

Humanités
L'Humanité ne change que pour qui ne sait retrouver son identité par delà les apparences, et comme sous les déguisements du temps. Une culture humaniste n'est ainsi rien d'autre que le souvenir vivant de cette unicité, entretenue par la fréquentation des grands textes. C'est à cette découverte et à cette pratique que les cours de cette catégorie vous inviterons.

Lire Balzac

"Balzac guérit de misanthropie ; c'est à cela qu'il est bon, par tous ces génies, enchaînés, en bas, en haut, partout inventeurs et poètes, et pensant selon leur forme et selon la pierre d'angle. Les bien comprendre, c'est toute l'affaire, et pardonner va de soi. J'ai remarqué que, même pour penser vrai des hommes, il faut les...

Introduction à la lecture de Rousseau

« Quand on entreprend un livre, on se propose d’instruire le public de quelque chose qu’il ne savait pas, ce qui se fait en lui apprenant de nouvelles vérités, ou en le désabusant de quelques fausses opinions dont il était imbu ». Après le Discours sur les sciences et les arts, dans lequel Rousseau montre que le développement...

Initiation à la lecture de Spinoza

« Plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront » (Traité théologico-politique) Ce cours a pour but de rendre plus aisée la lecture de l'oeuvre de Spinoza, en reformulant les principales questions qui animent sa pensée. Nous choisirons comme fil conducteur son...

Présentation du cours sur Aristote

« Le bonheur est donc coextensif à la contemplation, et plus on possède la faculté de contempler, plus aussi on est heureux, heureux non pas par accident, mais en vertu de la contemplation même car cette dernière est par elle-même d’un grand prix. Il en résulte que le bonheur ne saurait être qu’une forme de contemplation. »...

Présentation du cours sur Platon

« Voulez-vous prendre une idée de l’éducation publique ? Lisez la République de Platon. Ce n’est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leur titre. C’est le plus beau traité d’éducation qu’on ait jamais fait. Quand on veut renvoyer au pays des chimères, on nomme l’institution de...

Présentation du cours sur Tocqueville

Nous proposerons dans ce cours une lecture suivie de l’ouvrage d’Alexis de Tocqueville (1805-1859), De la Démocratie en Amérique (1835 et 1840), qui servira de support à une réflexion collective sur la démocratie aujourd’hui. Il ne s’agira donc pas tant de rendre compte de l’œuvre dans son ensemble ni de sa place dans... 
UNIVERSITE CONVENTIONNELLE

15 juillet 2011

Cultures et culture : distinguo nécessaire

« Remarque polémique sur le ministère de la culture

Si un ministère dit de la culture se propose de faire cohabiter la diversité des mœurs et des cultures au sens de coutumes, sans faire valoir l'idée d'une culture universelle et donc d'une hiérarchie (car il y a des productions culturelles qui ne concourent pas à la culture au sens universel), alors le ministère de la culture est une annexe du ministère de l'intérieur, comme le ministère des cultes. Il a seulement à assurer à chacun la liberté de pratiquer la culture qu'il désire. La République a le devoir de garantir cette liberté.
Si, dans ministère de la culture, on entend culture au sens latin, alors c'est une tout autre affaire. La confusion entre les deux sens du mot culture est très grave et peut avoir des conséquences budgétaires énormes : car on ne paie pas le même prix selon qu'on envoie ceux qu'on appelle les exclus des banlieues assister à l'opéra au Don Juan de Mozart ou selon qu'on les abandonne aux spectacles dont ils sont assaillis sans même qu'un ministère les leur propose. Si on se contente d'enfermer chacun dans sa culture, dans son milieu culturel, le ministère de la culture a pour seule signification de maintenir l'ordre aux moindres frais par des mesures démagogiques. Ce qui coûtera plus cher à moyen terme.

Cultures et culture

La réduction de toute culture à la culture entendue au sens ethnologique aboutit aux particularismes, et on ne voit pas alors comment un dialogue entre les cultures est possible, sinon comme une sorte de cantonnement réciproque où chacun respecte l'autre sans rien avoir avec lui de commun sinon d'être parqué, cantonné. Il y aurait alors des mémoires correspondant à des humanités par essence étrangères les unes aux autres. L'idée de culture au sens latin du terme est au contraire inséparable d'une exigence d'universalité qui ne réduit pas la pensée à ce qu'en font des conditions sociales et historiques particulières, et dès lors la mémoire n'est plus seulement mémoire d'un peuple mais de l'humanité entière, et l'éducation enfin cesse d'être nationale ou seulement européenne. Par là s'est constituée une tradition extraordinaire en ce qu'elle n'est pas la répétition du même et qu'elle est tournée vers l'avenir : on n'y appartient pas par sa naissance, par la couleur de sa peau, par son appartenance sociale, mais par une mémoire volontaire. Elle seule est capable alors d'assumer la diversité des œuvres humaines, comme l'humaniste Dürer (1471-1538) dessinant les statues que les voyageurs rapportaient d'Afrique noire. La culture ainsi comprise n'est pas la négation de la diversité mais la découverte de la même humanité sous ses formes les plus variées ; alors des hommes nés dans des contrées différentes, parlant des langues différentes, reconnaissent leur parenté fondamentale ; alors seulement les formes particulières sous lesquelles ils réalisent cette humanité commune, au lieu de les enfermer chacun dans une culture, peuvent être comprises comme l'expression de l'universel. »

Extrait de : Jean-Michel Muglioni, Mémoire et lien humain publié sur le site Mezetulle.

14 juillet 2011

Munich 1938

Ecole et société par Jean-Michel Muglioni 
En ligne le 13 mai 2011 sur MEZETULLE

L’école, sacrifiée au nom de la rigueur économique sans rencontrer de résistance, est en réalité détruite par les Européens parce qu’ils ne l’aiment plus : ils ne s’aiment plus eux-mêmes. Jean-Michel Muglioni rappelle ici que l’Europe se définit par l’école et non par sa géographie, ses mœurs ou ses « valeurs ». Quelques Grecs ont les premiers formulé l’idée d’école, c’est-à-dire d’un lien humain fondé sur la volonté et la raison, mais non sur l’appartenance culturelle : la mondialisation est le refus de cette exigence, elle sépare les hommes.
 
Sommaire de l'article :
Munich 1938
Ces quelques réflexions n’apprendront rien de nouveau. Après d’autres, j’ai déjà formulé ces idées sur Mezetulle. Mais les circonstances font qu’il faut se répéter. Les pires décisions en effet n’ont jamais été prises par ignorance : tout le monde savait à Munich. L’Europe est aujourd’hui encore munichoise. Il faut donc écrire ce que tout le monde doit savoir de telle sorte qu’il ne puisse pas être dit demain qu’on n’était pas prévenu.

Alain, le culte de la Raison comme fondement de la République

Présentation du texte par le site de l'Université conventionnelle :

Nous donnons ici un texte fondateur d'Alain, qui nous semble éclairer singulièrement toute entreprise d'éducation populaire, dans ses buts comme dans ses moyens, et que nous faisons ainsi essentiellement nôtre. Il est d'usage, en effet, de tenir la politique pour un jeu d'institutions. C'est la meilleure manière de convaincre le peuple que son opinion ou ne compte pour rien face à pareilles subtilités, ou n'importe guère, car il faudrait tout attendre de la ruse des politiques seuls. C'est sous le nom de "réalisme" que cette sagesse prospère. Elle bute toutefois toujours sur un fait bien simple, et qui est que jamais un pouvoir quelconque ne subsisterait longtemps sans l'assentiment de tous. J'entends non pas un assentiment passif ou étourdi, mais encore l'adhésion active et enthousiaste de la plupart des citoyens. Car que serait un pouvoir sans applaudissements ? Le réalisme et l'art des manœuvres se heurteront donc immanquablement à ceci que tout édifice social repose au final uniquement sur des opinions. De là le pouvoir de l'instruction, qui serait d'éduquer les âmes à ne pas donner leur confiance ou leur jugement sans méthode ; pouvoir de refuser sa croyance, tous le possèdent sans que nul tyran ne puisse jamais l'ôter. De là également le lien nécessaire entre la qualité des lumières communes et celle de nos gouvernants. D'où vient alors que nous n'usons point de ce pouvoir facile et commun de demander des raisons à qui veut nous gouverner, et de monnayer chèrement, par l'attention et la culture, ce précieux assentiment que nous pourrions aussi bien garder pour moi ? Alain nous répond par cette conférence de 1901 ; à chacun d'y retrouver ses propres paresses.


RUDOLF BKOUCHE

De la formation des maitres (18 mai 2009) pdf


Pseudosciences2 - Variations sur l'obscurantisme contemporain (Juin 2009) pdf


A propos de l'ouvrage de Nathalie Bulle, L'école et son double ( Juin 2009) pdf
   Réponse  de Nathalie Bulle - 5/07/2009 pdf


Des TICE, (Octobre 2009) pdf

A propos du calcul (Janvier 2005)  pdf


Enseigner ou former (Avril 2010) pdf


Remarques sur les programmes de lycée ( Avril 2011)  pdf


10 juillet 2011

Tristan BEAL : L'école poignardée

- Tristan Béal (professeur des écoles) sur Mezetulle









 

ARTICLES D'ALAIN

Sur « Les Classiques des Sciences sociales » (UQAC, Québec)




Sur internet (Liens donnés par UQAC) :

Jean-Michel Muglioni 3

- Jean-Michel Muglioni (ancien professeur de philosophie en classes préparatoires) sur MEZETULLE :
 

Sur un mot révélateur de Laurence Parisot : "La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" 






 
 
Ecole et société 13 mai 2011
 
Instituer l'école 3 juin 2011
 
L'école, reflet de la société (par J.-M. Muglioni) 23 juin 2011

Alain : Les talents innés ?

« Vous dites qu'il faut connaître l'enfant pour l'instruire ; mais ce n'est point vrai ; je dirais plutôt qu'il faut l'instruire pour le connaître ; car sa vraie nature c'est sa nature développée par l'étude des langues, des auteurs et des sciences. C'est en le formant à chanter que je saurai s'il est musicien. » (Alain, Propos sur l’éducation, XVI)

« Il reste ceux que l'on n'instruit guère, soit parce qu'ils ne veulent pas apprendre, soit parce qu'ils ne peuvent. Ici se trouve le problème véritable. J'ai connu un temps où le jeune garçon qui raisonnait mal une fois ou deux sur les triangles était aussitôt abandonné. Conduite raisonnable, si le pouvoir ne cherche que des recrues pour la partie gouvernante ; conduite ridicule, si le pouvoir veut réellement des citoyens éclairés. Qu'un garçon ne fasse voir aucune aptitude pour les mathématiques, cela avertit qu'il faut les lui enseigner obstinément et ingénieusement. S'il ne comprend pas ce qui est le plus simple, que comprendra-t-il jamais ? Évidemment, le plus facile est de s'en tenir à ce jugement sommaire, que l'on entend encore trop : « Ce garçon n'est pas intelligent. » Mais ce n'est point permis. Tout au contraire, c'est la
faute capitale à l'égard de l'homme, et c'est l'injustice essentielle, de le renvoyer ainsi parmi les bêtes, sans avoir employé tout l'esprit que l'on a, et toute la chaleur d'amitié dont on est capable, à rendre à la vie ces parties gelées. Si l'art d'instruire ne prend pour fin que d'éclairer les génies, il faut en rire, car les génies bondissent au premier appel, et percent la broussaille. Mais ceux qui s'accrochent partout et se trompent sur tout, ceux qui sont sujets à perdre courage et à désespérer de leur esprit, c'est ceux-là qu'il faut aider. » (Alain, op. cit., XX)

« Les psychologues se trompent sur tout et sur eux-mêmes, par cette manie de vouloir connaître au lieu de changer et élever. Connaître ma pensée, c'est la faire ; connaître mon sentiment, c'est l'élever et l'humaniser. » (op. cit., XXI)

« Il est plus vite fait de changer les hommes que de les connaître. » (op. cit., XXII)

« Il y a longtemps que je suis las d'entendre dire que l'un est intelligent et l'autre non. Je suis effrayé, comme de la pire sottise, de cette légèreté à juger les esprits. Quel est l'homme, aussi médiocre qu'on le juge, qui ne se rendra maître de la géométrie, s'il va par ordre et s'il ne se rebute point ? De la géométrie aux plus hautes recherches et aux plus ardues, le passage est le même que de l'imagination errante à la géométrie ; les difficultés sont les mêmes ; insurmontables pour l'impatient, nulles pour qui a patience et n'en considère qu'une à la fois.
[…]
J'en viens à ceci, que les travaux d'écolier sont des épreuves pour le caractère, et non point pour l'intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s'agit de surmonter l'humeur, il s'agit d'apprendre a vouloir. » (op. cit., XXIV)

Follow on Bloglovin
 

Archives (2011 à 2014)

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...