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9 janvier 2012

Ecriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message 
sujet de discussion sur le forum NEOPROFS

Un seul auteur, Liliane Lurçat, traite la question des méthodes de lecture de manière historique et échappe à cette négation/critique des méthodes prônées par les responsables de l'Instruction Publique dans les années 1880 :
------Dans ce livre, c'est la destruction de l'école élémentaire qui est l'objet principal de la réflexion. Par là j'entends une destruction patiente et méthodique, opérée à partir du haut. Elle est considérée à partir d'un fil conducteur : la destruction de l'écriture-lecture, méthode de l'Ecole de la République, sous les effets combinés du scientisme et des errances idéologiques de l'Education Nouvelle ...
-----------Trois familles de méthodes de lecture sont décrites par Ferdinand Buisson :
- Les méthodes synthétiques fondées sur la combinaison des lettres et des syllabes.
- Les méthodes analytiques qui partent des mots entiers.
- Les méthodes d'écriture-lecture fondées sur l'enseignement simultané de la lecture et de l'écriture ou sur l'enseignement de l'écriture substitué à celui de la lecture.
-----------Buisson présente un bilan de ces méthodes, élaboré à partir du témoignage d'enseignants expérimentés: "Les méthodes à marche analytique sont beaucoup moins nombreuses et n'ont pas reçu du public enseignant un accueil très favorable (...). Avec la méthode analytique-synthétique d'écriture-lecture, combinée avec les leçons de choses et de langue nous sommes arrivés au dernier stade de perfectionnement réalisé par la pédagogie moderne.
Liliane Lurçat, La destruction de l'école élémentaire et ses penseurs, François-Xavier de Guibert, Paris, 1998
Bibliographie provisoire :
Berger B., L'enseignement de la langue maternelle (Paris, 1878)
Bréal M., L'enseignement de la langue française, in Mélanges de mythologie et de linguistique, 1877.
Buisson, Rapport sur l'instruction primaire à l'Exposition universelle de Vienne de 1873.
Buisson, Conférence sur l'enseignement intuitif, (31 AOÛT 1878) in Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878.
Carré I., L'Enseignement de la lecture, de l'écriture et de la langue française dans les écoles primaires (1889)
Chartier A.-M. et Hébrard J., Méthode syllabique et méthode globale : quelques clarifications historiques, Le français aujourd’hui, n˚ 90, juin 1990.
Chartier A.-M., L’école et la lecture obligatoire. Histoire et paradoxe des pratiques d’enseignement de la lecture, Retz, 2007.
Delord M., Résumé du débat historique sur les méthodes de lecture
Delord M., M. Goigoux et les références scientifiques - 23 mars 2005.
Delord M., M. Goigoux et les méthodes de lecture - 12 décembre 2005.
Delord M., Trois mois ou trois ans et trois mois ? - 20 décembre 2005.
Delord M., La Globale et la Syllabique - 28 Janvier 2005.
Delord M., La Globale et La Syllabique. Complément : L’enjeu central des programmes de maternelle - 27 février 2006.
Delord M., La Globale et La Syllabique. Complément : Écriture-lecture ou le cadavre dans le placard - 20 mars 2006.
Delord M., Bref historique des méthodes de lecture - Journées de Gien - 22 Avril 2006.
Delord M., 'La méthode Boscher n’est pas une méthode de lecture' ou 'Ne pas confondre Couteau et Service trois pièces' - 09 Mai 2006.
Delord M., Du graphème vers le son ? - 25 septembre 2008.
Delord M. et Morel G., Lire, Ecrire, Compter : La pédagogie oubliée (Choix d’articles du Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand BUISSON).
Dictionnaire Pédagogique et d'instruction primaire de Buisson (abrégé DP), Article Écriture-Lecture-Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 801 à 803.
DP, Article Lecture - Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 1534 à 1551.
DP, Article Lecture- La méthode Schüler -Auteur Charles Defodon.Tome II de la deuxième partie, pages 1141 à 1143.
DP, Article Phonomimie - Auteur E. Brouard. Tome 2 de la première partie, pages 2368-2369.
Hébrard J., Apprendre à lire à l'école en France : un siècle de recommandations officielles, 1988.
Kergomard Pauline, L'Education maternelle dans l'école, tome 1, chapitre 11, Le Programme - La Lecture, 1886.
Larvatus Prodeo, La lecture selon les programmes de 2002 : comment n’apprend-on plus à l’école élémentaire, SLL, Janvier 2006.
Lurçat L., La destruction de l'école élémentaire et ses penseurs, François-Xavier de Guibert, Paris, 1998.
Morel G., Apprentissage de la lecture : les dégâts du révisionnisme, Exposé au colloque du GRIP (29 juin 2004)

Manuels de lecture (écriture-lecture et autres)
Block Maurice, (sous le pseudo. de Schüler), Méthode analytique-synthétique
d’écriture-lecture combinée avec les leçons de choses et de langue

(Hachette)
Boscher et al., La Journée des tout-petits, dit manuel Boscher, Préface et directions pédagogiques. [Lire le manuel Boscher en ligne]
Carré I., Méthode Pratique de Langage et de Lecture, d'Ecriture et de Calcul, CP
Cuissart E., Manuel CP, Directions pédagogiques
Lire au Burkina, 1° année, préface et avant-propos.
Fichiers joints
conscience phonémique.doc(177 Ko)
Cuissart méthode.doc(920 Ko)
Buisson - enseignement intuitif.doc (131 Ko)
Décatoire texte.docx (26 Ko)
Bréal_langue française.docx (38 Ko)
Berger-langue maternelle.doc (111 Ko)

14 décembre 2011

Méthode globale contre Méthode syllabique : une querelle vaine



UNE QUERELLE VAINE : MÉTHODE "GLOBALE" CONTRE MÉTHODE "SYLLABIQUE"

Méthode « globale » ou méthode « syllabique » ? Chacune d’elles a ses partisans, et ses partisans convaincus, voire intransigeants. La querelle qui les oppose nous paraît assez vaine. Quel que soit le système employé, il faut toujours qu’on en revienne aux deux opérations fondamentales de la lecture : l’analyse (décomposer un mot en ses syllabes), la synthèse (grouper les syllabes connues pour composer des mots nouveaux). Peu importe que l’enfant aille d’abord de la synthèse à l’analyse ou de l’analyse à la synthèse. Son esprit n’est pas tel qu’il répugne absolument à l’une de ces démarches et qu’il se rallie à l’autre sans difficulté. Au reste, toutes deux peuvent se recommander de principes indiscutables de bonne pédagogie : « Je vais du concret à l’abstrait », proclame la méthode globale. « Et moi, du simple au composé », rétorque la méthode syllabique.

L’essentiel est qu’on sache intéresser l’élève, que la lecture ne soit pas pour lui la prononciation de sons juxtaposés, mais, le plus rapidement possible, la découverte des réalités vivantes qui se cachent sous les signes de l’écriture. Comme nous le soulignons plus loin, il faut que l’enfant comprenne ce qu’il lit, et que la manière dont il lit prouve qu’il comprend. Le grand secret de l’apprentissage de la lecture est là. Donc, pas de mots étrangers au vocabulaire des petits, pas de phrases complexes, pas de textes sévères. En revanche, ne pas tolérer les lectures hachées en syllabes qui sont, trop souvent encore, traditionnelles dans les petites classes.

La méthode syllabique construit toutes ses leçons sur un plan unique : examen d’un « mot-type » ou « mot-clé » (illustré par un dessin) qui fournit le son étudié ; puis, formation de syllabes et, immédiatement, lectures de mots, de phrases, d’historiettes. Cette monotonie dans le procédé employé, contrairement à ce qu’on pourrait supposer, ne semble à l’élève ni fastidieuse, ni ennuyeuse. L’enfant — et surtout l’enfant de 5 à 7 ans — est traditionnaliste, routinier même, très attaché à ses habitudes. Son esprit s’accommode volontiers d’une méthode qui, pour toute acquisition nouvelle, propose les mêmes étapes au travail de recherche. Cette fixité du plan, cette rigidité dans l’armature de la leçon, lui procurent un sentiment de sécurité : il sait — ou il entrevoit — que lorsqu’il aura découvert la clé d’une page nouvelle, il pourra, par ses propres moyens, explorer la page tout entière. Nous avons connu nombre d’enfants, et des enfants moyennement doués qui, après avoir appris avec l’aide du maître les deux ou trois premières consonnes du présent syllabaire, continuaient à étudier seuls la presque totalité des autres leçons : il leur suffisait d’examiner le mot-type (correspondant à une lettre inconnue) pour trouver la valeur de cette lettre (le son cherché se trouve presque toujours à la fin du mot-type) et, partant, pour déchiffrer les syllabes, les mots, les phrases.

La méthode syllabique constitue, non seulement pour le maître qui enseigne, mais encore pour les élèves, un moyen pratique de passer d’une connaissance acquise à une connaissance nouvelle ; elle permet de faire une large place au travail personnel de l’enfant ; elle ne nécessite pas une intervention constante du maître : elle se plie aisément aux conditions de la vie scolaire journalière ; elle s’accommode plus que toute autre des rentrées tardives, des fréquentations irrégulières si coutumières aux petits. Aussi continue-t-elle, en dépit des attaques dont elle est l’objet, à conserver sa place dans la plupart des écoles, et tout spécialement dans les classes à plusieurs divisions où le maître ne peut consacrer aux petits tout le temps désirable et où, pour cette raison, l’emploi de la méthode globale est difficile et décevant.

Toutefois la méthode syllabique, telle que nous la concevons dans le présent manuel, ne prétend pas ignorer la méthode globale : elle emprunte à cette dernière un certain nombre de procédés dont la valeur est indiscutable : dès les premières leçons sur les consonnes, elle introduit dans le texte des mots qui aideront à la rédaction des historiettes mais qui, par leur structure, ne devraient pas figurer dans la progression adoptée ; en outre, les mots ne sont pas séparés en syllabes, l’enfant le voit « globalement », il n’a donc pas tendance à les morceler, ni dans ses lectures, ni dans ses copies ; si, parfois, un maître éprouve le besoin, pour faire lire un mot difficile, de le partager en syllabes, cette analyse devra être suivie immédiatement d’une synthèse qui restituera au mot sa véritable physionomie : enfin l’usage des jeux de lecture, des « lotos littéraires » et des dictées enseigne le maniement des mots et fixe, dans les mémoires, leur orthographe (voir les instructions à la page « Méthode proposée pour l’étude des consonnes »).

Le pédagogue doit se garder de l’esprit de système ; il emprunte à toutes les méthodes les commodités qu’elles lui offrent. La vérité pédagogique, qui est fille du bon sens, se situe toujours à quelque distance des thèses extrêmes.

 A. Davesne, Nouveau syllabaire de Mamadou et Bineta, Istra, 1950.

Voir aussi :

Mamadou et Bineta

Dessin sur quadrillage - Cours préparatoire

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Méthodes de lecture, 

Apprentissage de la lecture

1- Michel Delord : Sur la lecture 1 (écriture-lecture, globale, idéovisuelle, maternelle, etc.)

2- L’efficacité des méthodes de lecture

3- Les inconvénients supposés de la syllabique

4- La méthode syllabique (ou alphabétique) - Préjugé 1 : elle condamne les jeunes lecteurs au non-sens

5- Globale / Syllabique / Mixte

6- Dossier Méthodes de lecture (SKHOLE.FR)

7- Ecrire, lire et comprendre : l'enseignement élémentaire (Liliane Lurçat)

8- False dichotomy 1 : Phonics vs. Meaning

9- Fausse opposition 1 : « décodage contre sens »

10- Il faut enseigner le décodage grapho-phonologique

11- Il a vaincu l’illettrisme chez les plus défavorisés (Tom Mc Kay)

12- Brigitte Guigui, institutrice & la querelle des méthodes de lecture

13- L'Alphabet, machine libératrice (C. Kintzler sur Havelock) 

14- Rapport IGEN/ONL 2005 : L'apprentissage de la lecture à l'école primaire

15- Méthode de lecture de Pascal (1ère méthode phonique synthétique)   

16- Irénée Carré, L'enseignement de la lecture, de l'écriture et de la langue française à l'école primaire (1889) 

17- Synthetics Phonics Is The Best (Clarkmannanshire, Scotland) 

18-Supériorité de la méthode alphabétique (compte-rendu de l'expérience de Clarkmanannshire et explications)

 


15 septembre 2011

Boscher, Léo et Léa, Alphas : "De l'aide!!!!!! comment apprendre à lire à des enfants ?" (forum)


Discussion intéressante sur l'apprentissage de la lecture, en gs, en cp ou en homeschooling (école à la maison par les parents) ici : http://www.neoprofs.org/t23875p45-de-l-aide-comment-apprendre-a-lire-a-des-enfants

et aussi Mamadou et Bineta, Ali et Rémi (référence non trouvée), etc.



Boscher sur le forum Lire-ecrire : Raisons du succès de Boscher (Tomi)
Manuel méthode Boscher : Livre unique "Méthode BOSCHER ou La Journée des Tout Petits"
Cahier d'exercice,  BELIN 1984


Les deux premiers commentaires (en nombre de recommandations) sur 26 d'Amazon.fr :
Plus qu'une méthode de lecture..., 15 décembre 2008
Par 
Le Livret Unique de la Méthode Boscher ne se présente pas comme étant "simplement" une méthode de lecture... considérons-le plutôt comme un manuel scolaire complet, qui couvre plusieurs disciplines du CP... Les sons et les syllabes pour l'apprentissage de la lecture, la reconnaissance des lettres quelle que soit l'écriture (attachée ou non), mais également les chiffres et le calcul.

Les leçons sont toutes bâties sur le même principe, même si la difficulté va évidemment croissante. Les trois premières leçons concernent l'apprentissage des sons que font les voyelles, et là, déjà, quand on se retrouve à aborder les son "é", "è" et "ê"... ça se corse. Non pas que je prononce mal, mais bon, la différence est parfois très subtile à entendre... et à comprendre pour l'enfant. Pas de difficulté pour l'instant avec le calcul, et de manière générale, j'aime bien le fait que chaque leçon révise subtilement les acquis précédents.

La méthode a reçu la médaille de bronze en 1958, à l'Exposition Internationale de Bruxelles, vous devinez donc sans peine qu'elle n'est pas toute jeune. C'est vrai, sa première édition date de 1906. Les illustrations sont définitivement désuètes : la cabane du sabotier, le cheval qui tire la charrue, le semeur, et Toinon qui garde ses oies... pas de doutes, on fait un petit voyage dans le temps à chaque page. Mais bon, je ne peux pas dire que ce soit réellement un handicap. Les textes courts qui figurent dans les dernières pages du livre ont également un goût de madeleine... on y retrouve pêle-mêle le "Roman de Renard", des extraits des contes de Perrault, d'Andersen, de "La Chèvre de Monsieur Seguin", et de jolies poésies. La préface du Boscher est également fort bien rédigée, et donne des indications sur diverses manières d'utiliser la méthode afin de rendre l'apprentissage interactif.

Complément indispensable du Livret Unique, le Cahier d'exercices de lecture. Chaque page de la méthode a sa prolongation en exercices écrits dans ce cahier... pour l'instant, aux premières leçons, nous en sommes à reconnaître les lettres, à reproduire des suites de formes géométriques de différentes tailles, et à identifier des dessins et à reconnaître le son contenu dans le mot. Par exemple "piano" pour la leçon sur le "a" et le "o", on écrit un "a" et un "o" sous l'image. Bien sûr, pour avoir feuilleté le cahier, ça se corse au fur et à mesure ;) Au final, il s'agira de compléter des phrases avec les mots fournis, de reconnaître dans des listes la légende d'une image... et de lire des textes en rapport avec les leçons !


 Indispensable !, 17 octobre 2007
Par 
Angélique (France) - 
La méthode Boscher est essentielle pour apprendre à nos enfants à lire et écrire. Face aux méthodes globales ou semi-globales (encore tout à fait présentes dans les classes de CP malgré les recommandations gouvernementales) il faut absolument revenir au B.A.-BA (méthode syllabique) pour empêcher les enfants de faire de la devinette et d'aboutir à l'échec scolaire. La méthode Boscher est simple et facile à enseigner par les parents

Le sauveur pour contrer la méthode du par coeur, 25 octobre 2009
Par Besnier (france) -
J'ai connu ce livre il y a maintenant une bonne dixaine d'années alors que mon enfant entrait dans l'apprentissage de la lecture... la maîtresse avait consigne de leur apprendre la lecture avec la nouvelle méthode du par coeur et le démarrage était très difficile. Ayant appris moi-même à lire avec la syllabique, j'ai acheté ce livre et ça a été un enchantement : mon enfant est maintenant très bon en francais et en lecture... alors ayant une amie qui rencontre actuellement le même problème que moi à cette époque, je viens de lui offrir ce livre et elle en est ravie... à recommander vivement.

5 septembre 2011

Thierry Venot, De l’écoute des sons à la lecture (Grande section, CP1)

Thierry Venot est un enseignant spécialisé dans les difficultés de comportement (timidité excessive, agitation, manque de concentration, manque d'intérêt, etc.) empêchant l'enfant de rentrer dans les apprentissages.

Il a remarqué que nombre de ces problèmes pouvaient être réglés simplement par une réussite de l'enfant dans les apprentissages. Comme le remarquent des spécialistes de la rééducation cognitive comme Elizabeth Nuyts ou Ghislaine Wettstein-Badour, les apprentissages, à travers notamment la parole et le langage, structurent l'enfant, sa personnalité, sa conscience, son rapport au temps, à l'espace, au monde et aux autres.

D'où l'idée de proposer une méthode de lecture claire, structurée et progressive en grande section permettant d'aborder la lecture avec succès. Elle peut aussi être utilisée par des parents dont les enfants sont demandeurs ("Apprends-moi à lire, papa/maman !").


Thierry VENOT  - GRIP Editions 2009 - Livre du maître avec un CD de 140 exercices progressifs

Présentation De l’écoute des sons à la lecture


Blog Bonnet d’âne, Lecture en GS (présentation de Catherine Huby) 

Forum Lire-ecrire : Discussions sur le manuel 


Forum Neoprofs : http://www.neoprofs.org/t36043-gs-les-alphas-et-de-l-ecoute-des-sons 

Forum Enseignants du Primaire, La « méthode » Venot et Présentation par Akwabon

Article de journal, Présentation.  

Paperblog, Présentation

Blog de Zaubette :  Fiches d'activités.

20 juillet 2011

La méthode syllabique (ou alphabétique) - Préjugé 1 : elle condamne les jeunes lecteurs au non-sens

Peut-on dire, comme le suggèrent ses adversaires, que la syllabique condamne les jeunes lecteurs au non-sens et à l’absence de gratifications pendant une longue période d’apprentissage, avant qu’ils puissent déboucher enfin à l’air libre de la compréhension ?

1) On soulignera, d’abord, la brièveté du temps requis pour l’enseignement du code par la méthode syllabique : si celle-ci est bien maîtrisée, le premier trimestre de CP suffit à la majorité de la classe pour s’en approprier les bases essentielles, et cela doit être le cas de la quasi-totalité des élèves à la fin de l’année. Ce laps de temps est-il psychiquement insupportable et intellectuellement abêtissant pour eux ? […]

2) Le fait de parvenir à surmonter les difficultés inhérentes à l’appropriation du code est une source de plaisir et de gratifications qui pourrait largement suffire par elle-même. La découverte du code est un exercice formel dont il ne faut sans doute pas surestimer la pénibilité : dans leurs jeux de langage de la maternelle (marabout-bout de ficelle-selle de cheval, etc.), les enfants ne prennent-ils pas intérêt et plaisir à la confrontation au non sens ?

3) Tout le temps de l’entrée dans la lecture, d’autre part, n’est pas occupé par le déchiffrage : on ne voit pas ce qui pourrait empêcher la maîtresse ou le maître, parallèlement, de lire des histoires, de faire travailler le vocabulaire et de pratiquer toutes sortes d’activités d’éveil par rapport à la langue.

4) Et pourquoi, enfin, opposer par principe la syllabique à l’idée d’une «lecture compréhensive» ? La syllabique part des lettres et examine la variété de leurs combinaisons, en syllabes, en mots, en phrases. Elle étudie le premier mot le… premier jour de l’apprentissage. Or le mot est l’unité indissociable d’un signifiant et… d’un signifié. Le décryptage du signifiant, son énonciation correcte à voix haute, donne par lui-même accès au signifié, dès lors qu’on laisse à l’élève le temps de s’écouter et de s’entendre, et de poser la question («qu’est-ce que c’est ?») qui ne manque pas d’advenir s’il s’agit d’un mot qui ne lui est pas familier.

Texte complet : 
Jean-Pierre Terrail,  La syllabique est-elle réactionnaire ?      / 

Extraits :

- Les inconvénients supposés de la syllabique

- L’efficacité des méthodes de lecture

- La force prédictive des apprentissages élémentaires

 

Voir aussi : Vraie dyslexie et fausse dyslexie (Ouzilou, Sommer, Nuyts, Wettstein-Badour, etc.)


Voir aussi sur SKHOLE.FR les trois articles du dossier "Méthode de lecture" démontrant, chacun à leur façon la supériorité incontestable de la méthode alphabétique.

De son expérience de professeur de lettres en collège et au terme d’une enquête minutieuse, M.-O. Sephiha dresse ici un état des lieux très alarmant des difficultés de lecture et d’écriture des collégiens qu’il a pu rencontrer. Il en analyse les causes et indique les principes des ateliers de remise à niveau qu’il a mis en place depuis, à titre expérimental.

Institutrice au CP pendant cinq ans, M. Gaubert raconte comment et pourquoi elle est passée des méthodes « mixtes » à une méthode alphabétique.

Qu’est-ce qu’apprendre à « lire » ? En s’appuyant notamment sur les concepts du psychologue russe Lev Vygotski, J. Gautier propose ici une réflexion théorique autour des enjeux tout particulièrement cognitifs de l’entrée dans l’écrit, ainsi que des modalités permettant de les atteindre. Ceci l’amène à plaider pour un solide enseignement explicite des structures de la langue.

Spinoza1670

Les inconvénients supposés de la syllabique

- Selon ses détracteurs, elle contraindrait les élèves à se contenter pendant des mois d’une activité purement mécanique et mémo­rielle, ânonnant les syllabes, déchiffrant péniblement des phrases simples et sans liens, puisque la méthode implique qu’on ne propose à leur lecture que des mots dont les syllabes ont été préalablement étudiées.

- Cette entrée aride dans le lire, qui reporte « l’enseignement de la compréhension » après l’acquisition du code, ne laisserait aucune place au désir et au plaisir dans l’apprentissage, serait de nature à décourager un grand nombre d’élèves et à ne jamais leur permettre d’accéder au sens, ni même de réaliser que « lire, c’est comprendre ».

- Elle serait qui plus est peu démocratique puisque l’école, en mettant l’accent sur le déchiffrage, déléguerait aux familles tout ce qui touche à la compréhension et à l’acculturation (développement du vocabulaire, familiarisation avec les textes et les livres). »


Texte complet : Jean-Pierre Terrail,  La syllabique est-elle réactionnaire ?


 

Voir aussi les références contenues dans Vraie dyslexie et fausse dyslexie (Ouzilou, Sommer, Nuyts, Wettstein-Badour, etc.)




Spinoza1670


17 juillet 2011

Le Spectre de la dyslexie

L'article de M. Ouzoulias du 4 janvier dernier contient tant d'erreurs que je ne peux les laisser passer. Il est faux de dire que «le B-A, BA est enseigné [au CP dès le début de l'année».


M. Ouzoulias brandit le spectre de la dyslexie, pour inquiéter les parents, affirmant que c'est dans les années 60 que se produisit le «boum» de la dyslexie, alors que, tout simplement, c'est à ce moment-là que l'on tenta de sensibiliser les instituteurs à ce problème et que l'on commença donc à dépister les éventuels dyslexiques.

Ce que ne dit pas M. Ouzoulias, en revanche, c'est que depuis les années 70 et de plus en plus, les orthophonistes voient se précipiter dans leur cabinet de «vrais-faux dyslexiques», dont les quatre cinquièmes sont en fait des «mal appris» de la lecture. M. Ouzoulias n'a sans doute pas lu le livre de l'orthophoniste Colette Ouzilou, La dyslexie, une vraie-fausse épidémie (Presses de la Renaissance, 2001), qui analyse très bien le problème, affirmant que ce départ d'apprentissage de la lecture en «globale» va induire des réflexes désastreux chez 40% des élèves, réflexes dont ils ne parviendront pas à se défaire ! D'ailleurs, c'est une méthode syllabique qu'utilisent les orthophonistes lorsqu'ils rééduquent les "mal appris" de la lecture...


Mireille BAUX-GRANDVAL,

16 juillet 2011

Ecrire, lire et comprendre : l'enseignement élémentaire (Liliane Lurçat)



Depuis une vingtaine d'années, des formes nouvelles et tout à fait spécifiques sont apparues dans l'échec scolaire. L'auteur, qui a fait de longues études sur l'écriture et le langage écrit de l'enfant, démontre qu'à ces échecs de plus en plus nombreux, correspondent des raisons précises qui tiennent au système nouveau des apprentissages fondamentaux: lecture, écriture, calcul. 

Elle démonte les mécanismes idéologiques totalement irresponsables à travers lesquels un certain nombre de penseurs, à la fin des années 60, ont entrepris la destruction systématique des grandes bases de l'enseignement élémentaire. 


Rien de théorique dans sa démonstration. Beaucoup d'exemples concrets grâce auxquels le lecteur, parent d'élève ou, tout simplement, homme de bon sens, découvrira avec stupéfaction une « machination » extravagante contre l'intelligence et le bon sens. 


Au terme de cette analyse, le plus grand sujet d'étonnement et d'émerveillement que l'auteur nous fait partager, c'est que, malgré tout, tant d'enfants aient pu réussir à s'en sortir. 


Enseignante et chercheur au CNRS, Liliane Lurçat est docteur en psychologie et docteur ès Lettres. Elle a mené des recherches dans des écoles maternelles et primaires de Paris et de la banlieue, durant toute sa carrière.


Liliane Lurçat, voir aussi : 
* Ecrire, lire et comprendre : L'enseignement élémentaire 
* LA DEBACLE DE L'ECOLE : Introduction par Laurent LAFFORGUE 


PREMIERE PARTIE. 
ÉCRIRE, LIRE ET COMPRENDRE : L'ENSEIGNEMENT ÉLÉMENTAIRE
Chapitre 1. Enseigner les éléments
      Les rapports entre la ponctuation et la pensée: ponctuation mélodique et ponctuation sémantique

Liliane Lurçat
La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs
François-Xavier de Guibert, 1998.
Première partie, chapitre 1, pp.47-65. Enseigner les éléments.

9 juillet 2011

Why Johnny Can't Read ? / Pourquoi Johnny ne sait pas lire ?

Presentation : What Is the Best Way to Teach Reading?




Why Johnny Still Can’t Read ? Presentation by Sam Blumenfeld (New American)

http://chec.org/blog/?p=722 (Christian Home Educators Of Colorado)




Info (educaplace) : The Role of Phonics

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Los Angeles Times

'Why Johnny Can't Read' Author Flesch Dies

October 08, 1986|BURT A. FOLKART | Times Staff Writer
Rudolf Flesch, a lifelong proponent of lucid expression who maintained 30 years ago that "Johnny" couldn't read because he didn't know phonics, […] Dr. Flesch, author of dozens of books complaining of a semi-literate America -- the best known of which remains "Why Johnny Can't Read"--was 75 when he died Sunday […].

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En français / in french :
Voir le livre de Colette OUZILOU :

(cliquer sur l’image)



Colette Ouzilou : Références données ici.


Voir le dossier de Lire-ecrire :

Citation :
« Apprendre à lire, c’est comme apprendre à conduire une voiture. Vous prenez des leçons pour qu’on vous explique le fonctionnement d’une voiture et les règles du code de la route. Après quelques semaines, vous avez appris à conduire, à vous arrêter, à tourner et vous garer. Vous avez aussi appris à vous arrêter aux feux rouges et à reconnaître les panneaux de signalisation. Quand vous êtes prêts, vous faites un tour en voiture et si cela se passe bien, vous pouvez conduire. Les méthodes de lecture alphabétique (Phonics-first) procèdent de la même façon. L’enfant apprend le fonctionnement de la lecture, et quand il l’a assimilé, il peut lire. 
Les méthodes de lecture d’inspiration globale = idéovisuelle (Look and Say) procèdent différemment. On demande à l’enfant de lire avant d’avoir appris comment fonctionne la lecture, sans rien savoir du son des lettres. C’est comme apprendre à conduire en montant dans une voiture sans rien connaître de son fonctionnement, en espérant que vous trouverez comment elle marche en cours de route »
Rudolf Flesch, Pourquoi Johnny ne peut-il toujours pas lire ?, 1981

Sur lire-ecrire.org :

De jeunes européens qui ne savent pas lire. Et nous ?

La Commission Européenne a publié en juillet son rapport annuel sur les systèmes d'enseignement de l'Union. Le rapport confirme des progrès lents et continus, sauf en lecture, où la situation a empiré. Les chiffres fournis sont relatifs aux jeunes de 15 ans mal lisant.


Pour l'Europe, le taux d'échec a augmenté de 21 % de 2000 à 24 % en 2007. La France, elle, est passée de 15 % d'échec en 2000 à près de 22 % en 2006.


Ces chiffres appellent, selon nous, les réflexions suivantes.


• La question n'est pas uniquement européenne, mais elle affecte l'ensemble du monde occidental. La vague doctrinale – socialisation des enfants, constructivisme – est partie des USA avant 1940, et a été soutenue ensuite par l'UNESCO. La Russie soviétique est restée à l'écart, et a conservé les objectifs de transmission du savoir.


•  Les comparaisons entre pays, et notamment le fait que la France soit plus performante que la moyenne, sont peu significatives, en raison d'une part des degrés différents de complexité de la langue et donc de la difficulté d'apprentissage de la lecture, d'autre part des différences énormes dans les moyens et les budgets. La comparaison avec la Roumanie (50 % d'échecs) est sans intérêt pour nous.


•  Le fait marquant, c'est la vitesse à laquelle se dégrade la situation en France, qui passe de 15 % en 2000 à près de 22 % en 2006, soit presque 50 % de plus ! Notons que ces 22 % sont bien du même ordre de grandeur  que le nombre officiel de 150.000 à 200.000 adolescents quittant chaque année le collège sans diplôme et sans savoir, après plus de 10 ans de scolarité.


Devant cette augmentation massive des échecs, les tenants du statu quo ne manqueraient pas d'invoquer les facteurs sociaux, les élèves "qui ne sont plus les mêmes" et autres raisons exonérant l'Education Nationale de ses responsabilités. Pour nous, l'explication est plus simple. Nous sommes en présence d'une manifestation éclatante de la débâcle de l'école.


Les jeunes qui avaient 15 ans en 2000 sont nés en 1985. Ils ont appris, ou auraient dû apprendre à lire, à l'école primaire autour de 1991, à un moment où la Loi Jospin de 1989 n'avait pas encore produit ses effets (cette loi d'orientation a fait du constructivisme la doctrine officielle de l'Education Nationale et a créé les IUFM).


Les jeunes qui avaient 15 ans en 2006, eux, apprenaient à lire autour de 1997, à une époque où cette loi commençait à produire pleinement ses effets néfastes.
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