19 avril 2012

Enseigner l'écriture liée de la PS au CP : les points essentiels, par Catherine Huby

Le texte qui suit a été rédigée par Catherine Huby, membre du Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes et auteur de plusieurs manuels (lecture, français, mathématiques) pour l'école primaire.

Deux ou trois petites choses pour bien démarrer l'apprentissage de l'écriture liée :

Deux ou trois petites choses pour bien démarrer l’apprentissage de l’écriture liée.

1) Les prérequis (TPS/PS/MS/GS/CP) :


--> une motricité large harmonieuse
L’enfant est à l’aise dans son corps ; il maîtrise peu à peu la marche, la course (rapide ou lente), les sauts (vers le haut ou loin devant) ; coordonne ses mouvements pour grimper, ramper, danser ; ajuste sa force pour lancer de plus en plus précisément une balle, un ballon, un sac lesté vers une zone bien précise ; guide un objet posé au sol d’un endroit à un autre en le poussant avec le pied ou par l’intermédiaire d’un objet (bâton ou crosse de hockey par exemple).
Son équilibre s’améliore : il se déplace sans bousculer d’objets, même dans un espace restreint, peut marcher sur une poutre de 20 cm de large posée au sol, se déplacer avec un récipient plein d’eau sans en renverser, commence à gérer son équilibre lorsqu’il est en position instable (sur un pied, un vélo sans roulettes, à skis, avec des patins à roulettes, etc.)

--> l’orientation dans l’espace
L’enfant apprend peu à peu à nommer les lieux et à verbaliser des positions relatives. Il apprend à ranger des objets en ligne ou en pile, à représenter cet espace à l’aide de petits objets qu’il ordonne les uns par rapport aux autres, puis par le dessin.
Jusqu’en MS, le dessin reste sur la feuille une collection de graphismes indépendants les uns des autres (il dessine par exemple une voiture en haut à gauche, un bonhomme couché en-dessous, un arbre la tête en bas, en bas à droite et un oiseau en haut et vous annonce : "Papa est dans sa voiture et il regarde l’oiseau sur l’arbre.")
Au cours de la MS, il devrait normalement (c’est-à-dire si l’école faisait pratiquer le dessin et le valorisait dans le sens de la "conquête de l’espace-feuille) perfectionner son dessin et être capable à l’issue de cette classe de dessiner même maladroitement les quatre éléments cités au "bon endroit".

--> la motricité fine
Les mains deviennent indépendantes l’une de l’autre. Petit à petit, l’enfant passe d’un mouvement ample qui part de l’épaule à un mouvement partant du coude, puis du poignet.
L’enjeu de la GS et du CP est d’obtenir que ce mouvement passe du poignet aux doigts et particulièrement au trio pouce/index/majeur.
Certains enfants jeunes ont encore besoin d’un appui ventral et de mouvements partant du poignet jusqu’à la fin du premier trimestre de CP.
La position correcte des doigts est à privilégier (voire à imposer) dès que l’enfant commence à réellement dessiner.
Elle peut s’obtenir naturellement par des jeux de doigts où l’on montrera à l’enfant comment lever l’index seul puis comment poser la pulpe du pouce sur l’articulation de la dernière phalange du majeur. Écarter alors légèrement pouce et majeur, y poser le crayon en le faisant reposer au niveau de la main sur la jonction pouce-index et lui demander de poser l’index sur le crayon. Lui faire faire alors de petits gribouillis sur une feuille posée à plat sous la main.
Privilégier les crayons pas trop gros.
L’obliger à poser le bouchon s’il s’agit d’un feutre (énormément d’enfants gardent le bouchon dans la main gauche et, du coup, ne se servent pas de celle-ci pour maintenir la feuille de papier). A ce sujet, les spécialistes ont remarqué une proportion très supérieure à la norme d’enfants étiquetés gauchers depuis quelques années et se sont rendu compte qu’il s’agissait en fait d’enfants qui, ayant enlevé le bouchon du feutre de la main droite et le gardant bien serré dans celle-ci, avaient utilisé la main gauche par défaut et n’ayant reçu que des encouragements (la peur du gaucher contrarié et les statistiques sur la précocité intellectuelle très favorables aux gauchers ayant joué leur partie) sont devenus des "droitiers contrariés".
De très nombreuses activités peuvent aider à une bonne construction de cette motricité fine sous forme de jeux : dessin et peinture, bien sûr, enfilage de perles, découpage, modelage, déchiquetage de papier, collage de gommettes ou de tout petits éléments (graines, café, riz, semoule, etc.), jeux de construction (lego, knex, mécano, ...), jeux d’imitation à l’aide de petits personnages et objets (playmobil, voitures miniatures, trains sur rails, ...) et vie quotidienne (s’habiller et se laver seul, lacer ses chaussures, se boutonner, enclencher le curseur d’une fermeture à glissière et la remonter, balayer et ramasser à l’aide d’une pelle, faire la poussière, essuyer la table du petit déjeuner, remplir et vider le lave-vaisselle, laver un objet, éplucher soi-même sa mandarine ou son orange dont la peau a été préalablement incisée, remplir soi-même son verre, couper sa viande ou couper un fruit en quartiers, plier et empiler des serviettes, des mouchoirs, jardiner, bricoler, mettre les croquettes du chat dans la gamelle, ramasser celles qui tombent à côté...).

--------- FIN DE LA PREMIERE PARTIE ---------


Quelques textes de Catherine Huby :

Nuls en maths ! (les élèves n'apprennent pas bien à calculer à l'école)

La dictée à l'adulte : la "rédaction à l'école maternelle

B-A, BA et apprentissage de la langue (L'utilisation de Borel-Maisonny n'est pas dangereuse pour la santé, bien au contraire)

Lecture : le régime enrichi

Le constructivisme et la main à la pâte sont les deux mamelles de l'échec scolaire en science, telle est la thèse défendue par Catherine Huby dans ce texte polémiquement jouissif.

Pauvre Shéhérazade ! A propos de l'article "L’écrit douloureux de Shéhérazade, candidate à l’enseignement"  (blog Interro écrite) qui montre les difficultés de maîtrise de la langue française d'une étudiante préparant les concours de professeur des écoles, Catherine Huby propose un commentaire passionnant. 

Lecture en grande section : présentation du manuel de Thierry Venot, De l'écoute des sons à la lecture (GS).

L'école maternelle : une proposition de programme d'enseignement ambitieux pour l'école maternelle.

14 avril 2012

La dictée à l'adulte : la "rédaction" à l'école maternelle

    Je ne sais pas si c'est ma longue période Freinétiste ou quoi, mais je n'ai rien, mais alors absolument rien contre la dictée à l'adulte collective ou individuelle que je pratique assez régulièrement dans ma classe et que je pratiquerais sans doute encore bien plus si j'avais une Petite ou Moyenne Section.
    En effet, il me semble que c'est un excellent moyen de « faire entrer dans le monde de l'écrit » un enfant qui ne sait encore ni lire, ni écrire sans lui « pomper l'air » avec d'interminables séquences sur l'album du trimestre et le tri de textes qui ne le concernent en rien.

http://www.paragonfineart.com/artists/rob-gonsalves.html

    En premier lieu, parce que, nous le savons tous, le petit enfant est encore incapable de se décentrer et d'observer le monde à travers d'autres lunettes que les siennes. Donc, dans mes classes maternelles, nous commencions toujours le « travail écrit » par un moment de dessin libre (quand il a fallu que je colle des objectifs et des compétences visées là-dessus, je marquais : motricité fine, initiation à l'expression écrite- je sais, c'est nul, mais je n'ai jamais compris ce morcellement de la croissance intellectuelle en petites unités de valeur).

    Ensuite, chaque enfant me racontait son dessin et mon travail de secrétaire - traducteur commençait alors ; il s'agissait de transcrire d'abord les « watu » en voitures, les « madam' » en dames, les « changuillé » en sanglier ou cendrier, selon le contexte et le vécu familial de chaque bambin de deux ou trois ans, et de faire répéter patiemment le mot un peu plus correctement.
    Pour les plus grands, il fallait les pousser à faire des phrases : « Tu me dis la maison, la voiture, le soleil. C'est bien, mais je vois tout ça. Moi, ce que je veux écrire, c'est ton histoire, ta phrase, ce que tu veux raconter. Dans les livres, ils racontent des histoires, ils ne nous disent pas la princesse, le roi, le loup ; tout ça, nous le voyons sur l'image, alors ils nous racontent ce que font les personnages. C'est ce que je veux que tu me dises et moi, je l'écrirai sur ton dessin. ». Cela prenait généralement une semaine ou deux en fin de Petite Section ou en début de Moyenne Section (cette année, avec mes Grandes Sections, ça a été réglé en deux ou trois dessins).

    La troisième phase de cette « discipline » permettait de travailler deux nouveaux approfondissements : la correction du français et la sortie du « Moi, à ma maison, j'ai... ». C'était l'époque de la Grande Section le plus souvent, mais il arrivait que déjà, chez les Moyens, certains enfants en arrivent à ce stade, celui où l'on corrige les « il disa », il « faisa », « il faut qu'il prend » et autres « j'eurai » ; celui où l'on encourage l'enfant à enrichir ses phrases de détails pertinents qui permettraient de se passer du dessin pour comprendre.
    Celui où l'enfant ne s'intéresse plus seulement à lui et où il ressent la nécessité de se servir du dessin pour relater des événements, des apprentissages ou pour résumer les contes que la maîtresse a lus. Au besoin celle-ci poussait les moins ouverts d'entre eux vers ces nouvelles pistes.

    Une nouvelle organisation prenait alors forme : il était nécessaire de partager le travail entre les différents élèves car aucun dessin ne pouvait permettre de représenter toute la chronologie des événements ; bien sûr, au début de ce stade, nous pouvions nous contenter de la bande dessinée, chaque enfant représentait sur une feuille partagée en trois ou quatre cases le déroulement de l'histoire. Mais bien vite, la complexité ou la longueur du conte ne le permettait plus, il fallait se répartir les tâches.
    Ainsi l'écrit commençait à précéder le dessin figuratif : en effet, il nous fallait une base de travail, une mémoire qui permettrait de répartir le travail en autant d'épisodes qu'il y avait d'enfants. La maîtresse jouait toujours son rôle de secrétaire, souvent même les écrits restaient sur ses genoux ou son bureau et c'était elle qui les relisait.
    Il arrivait même que le dessin disparaisse, l'écrit produit se suffisant à lui-même : lettres aux parents ou à un petit camarade malade, articles pour la gazette communale ou le journal d'école, liste de matériel à collecter ou à préparer.

    Tous ces écrits faisaient l'objet de « leçons » sur ce que l'on peut écrire, ce que l'on peut dire et comment le dire, des leçons de grammaire en quelque sorte, avec leurs révisions fréquentes, leurs règles à apprendre et à réutiliser (un cheval / des chevaux ; nous ... ons ; il / elle). Le vocabulaire s'enrichissait lui aussi : il fallait se débrouiller pour réemployer les mots « rares » du conte que nous voulions raconter ou ceux qui avaient été appris pendant la leçon de choses.
    Les bonnes années, en fin de GS, la plupart des enfants étaient suffisamment prêts pour que ces textes, écrits au tableau, soient composés collectivement au point de vue orthographique, au moins au niveau des mots simples et des règles de base (le « s » du pluriel, le « e » du féminin, le « est » du verbe être ou la conjonction de coordination « et », etc.).

    Ces exercices ne prenaient jamais plus d'une demi-heure dans la journée, le reste du temps, ils apprenaient à écrire, à compter, à s'orienter, à s'exercer en sport, en musique, en travaux manuels, écoutaient des histoires, en retenaient le vocabulaire, jouaient avec leurs camarades, construisaient et démontaient des jeux, des objets, écoutaient de la musique, observaient des images ou des objets, enfin, tout ce que l'on peut faire lorsque l'on est en classe et que l'on a tout à apprendre.

    Actuellement, je reçois en GS des élèves qui ont fréquenté pendant deux ou trois ans une classe maternelle.
    Souvent, ils savent à peine dessiner, certains ne savent même pas du tout, ils ont beaucoup de peine à m'écouter et ignorent totalement qu'ils sont aussi censés écouter leurs camarades. Il m'est donc impossible de commencer la dictée à l'adulte au stade où je la débutais lorsque la maternelle savait les faire sortir de leur égocentrisme et exercer leurs capacités d'observation et d'expression graphique et orale.
    Je combine donc un résumé des activités citées plus haut avec une imprégnation à la rédaction plus formelle. Cette année, c'est allé assez vite, les enfants sont vifs et volontaires. L'année dernière, le groupe était moins homogène, plus « poupouce-canapé », certains petits garçons avaient déjà conclu que le temps scolaire était une immense mi-temps aride et insipide entre deux moments de récréation et il a vraiment fallu que je déploie des trésors d'imagination, de contrainte et de récompenses pour obtenir des futurs élèves de CP, prêts à sortir de leur « berceau mental » pour enfin profiter des lumières de la Culture.

    Dans mes classes, il n'a jamais été question de remplir les petites cases d'un quelconque livret d'évaluation afin de statuer sur la compétence de Pierre ou de Paul à « restaurer la structure syntaxique d'une phrase non grammaticale » ou à « proposer une amélioration de la cohésion du texte (pronominalisation, lien de connexion) ».
    Je n'y ai jamais pensé ou alors j'y ai toujours tellement pensé, à chaque nouveau texte, que je considérais qu'il n'y avait rien à évaluer ; sans doute suis-je une très mauvaise « médiatrice » entre l'enfant et les apprentissages et imposé-je un « modèle adulte trop prégnant » !
    Lorsqu'un tout petit me dit pour raconter son dessin : « Papa... Changuillé... a fusil... Pan ! », je ne me précipite pas sur son cahier d'évaluation pour cocher la case « non acquis » et je me contente bêtement de prendre mon stylo et d'écrire sur sa feuille sous son dessin en lui disant (trois fois : oral, écriture, relecture) : « Papa a pris son fusil et il a tiré sur le sanglier ! Pan ! », j'en rajoute même une couche dans l'intrusion voulue et calculée au cœur de son processus de construction des savoirs en demandant : « Et alors, l'a-t-il tué ce sanglier ? Est-il mort ? » et j'insiste lourdement pour que l'enfant apprenne qu'après la situation initiale, la force perturbatrice et l'action, on finit forcément par énoncer la force rééquilibrante et la situation finale, non mais !

Ecrit par : catmano | 14 novembre 2007


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D'autres textes de Catherine Huby :























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Lecture en grande section : présentation du manuel de Thierry Venot, De l'écoute des sons à la lecture (GS).

 

L'école maternelle : une proposition de programme d'enseignement ambitieux pour l'école maternelle.




 






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Borel-Maisonny sur le blog  : 


Littérature au primaire :
Certains ouvrages, contes, histoires mentionnés dans l'article supra peuvent être consultés sur :

 
des extraits d'oeuvres classiques de la Littérature, 
adaptés aux différents niveaux de l'école élémentaire.

13 avril 2012

Agression d'une surveillante à Provins : rien ne va plus au collège Marie Curie

Communiqué publié par le personnel du Collège Marie Curie à Provins :

ASSEMBLEE EXCEPTIONNELLE DE MEMBRES DE LA COMMUNAUTE EDUCATIVE
COLLEGE MARIE CURIE
PROVINS

Les membres de la communauté éducative du collège, enseignants, vie scolaire, personnels, parents d’élèves expriment leur angoisse et leur inquiétude croissante face aux constats suivants :
- Le 06 avril, une surveillante a été violemment blessée lors d’une bagarre entre élèves ; elle subit deux plaies ouvertes, un traumatisme crânien et un état d’affolement. Ce fait a motivé le dépôt d’un droit de retrait unanime des personnels.
- Le 05 avril, un feu de poubelles avec une bombonne de gaz a été déclenché aux abords du collège par un élève de 6ème
- Le 03 avril, un élève de 4ème a allumé en permanence une boulette de papier enduite de déodorant
- Le 29 mars, une bagarre avec arme entre des élèves et des parents a été déclenchée aux abords du collège et s’est poursuivie jusqu’au village voisin
- Le 19 mars, une arme factice a été introduite dans l’établissement
- Depuis 5 semaines, les alarmes anti-incendie sont déclenchées jusqu’à 6 fois par jour
- Les incivilités d’élèves et de parents se multiplient envers les personnels
- Des heures de colle ne sont pas faites et les absences à celles-ci sont cautionnées par certains parents
- Le sentiment d’impunité tend à s’accroître chez certains élèves du fait de sanctions non-suivies d’effet
- Un professeur a été victime d’intimidations de la part d’un élève en-dehors du collège
- Les détériorations de matériel technique et informatique et des locaux se multiplient
- Plusieurs bagarres d’élèves dans les couloirs, la cour et les classes ont eu lieu
- Une menace a été proférée à l’encontre du chef d’établissement, avec intervention policière
- L’intervention de l’équipe mobile de sécurité du Rectorat a eu peu de répercussions après la première intervention
- 38 élèves sont arrivés depuis le mois de septembre (24 depuis janvier) dont 9 sur conseil de discipline (nous n’avons exclu que 3 élèves)
- 4 élèves sont à besoins spécifiques
- 10 élèves sont non-francophones ou mal-francophones

En conséquence, nous observons un mal-être croissant chez les élèves (2 tentatives de suicide sont à relever chez des élèves de 5ème), chez les parents (de plus en plus souhaitent changer d’établissement leurs enfants), et chez les personnels. Il n’est plus possible d’assurer les cours dans un cadre serein et sécurisé. Nous nous interrogeons sur l’avenir du collège.

Du point de vue des moyens dont nous disposons, il ressort que :
- La secrétaire de direction est débordée, et sans aide
- Le budget passe de plus en plus dans l’entretien du collège et le paiement des fluides
- Il n’y a pas d’adjoint de direction et personne n’est à ce jour nommé à la tête de l’établissement pour la rentrée prochaine
- Les professeurs en absence longue durée ne sont pas remplacés
- La CPE est à 80%
- Aucun accompagnement des professeurs contractuels (10%) n’est assuré
- Seulement 3 ASSED (au lieu de 4.5) qui n’ont pas de formation
- L’assistante sociale n’est qu’à 40%, l’infirmière à mi-temps et la COP n’est présente que deux heures par semaine.

Nous demandons donc :
- la nomination d’un Chef d’Etablissement exclusif pour le collège
- L’attribution d’un adjoint au Chef d’Etablissement
- 1 complément pour la CPE
- 4 ASSED qui ne soient pas des CUI
- 1 compétence FLE sur l’établissement
- Le remplacement des professeurs absents (au moins pour les absences longue durée)

Nous ne saurions reprendre notre mission d’enseignement et d’éducation sans une réponse favorable et encourageante à nos demandes.


VOIR LA DISCUSSION SUR LE FORUM NEOPROFS



source de l'image : http://www.communique-de-presse-gratuit.com/sculpture-exposition-a-venir-de-cyrille-andre-a-paris_61218.html

12 avril 2012

Violente agression contre une jeune prof de lettres en plein cours : droit de retrait au Collège Garcia Lorca (93)

http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/une-prof-de-college-violemment-agressee-06-04-2012-1942288.php

L’émotion était encore vive, hier soir, au collège Garcia-Lorca, dans le quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis. Vers 14 heures, une enseignante a été violemment agressée en plein cours par un jeune homme qui n’a pas encore pu être identifié. Les professeurs ont immédiatement exercé leur droit de retrait et tous les cours ont été annulés.

Le collège restera fermé aujourd’hui.

Selon les premiers éléments de l’enquête confiée au commissariat local, la victime, une professeur de lettres âgée d’une trentaine d’années, était en train de faire cours lorsque son agresseur, le visage dissimulé sous une capuche, a fait irruption dans la classe. Il l’a projetée à terre et l’a frappée au visage, la blessant à l’arcade sourcilière et au bras. Tout s’est passé très vite, et l’homme s’est enfui avant que quiconque n’ait eu le temps de réagir.

On ignore pour l’heure s’il s’agit d’un élève ou d’un jeune extérieur à l’établissement et les motifs de cette agression restent inconnus. L’examen des caméras de vidéoprotection et les auditions des différents témoins devraient permettre d’en savoir plus dans les jours à venir.

Très touchés, les enseignants ont immédiatement interrompu les cours et un membre de l’inspection académique s’est déplacé dans l’établissement. « Dès demain (NDLR : aujourd’hui), nous aurons un échange avec les professeurs, indique Marc Bablet, inspecteur d’académie adjoint. Nous avons également mobilisé une cellule d’aide psychologique et l’équipe mobile de sécurité. » Classé en ZEP (zone d’éducation prioritaire), ce collège n’avait pas connu de faits de cette violence depuis plusieurs années. « C’est un acte isolé. C’est un collège calme », poursuit Marc Bablet.

Juste après les faits, le principal, François-Xavier Demorgon, a organisé une réunion avec les parents d’élèves. « Nous avons tous été très choqués par ce que nous avons appris, s’exclame une mère de famille. C’est le premier problème grave depuis très longtemps. Et si ma fille en ressent le besoin, elle se rendra à la cellule psychologique. » Les enseignants et le personnel éducatif doivent se réunir à nouveau aujourd’hui afin de déterminer quand et dans quelles conditions les cours reprendront.
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VOIR LA DISCUSSION SUR LE FORUM NEOPROFS

source de l'image : http://www.communique-de-presse-gratuit.com/sculpture-exposition-a-venir-de-cyrille-andre-a-paris_61218.html

11 avril 2012

B-A, BA et apprentissage de la langue

Catmano, alias Catherine Huby, écrit le texte suivant le 28 octobre 2007 sur le blog Bonnet d'âne de Jean-Paul Brighelli :

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« Parce que c'est ainsi que la langue et l'esprit se structurent, et les neuro-sciences aujourd'hui confirment les intuitions des linguistes d'hier : le b-a-ba seul abolit Babel, parce que savoir sa langue, c'est, potentiellement en connaître tant d'autres ! » (J.-P. Brighelli)

Le premier reproche que l'on adresse aux méthodes de ce type, c'est justement de ne proposer aux élèves de CP qu'un vocabulaire indigent dans des phrases stupides. 
   Il est vrai que « un rat a vu un chat : il file » (Borel-Maisonny, page 41, cf. image supra) n'est pas un monument de la littérature classique, ni même contemporaine, et qu'on peut se demander quel intérêt cela peut avoir pour un enfant de six ans de quelque milieu qu'il soit.
   Et pourtant, je fais lire cette phrase chaque année, depuis treize ans maintenant, et l'exploitation littéraire que nous en faisons met en place tout un cheminement qui sera exploité toute l'année et même l'année suivante. Je suppose que ma collègue puis les professeurs de collège et de lycée continueront dans le même sens.
   Lorsque l'élève finit de déchiffrer les quatre lignes du manuel, je demande, l'air étonné : « Ah bon, et pourquoi fait-il ça ? ». Les bonnes années, tous les doigts se lèvent et je dois, une fois de plus, combattre les cris d'oisillons de ceux qui ont de la peine à retenir leur réponse.
   Les mauvaises années, lorsque j'accueille les petits « déjà démolis », « bébés lunes » et autres « poupouce-canapé », je suis obligée de reformuler : « Le rat, pourquoi file-t-il ? » en insistant même parfois sur un enfant à qui je dois faire relire la phrase et expliquer qui est ce « il » qui file. Et là, son regard s'éveille, il sourit largement (en CP, on rigole beaucoup, contrairement à ce que croient les esprits chagrins) : « Ah oui, il a peur que le chat le mange alors il se sauve. » Parfois j'ai droit à « il se tire » ou « il se casse », on apprend à parler par imprégnation, n'est-ce pas ? Alors j'en remets un petite couche : « Oui, il file, il se sauve, il fuit, il s'enfuit. »
   Et nous continuons la lecture, « Il a ramassé la vis. », et pourquoi donc ? Il l'avait fait tomber, il l'a trouvée sur la route, il l'a trouvé par terre dans le couloir, il en avait besoin, elle aurait pu faire crever une voiture, un vélo, une moto, un camion, un car, se planter dans une chaussure, un pied, la patte du chien, du chat (« Au secours, arrêtez-les ! », pense la maîtresse qui voit les aiguilles tourner et se rappelle que l'année prochaine, elle devra les laisser parler encore un peu moins si elle veut arriver à boucler sa semaine avec deux heures de moins).
   « Marie a lâché sa rame. », et alors ? Elle ne peut plus ramer, elle sera obligée d'appeler du secours ou de rentrer à la nage, sa barque va dériver...
   Petit à petit, les petites phrases stupides du manuel de lecture apprennent à l'enfant à comprendre ce qu'il lit, à poser des questions sur le sens d'un mot. Le manuel a ainsi apporté pendant les deux mois qui viennent de s'écouler les mots jars, navire, mule, lilas, tapote, ôte, roc, cor, cosse, tarde qu'aucun de mes huit élèves de CP ne connaissait.
   Lorsque nous arrivons au début du troisième trimestre, nous abandonnons ce premier tome et les élèves accèdent alors à la lecture que nos instituteurs appelaient courante.
   Les contes et les récits se succèdent au rythme d'un conte entier, ou d'un épisode sur deux ou trois, par jour. Et les élèves apprennent à approfondir leur lecture, à se remémorer les épisodes précédents, à formuler des hypothèses pour la suite, à découvrir les types de personnages et leurs caractéristiques ; bien sûr ça reste succinct, une fois sortis du renard, du tigre ou du chacal rusés, du lion et de l'aigle forts et généreux, du loup ou du chameau stupides ou du chien servile, il n'y aura pas grand-chose. Mais on aura quand même déjà découvert le Roman de Renart, les Contes des Mille et Une Nuits, les Fables de La Fontaine – si vous en connaissez d'autres que Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi, La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Bœuf, exploitables en CP- CE1, faites-moi signe, je sèche un peu.
    Au CE1, cette année, je continue le même type de travail. J'ai abandonné les cinq œuvres de la littérature de jeunesse exploitées chacune d'entre elles pendant une période de l'année scolaire sur toutes les coutures.
   Finies les pages du manuel aux exercices tirés par les cheveux pour se trouver reliés au thème du moment, les transformations de phrases selon un modèle pris dans le texte, sous prétexte d'ORL, auxquelles personne, même les meilleurs élèves, ne comprenait rien, l'écriture de BD, d'affiches, de recettes, d'épisodes du conte truffés de fautes d'orthographe, parce que ce n'est pas en un quelques mois de lecture que l'on peut acquérir l'orthographe du français, même si la maîtresse travaille assidûment la grammaire, la conjugaison et l'écriture des mots courants.
   A la place de tout cela, un texte d'une page et demie à deux pages, écrit petit en plus, en lecture à haute voix (on dit « lecture oralisée », sur mon forum d'instits), sans préparation préalable, (contrairement à ce qui est proposé par les instructions officielles pour les élèves jusqu'au CM2), afin que tous les petits « faibles » lecteurs puissent dire le texte qu'ils ne savent pas déchiffrer, et le même travail d'explication, de compréhension après chaque paragraphe, tous les jours.
   Depuis le début de l'année, ils ont déjà lu treize contes complets et presque autant de pages de littérature que ce qu'ont lu leurs camarades de l'an dernier en une année scolaire (cinq chapitres de deux pages de cinq romans pour enfants).
   Les textes sont indifféremment au présent ou au passé. Ils lisent maintenant sans difficulté des verbes au passé simple qui posent encore des problèmes à leurs camarades de CE2 ou de CM1 pour lesquels je n'avais pas encore « viré ma cuti » et qui n'avaient accès à ce temps de conjugaison que par les lectures magistrales - on dit «lecture offerte», sur mon forum d'instits, je me suis fait drôlement secouer lorsque j'ai parlé de lecture « magistrale » !
   Je continue bien sûr quand même ces lectures magistrales, le soir, avant la sortie. Le temps scolaire doit rester utile et comme, de toute façon, après cinq heures trente de classe menée tambour battant, les pouces des plus jeunes retrouvent leur route vers la bouche et que même les plus âgés commencent à ne plus savoir ce que nous avons fait dans la journée, il serait complètement improductif d'essayer de mener un quelconque exercice de soutien, même avec les meilleurs.
   Pour l'instant, les livres sont simples et le Père Castor me rend bien des services : les petites GS n'ont eu accès en maternelle qu'aux cinq albums surexploités, jusqu'à écœurement, par l'une des deux collègues (pour T. Venot : cette collègue était à cette fameuse animation et a au moins entendu cela : «Lorsqu'on lit un album à des petits, on ne change pas de page tant que tout le vocabulaire n'a pas été compris et réemployé par tous les élèves de la classe.»), et aux lectures on ne peut plus cursives de l'autre qui faisait défiler page après page, pendant un quart d'heure, sans explications ni commentaires, l'album entier qui ne ressortirait plus jamais de la bibliothèque.
   Plus tard dans l'année scolaire, je leur lirai des Contes de Perrault ou des frères Grimm, Pinocchio ou les Contes du Chat Perché ou toute autre œuvre qui me reviendra en mémoire (vous pouvez m'aider, si vous voulez) et j'estime que j'aurai joué mon rôle de transmetteur.
   Pour les langues étrangères, j'ai opté pour l'imagier. Pour l'instant, ils apprennent des noms, comme lorsqu'ils étaient tout petits et qu'ils ont commencé à parler le français.
   Je laisse la suite du programme à ma collègue de cycle 3 qui aimerait bien bénéficier de quelques heures de plus pour caser tout le français, toutes les mathématiques, toute l'histoire, toute la géographie, toutes les sciences, tout le sport, toute la musique, tous les arts visuels et tout l'anglais qu'ils ont le désir de savoir et l'énergie pour le faire.

FIN

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Le constructivisme et la main à la pâte sont les deux mamelles de l'échec scolaire en science, telle est la thèse défendue par Catherine Huby dans ce texte polémiquement jouissif.

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Borel-Maisonny sur le blog  : 


Littérature au primaire :
Certains ouvrages, contes, histoires mentionnés dans l'article supra peuvent être consultés sur :

 
des extraits d'oeuvres classiques de la Littérature, 
adaptés aux différents niveaux de l'école élémentaire.

10 avril 2012

Manuel de rédaction CM par Carré & Moy

Cet ancien manuel de rédaction pour le Cours Moyen vient d'être mis en ligne sur le tout nouveau blog Manuels anciens. Voici la reproduction de l'article central : préface et table des matières avec hypertextes et courte bibliographie d'Irénée Carré à la fin de l'article.


Leçons de style

Sujets de rédaction

Vous pouvez télécharger ici les pages de manière groupée au format pdf.
(clic droit + enregistrer sous)






Préface et table des matières détaillée

Leçons de style
I- Leçons de style : Ce qu'il ne faut pas faire
II- Leçons de style : Ce qu'il faut faire (conseils généraux)
III- Leçons de style : Ce qu'il faut faire (conseils particuliers)

Sujets de rédaction
- Sujets de rédaction : pages 55-69.
- Sujets de rédaction : pages 70-85.
- Sujets de rédaction : pages 86-99.
- Sujets de rédaction : pages 100-115.
- Sujets de rédaction : pages 116-129.
- Sujets de rédaction : pages 130-145.
- Sujets de rédaction : pages 146-164.


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Autres manuels ou textes d'Irénée Carré :
- La dictée, par Irénée Carré (article du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire)
-
-
- Manuel de vocabulaire CE1-CE2

8 avril 2012

Une semaine avec ... (CM et CS) : manuel de littérature de Marcel Berry

07 - Miguel de Cervantès : Don Quichotte
08 - Molière : L'Avare
09 - Charles Perrault : Peau d'Âne
10 - Jean Racine : Les Plaideurs
11 - Lesage : Gil Blas
12 - Voltaire : Candide au Pays de Cocagne
13 - Stendhal : La Chartreuse de Parme
14 - Les frères Grimm : Le Petit Tailleur
15 - Eugène Scribe : L'Ours et le Pacha
16 - Alfred de Vigny : Cinq-Mars
17 - Victor Hugo : Les Misérables
18 - Alexandre Dumas : La Bouillie de la Comtesse Berthe
19 - George Sand : Le Péché de Monsieur Antoine
20 - Hans Andersen : Les deux Claus
21 - Prosper Mérimée : La Chronique du règne de Charles IX
22 - Alfred de Musset : Pierre et Camille
23 - Théophile Gautier : Le Capitaine Fracasse
24 - Eugène Labiche : Le Voyage de Monsieur Perrichon
25 - Gustave Flaubert : Le Perroquet
26 - Erckmann-Chatrian : Histoire d'un conscrit de 1813
27 - Edmond About : Le Roi des Montagnes
28 - Jules Verne : Voyage au centre de la Terre
29 - Hector Malot : Romain Kalbris
30 - André Theuriet : La Princesse verte
31 - Alphonse Daudet : Tartarin sur les Alpes
32 - Paul Arène : Les Haricots de Pitalugue
33 - Anatole France : La Vie en fleur
34 - Jean Aicard : Maurin des Maures
35 - Guy de Maupassant : Le Parapluie
36 - Pierre Loti : Pêcheur d'Islande
37 - Jules Renard : Oeuvres de Jules Renard
38 - Rudyard Kipling : Le Livre de la Jungle
39 - Jean et Jérôme Tharaud : La Randonnée de Samba Diouf
40 - Pierre Benoit : L'Atlantide
41 – Poètes de langue française


sera bientôt en ligne en pdf chapitre par chapitre sur :
 
des extraits d'oeuvres classiques de la Littérature, 
adaptés aux différents niveaux de l'école élémentaire.







Documentation : Nèchetambour (Littérature au primaire, Manuels anciens).
Publié également sur le blog Manuels anciens.
Sera bientôt disponible sur le blog Littérature au primaire en attendant une future réédition.









































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