9 juillet 2017

Etat islamique (ou ISIS, ou Daech) au jour le jour

Éric Zemmour : «L'État islamique, hydre cauchemardesque des Occidentaux» (07.07.2017)
L'Etat islamique est "moribond" à Mossoul (07.07.2017)
Irak: 20.000 civils pris au piège à Mossoul (06.07.2017)
L’aviation française a effectué 600 frappes lors de la bataille de Mossoul (05.07.2017)
A Mossoul, l’interminable traque des derniers combattants de l’EI (05.07.2017)
À Mossoul, la chute dantesque de l'État islamique (05.07.2017)
Syrie : des brèches ouvertes dans le mur qui entoure la vieille ville de Rakka (04.07.2017)
A Mossoul, la menace croissante des femmes de l’organisation Etat islamique (03.07.2017)
À Mossoul, Daech lance ses kamikazes pour freiner l'armée (03.07.2017)
Mossoul : L'EI lance des kamikazes sur les forces irakiennes (03.07.2017)
Qui sont les auteurs d'attaques terroristes en Occident ? (30/06/2017)
L'EI reprend un quartier de Raqqa (30/06/2017)
L'EI totalement retiré de la province d'Alep (30/06/2017)
Mossoul : dans les ruines laissées par Daech (29/06/2017)
L'EI subit deux revers en Irak et Syrie (29/06/2017)
Daech a perdu 60% de son territoire et 80% de ses revenus (29/06/2017)
EI/Philippines : la Chine promet d'aider (29/06/2017)
Roumanie : un arrestation en lien avec l'EI (29/06/2017)
Mossoul : les forces irakiennes annoncent avoir repris la mosquée Al-Nouri (29/06/2017)
L'interminable reconquête de Mossoul, la «capitale» irakienne de Daech (28/06/2017)
A Mossoul, les forces spéciales irakiennes se préparent à reprendre le dernier carré de l’EI (27.06.2017)
Offensive à Raqqa : « l'État Islamique n'existe plus » (09/06/2017)
Daech veut créer un califat aux Philippines (29/05/2017)
A Mossoul, les forces anti-EI relancent la bataille (05.05.2017)
Syrie : six mois pour libérer Raqqa de l'État islamique (10/02/2017)
Les quatre fronts de la guerre contre l’Etat islamique (24.05.2016)
David Thomson: «Les djihadistes qui reviennent ne sont pas repentis» (01.12.2016)



Situé à seulement 50 kilomètres de Bagdad, la capitale, Fallouja a été l’un des foyers d’Al-Qaeda après l’invasion américaine de 2003.
Syrie en 2016

L'Irak annonce que Mossoul est "libérée" de l'État islamique (09.07.2017)
Par Le Figaro.fr avec ReutersMis à jour le 09/07/2017 à 14:54 Publié le 09/07/2017 à 14:32

Le premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a annoncé dimanche la "victoire" sur les djihadistes du groupe Etat islamique à Mossoul.


"Le commandant en chef des forces armées (le premier ministre) Haïdar al Abadi est arrivé dans la ville libérée de Mossoul et a félicité les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette grande victoire", lit-on dans un communiqué des services du chef du gouvernement.

Les troupes irakiennes avaient atteint dimanche, quelques heures plus tôt, les berges du Tigre dans la partie ouest de Mossoul, où se déroulaient les derniers combats contre l'EI.

L'EI s'était emparé de Mossoul en juin 2014 à la faveur d'une offensive éclair qui lui avait permis de contrôler de vastes territoires du nord et de l'ouest de l'Irak, mais aussi de Syrie voisine. C'est du haut du pupitre de la grande mosquée Al Nouri, dans la vieille ville de Mossoul, que peu après, le chef de l'EI, Abou Bakr al Baghdadi, avait proclamé l'établissement d'un "califat" s'étendant à cheval sur l'Irak et la Syrie.


Deux journalistes irakiens tués par l’EI près de Mossoul (08.07.2017)
Un groupe de journalistes était parti avec des policiers irakiens pour rendre compte d’une opération qui visait à déloger des djihadistes d’un village.
Le Monde.fr avec AFP | 08.07.2017 à 00h14 • Mis à jour le 08.07.2017 à 13h40

Une équipe d’intervention d’urgence en position lors des affrontements entre police irakienne et combattants de l’Etat islamique, le 7 juillet à Mossoul. AHMED SAAD / REUTERS

Des djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont tué deux journalistes irakiens dans un village au sud de Mossoul, dans le nord du pays, a annoncé vendredi 7 juillet la chaîne de télévision qui les employait. En revanche, un troisième journaliste qui était resté bloqué dans le village a été secouru par les forces de sécurité.

La chaîne Houna Salaheddine (« Ici Salaheddine ») n’a pas précisé la date de l’attaque. Mais des combattants de l’EI se sont infiltrés dans le village d’Imam Gharbi plus tôt cette semaine, kidnappant des civils, et les forces irakiennes s’efforcent de les en chasser, selon des responsables militaires.

« Notre collègue Harb Hazza Al-Douleimi, correspondant de la chaîne Houna Salaheddine, et Soudad Al-Douri, le caméraman, sont tombés en martyrs » à Imam Gharbi, a écrit la télévision dans un communiqué.

« Pris au piège »

Un autre correspondant de la chaîne irakienne, Mustafa Wahadi, s’était, lui, retrouvé pris au piège dans le village avec des policiers. « La situation est très dangereuse autour de moi » et l’EI « est tout proche », avait-il écrit sur sa page Facebook.

Dans la soirée, le général de brigade Saad Maan, porte-parole du ministère de l’intérieur, a annoncé qu’il avait été secouru. « Les forces de sécurité ont pu libérer les journalistes pris au piège dans le village et les policiers qui étaient avec eux », a-t-il dit, sans plus de précisions.

En 2016, l’Irak a fait partie des trois pays les plus meurtriers pour les journalistes pour la quatrième année d’affilée, selon le Comité pour la protection des journalistes. Deux journalistes français et leur fixeur irakien ont été tués dans l’explosion d’une mine le mois dernier à Mossoul, où les forces irakiennes sont engagées dans la dernière étape de la bataille contre l’EI.

Assaut prévu

Le village d’Imam Gharbi se trouve à 60 km au sud de Mossoul, près du Tigre. Non loin, sur l’autre rive du fleuve, dans la province de Salaheddine, se trouve une zone encore tenue par l’EI, que les forces irakiennes n’ont pas attaquée lors de leur offensive sur Mossoul, lancée en octobre. « Nous cernons le village et nous le prendrons d’assaut d’ici quelques heures », a déclaré le général Najmeddine Al-Joubouri, responsable de la sécurité pour toute la province de Ninive.

Selon un officier de l’armée, qui a souhaité conserver l’anonymat, des combattants de l’EI ont traversé le fleuve et se sont infiltrés dans Imam Gharbi. « Plus de dix familles ont été kidnappées par des membres de Daech [acronyme arabe de l’EI], dont des femmes et des enfants », a-t-il précisé.

Selon le cheikh Marwan Jabara, porte-parole des tribus de la province voisine de Salaheddine, les journalistes étaient partis jeudi avec des forces de police pour rendre compte des opérations visant à déloger du village les quarante à cinquante djihadistes infiltrés.

Éric Zemmour : «L'État islamique, hydre cauchemardesque des Occidentaux» (07.07.2017)

«Le sort de Daech est anecdotique. Peu importe la structure, les fondamentaux de l'Islam demeurent», estime Éric Zemmour.

Publié le 07/07/2017 à 09h00

CHRONIQUE - Le Moyen-Orient connaît aujourd'hui une situation qui ressemble à celle de l'Europe du XVIIe siècle, lorsque la querelle religieuse entre catholiques et protestants s'est transformée en une guerre totale.

C'est le début de la fin. À Mossoul (Irak) comme à Raqqa (Syrie), les défenseurs de Daech croulent sous l'assaut de leurs assaillants. L'État islamique s'était installé dans ces deux villes pour montrer qu'il ignorait la frontière entre l'Irak et la Syrie, délimitée par le fameux accord Sykes-Picot d'il y a un siècle. Une façon symbolique d'effacer la colonisation franco-anglaise et sa prétention à imposer partout la forme européenne de l'État-nation. Le combat de Daech est d'abord une prétention au califat, la forme impériale qu'a prise l'Islam dans l'Histoire. Cette ambition de s'inscrire sur un territoire est la grande différence avec l'action déterritorialisée et mondialisée d'al-Qaida.

La défaite de Daech dans ces deux villes sonnera le glas de son ambition politique. Elle ne mettra nullement un terme à son combat ni au désordre sanglant dans la région. Ses vainqueurs sont trop nombreux. La coalition occidentale et celle formée par l'Iran et la Russie n'ont pas les mêmes objectifs. À Mossoul comme à Raqqa, ce sont les troupes kurdes d'élite, aidées des conseillers américains, qui font le plus mal aux combattants du califat. La Turquie ne peut tolérer l'édification d'un Kurdistan indépendant par les armes. Erdogan est prêt à intervenir militairement en Syrie pour arrêter les Kurdes. Que feront les Américains, alliés de ces deux ennemis mortels? La Turquie sait qu'elle est regardée de travers par ses partenaires de l'Otan. Pour ne pas ouvrir trop de fronts à la fois, Erdogan a embrassé la babouche de Poutine et renoncé à renverser Assad. Mais l'Arabie saoudite n'a pas renoncé à combattre le dictateur syrien. Assad et son clan sont pour elle le symbole de l'insupportable présence de l'Iran. L'Arabie saoudite ne peut tolérer cet arc chiite Bagdad-Damas-Beyrouth qui s'est imposé peu à peu, profitant des folles interventions militaires américaines et de la puissance de feu des milices du Hezbollah. Cet affrontement entre l'Arabie saoudite et l'Iran va structurer encore longtemps la région. Il explique le soudain blocus du Qatar (ami de l'Iran!) et les bombardements de l'aviation saoudienne sur le Yémen.

Le Moyen-Orient connaît aujourd'hui une situation qui ressemble à celle de l'Europe du XVIIe siècle, lorsque la querelle religieuse entre catholiques et protestants s'est transformée en une guerre totale où toutes les puissances ont fini par intervenir, y compris la France de Richelieu. Cette guerre dura trente ans. Elle ravagea l'Europe, et l'Allemagne y perdit le tiers de sa population.

Le Moyen-Orient connaît sa guerre de Trente Ans. Tout le monde surveille tout le monde. Trump soutient l'Arabie saoudite. La Russie ne lâche pas l'Iran. Les ennemis de mes ennemis deviennent mes amis : Israël, par crainte de l'Iran et du Hezbollah à ses frontières, est en train de devenir le meilleur allié de l'Arabie saoudite. Tant pis pour les Palestiniens !

Dans ce grand jeu, le sort de Daech est anecdotique. Peu importe la structure, les fondamentaux de l'Islam demeurent. L'Arabie saoudite continuera de financer dans le monde les mosquées salafistes et l'islam le plus rigoriste de se répandre dans nos banlieues. Le califat est mort, vive le califat !

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L'Etat islamique est "moribond" à Mossoul (07.07.2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 07/07/2017 à 06:57 Publié le 07/07/2017 à 06:55

La défaite du groupe Etat islamique est proche dans son ancien bastion de Mossoul, deuxième ville d'Irak, dont les djihadistes devraient être totalement expulsés d'ici la semaine prochaine, a affirmé jeudi un général de brigade canadien de la coalition internationale.


Selon Dave Anderson, qui supervise la formation des troupes locales dans le cadre de l'intervention dirigée par les Etats-Unis, les forces de sécurité irakiennes ont repoussé les djihadistes dans leurs derniers retranchements, dans une petite poche de la vieille ville près du fleuve Tigre.


"Les forces irakiennes ont le fleuve Tigre en vue depuis l'ouest, et affrontent un ennemi qui est totalement moribond", a indiqué le général Anderson à des journalistes lors d'une vidéoconférence depuis Bagdad. Interrogé sur le nombre de combattants djihadistes restant à Mossoul, il a indiqué l'ignorer mais a assuré n'avoir "aucun doute" sur le fait qu'il n'y en aurait plus d'ici la semaine prochaine.

Le Canadien a précisé que la coalition avait commencé à dépêcher des équipements sur place pour aider la police irakienne à maintenir sa présence à Mossoul et pour tenir la ville après sa libération. Il s'agit notamment de matériels de patrouille, des réservoirs d'eau, des ordinateurs portables, des téléphones, des dispositifs pour installer des postes de contrôle, des véhicules, etc.

Plus de huit mois après le début de l'offensive pour reprendre Mossoul, les autorités militaires et politiques du pays ont affirmé jeudi que la "victoire" était désormais très proche face à l'EI, en passe de subir son plus important revers depuis 2014.



Irak: 20.000 civils pris au piège à Mossoul (06.07.2017)
Mis à jour le 06/07/2017 à 09:19 Publié le 06/07/2017 à 09:16

Il y a environ 20.000 civils toujours pris au piège des combats à Mossoul, selon l'ONU.
Plus d'informations à venir.

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L’aviation française a effectué 600 frappes lors de la bataille de Mossoul (05.07.2017)
Depuis le début de leur engagement contre l’EI en septembre 2014, les Français ont procédé à 1 307 frappes aériennes en Irak et Syrie.

Le Monde.fr avec AFP | 05.07.2017 à 21h30

L’aviation de chasse française a contribué à hauteur de 600 frappes à la bataille pour la reprise de Mossoul, dans le nord de l’Irak, où l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) ne détient plus qu’un mince réduit, a annoncé mercredi 5 juillet le porte-parole des armées françaises.
Depuis le début de leur engagement contre l’EI, en septembre 2014, les Français ont procédé à 1 307 frappes aériennes en Irak et Syrie. La coalition conduite par les Etats-Unis en a effectué plus de 22 670 en Irak et 9 675 en Syrie, selon le Pentagone.


« Il y a d’abord eu la préparation de la bataille de Mossoul pour accompagner les forces de sécurité irakiennes, encercler la ville afin de couper tout renfort possible de l’extérieur : 300 frappes françaises ont accompagné ce premier succès », a déclaré le colonel français Patrik Steiger lors d’un point de presse. Et d’ajouter :
« Lors d’une seconde phase (...), qui permet aujourd’hui d’évoquer de façon sereine la libération de la ville, [il y a eu] 300 autres frappes et 1 200 missions de tirs d’artillerie. »


Pas d’annonces prématurées

Outre ses avions de chasse en Jordanie et aux Emirats, ses canons Caesar autour de la ville de Mossoul, la France a engagé son porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, de septembre à décembre 2016.

Entre le 28 juin et le 4 juillet, les avions français ont encore effectué quatre frappes dans le secteur de Mossoul et quatre dans celui de Raqqa, fief de l’EI en Syrie.

Le colonel Steiger a cependant mis en garde contre des annonces prématurées de libération de Mossoul. « Il reste un kilomètre carré mais c’est ce qui restait à Syrte et à Benghazi (en Libye) et il a fallu des mois pour les prendre », a-t-il souligné. « La question n’est pas de savoir si Mossoul va tomber mais quand », a-t-il dit.


Une fois que la ville aura été reprise, « tout ou presque a été piégé et donc de longues opérations de déminage et de sécurisation vont devoir neutraliser les dernières cellules dormantes et les pièges dont Daech [acronyme arabe de l’EI] a saturé la ville », a-t-il dit.


A Mossoul, l’interminable traque des derniers combattants de l’EI (05.07.2017)
Les forces de la coalition n’ont plus que 300 mètres à reconquérir pour achever la bataille de plus de huit mois dans la métropole du nord de l’Irak.

LE MONDE | 05.07.2017 à 15h56 | Par Hélène Sallon
A Mossoul, le 29 juin.

Les hommes de la 1re Division des forces antiterroristes irakiennes se sont positionnés, mardi 4 juillet à l’aube, au bord de la rue Nabi Jorjis, dans la vieille ville de Mossoul. Face à eux se trouve le quartier d’Al-Midan, et seulement 300 mètres à conquérir jusqu’à la rive du Tigre, leur ultime objectif pour achever une bataille harassante de plus de huit mois dans la métropole du nord de l’Irak. Des femmes et des enfants, épuisés et apeurés, arrivent déjà en direction des soldats d’élite, par petits groupes.

Le lieutenant-colonel Salam Jassem Hussein a trouvé une nouvelle maison au plus près de la ligne de front pour installer sa caméra orientable. A l’extérieur, les détonations pétaradent dans une cacophonie assourdissante. Un important stock de munitions, laissées derrière eux par les combattants de l’organisation Etat islamique (EI), a pris feu dans un immeuble touché par une bombe.

La caméra balaie le quartier d’Al-Midan. Sur l’écran, quelques hommes bien charpentés, à la barbe fournie et vêtus de chemisettes et de pantacourts, attirent l’attention des soldats. Ils rentrent dans une maison qui donne sur une petite place ombragée par un arbre. « Ce sont des Russes », croient discerner les soldats. Le terme, dans leur bouche, désigne les combattants originaires de Russie, des républiques indépendantes soviétiques comme la Tchétchénie, et du Caucase.

Les hommes ressortent et, d’un pas nonchalant, marchent vers une autre maison. A intervalles réguliers, des groupes de deux à trois hommes arrivent, allant d’une maison à une autre. Un premier homme est repéré avec une kalachnikov sur le dos. « On a la preuve que ce sont bien des combattants. Filmez, filmez, qu’on ait tout sur la vidéo », intime le lieutenant-colonel Salam à ses hommes.

Selon les informations recueillies auprès des civils qui ont fui la vieille ville, beaucoup de combattants étrangers...


À Mossoul, la chute dantesque de l'État islamique (05.07.2017)
Par Adrien Jaulmes Mis à jour le 05/07/2017 à 08:07 Publié le 04/07/2017 à 20:15

Dans la vieille ville de Mossoul, un membre de l'armée irakienne libère mardi une famille pris au piège des combats depuis des semaines.
VIDÉO - Acculés à une bande de terre de 400 mètres de large le long du Tigre, les djihadistes laissent une ville en ruines.
De notre envoyé spécial à Mossoul

Seul un triple portique aux grilles tordues indique encore l'entrée de ce qui fut la grande mosquée al-Nouri de Mossoul. Derrière ce portail, une coupole vert pâle criblée d'éclats et quelques colonnes tiennent encore debout, à côté d'une carcasse de voiture arrivée là on ne sait comment. Le reste de l'ancien édifice du XIIe siècle n'est plus qu'un énorme amoncellement de gravats. Du célèbre minaret ‘al-Hadba', penché comme la tour de ...

Syrie : des brèches ouvertes dans le mur qui entoure la vieille ville de Rakka (04.07.2017)
Depuis le 6 juin, les Forces démocratiques syriennes rencontrent une forte résistance des combattants de l’EI. Mardi, les forces de la coalition ont soutenu leur avancée.


Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 04.07.2017 à 06h43 • Mis à jour le 04.07.2017 à 08h32

Nouvelle percée pour les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, qui tentent de reprendre la ville syrienne de Rakka aux djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI). 
« Des forces de la coalition ont soutenu l’avancée des FDS dans la partie la plus lourdement fortifiée de Rakka en ouvrant deux brèches dans le mur de Rafiqah qui entoure la vieille ville », a annoncé lundi 3 juillet dans un communiqué le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom).


Entrées le 6 juin dans Rakka, bastion de l’EI en Syrie, les FDS se sont ensuite emparées de plusieurs quartiers dans l’est et l’ouest de la ville mais se sont heurtées à une farouche résistance des djihadistes au fur et à mesure de leur progression vers le centre. Elles sont entrées pour la première fois par le sud dimanche, traversant l’Euphrate pour pénétrer dans une nouvelle partie de la ville.

Des frappes ciblées sur le mur

Dans les combats à proximité du mur historique datant du VIIIe siècle qui entoure la vieille ville de Rakka, les FDS ont rencontré une forte résistance des combattants de l’EI qui ont utilisé ce mur comme position de défense et ont posé à proximité des mines et d’autres engins explosifs, a rapporté le Centcom. 
« Des frappes ciblées sur deux petites portions du mur ont permis aux forces de la coalition et aux forces associées de pénétrer dans la vieille ville aux endroits où elles l’avaient décidé. »


Ces frappes limitées ont notamment permis de « protéger les vies des FDS et des civils » et de « préserver l’intégrité de la plus grande partie du mur », précise le communiqué américain. « Les portions visées étaient des sections de 25 m, ce qui permettra de préserver le reste du mur qui est long en tout de 2 500 m. »

Selon la coalition, quelque 2 500 djihadistes de l’EI défendent Rakka, dans le nord de la Syrie.


A Mossoul, la menace croissante des femmes de l’organisation Etat islamique (03.07.2017)
Quatre attentats suicides ont été perpétrés, samedi 1er juillet, contre des positions militaires aux abords de la mosquée Al-Nouri par des femmes kamikazes.

LE MONDE | 03.07.2017 à 12h11 • Mis à jour le 04.07.2017 à 06h41 | Par Hélène Sallon (Mossoul, envoyée spéciale)

(photo)
Dans la vieille ville de Mossoul, le 2 juillet. FADEL SENNA / AFP

Les visages accablés de douleur et marqués par la peur de dizaines de femmes et d’enfants apparaissent au bout d’une venelle qui court depuis le cœur de la vieille ville de Mossoul jusqu’au pied du minaret d’Al-Hadba, dimanche 2 juillet, en milieu de journée. Les soldats de la première division des forces antiterroristes irakiennes (ISOF-1) postés dans la ruelle se hâtent de trouver refuge à l’intérieur des vieilles bâtisses. Resté sur le pas-de-porte d’une mosquée à moitié détruite dans les combats, le général Abdelwahab Al-Saedi est prié par ses hommes de se mettre à l’abri.

Il n’est plus question pour les soldats d’élite de prendre le risque de venir au-devant des civils en fuite, qui arrivent par centaines. La fouille des hommes à distance ne suffit plus. Samedi 1er juillet, quatre attentats-suicides ont été perpétrés contre des positions militaires aux abords de la mosquée Al-Nouri par des femmes kamikazes qui s’étaient glissées dans le flot de réfugiés, faisant plusieurs morts et des blessés parmi les civils et les militaires. Lundi 3, ce sont deux nouvelles attaques de femmes qui ont eu lieu, dont une avait la nationalité tunisienne selon les forces antiterroristes.

« On a été chassé de notre maison par un enfant combattant pas plus haut que cela. Il avait l’air d’être russe »

Le recours par l’organisation Etat islamique (EI) aux femmes et aux enfants dans les combats, redouté depuis le début de l’offensive sur Mossoul en octobre 2016, s’est systématisé dans les dernières semaines de la bataille. Dans le quartier de Zinjili, au nord de la vieille ville, en mai et juin, les hommes d’ISOF-1 ont trouvé face à eux sept femmes combattantes armées de mitraillettes, qui se sont battues jusqu’à la mort.

Dans le viseur des tireurs d’élite, pointé en direction du quartier Midan, où se sont retranchés les combattants de l’EI sur les bords du Tigre, apparaissent de plus en plus souvent des enfants soldats, harnachés...



À Mossoul, Daech lance ses kamikazes pour freiner l'armée (03.07.2017)
Par lefigaro.fr Mis à jour le 03/07/2017 à 21:03 Publié le 03/07/2017 à 20:19

Des femmes en abaya noire fuient au milieu des ruines de la vieille ville de Mossoul avec leurs enfants dans les bras.
Des femmes en abaya noire fuient au milieu des ruines de la vieille ville de Mossoul avec leurs enfants dans les bras.

Un homme évacue un proche blessé à bord d'une remorque de fortune dans la vieille ville de Mossoul.
Un homme évacue un proche blessé à bord d'une remorque de fortune dans la vieille ville de Mossoul.

Des civils fuyant les combats emportent quelque affaires à travers les ruelles étroites et en partie détruites de la vieille ville de Mossoul.
Des civils fuyant les combats emportent quelque affaires à travers les ruelles étroites et en partie détruites de la vieille ville de Mossoul.

Un jeune homme arbore un large sourire et une cage à oiseaux alors qu'il évacue avec d'autres civils la vieille ville de Mossoul.
Un jeune homme arbore un large sourire et une cage à oiseaux alors qu'il évacue avec d'autres civils la vieille ville de Mossoul.

Une femme porte une petite fille blessée dans ses bras alors que les soldats des forces irakiennes poursuivent leur avancée dans les ruelles de la vieille ville de Mossoul.
Une femme porte une petite fille blessée dans ses bras alors que les soldats des forces irakiennes poursuivent leur avancée dans les ruelles de la vieille ville de Mossoul.

Omar, qui a perdu sa famille dans les combats qui font rage entre les derniers combattants de l'Etat islamique et l'armée irakienne, en compagnie des hommes du contre-terrorisme.
Omar, qui a perdu sa famille dans les combats qui font rage entre les derniers combattants de l'Etat islamique et l'armée irakienne, en compagnie des hommes du contre-terrorisme.

Des familles fuyant l'Etat islamique attendent d'être fouillées à un check point de Mossoul. L'armée irakienne craint la présence de kamikazes parmi eux
Des familles fuyant l'Etat islamique attendent d'être fouillées à un check point de Mossoul. L'armée irakienne craint la présence de kamikazes parmi eux

Des policiers irakiens font le V de la victoire durant les combats dans la vieille ville, qu'ils espèrent reprendre à l'Etat islamique d'ici la fin de la semaine.
Des policiers irakiens font le V de la victoire durant les combats dans la vieille ville, qu'ils espèrent reprendre à l'Etat islamique d'ici la fin de la semaine.

Les forces irakiennes peinaient lundi à avancer dans la vieille ville de Mossoul face à la multiplication des attentats-suicides menés par les djihadistes qui luttent pour leur survie dans leur dernier grand bastion urbain en Irak.

Il s'agit de l'ultime phase de la bataille de Mossoul, lancée il y a plus de huit mois pour chasser le groupe État islamique (EI) de la deuxième ville du pays. L'EI n'y contrôle plus qu'un petit secteur de la vieille ville dans l'ouest de la cité septentrionale. Acculés sur la rive ouest du Tigre, et encerclés de l'autre côté par l'armée et la police, les djihadistes n'ont cessé de reculer depuis le début de l'assaut sur la vieille ville, le 18 juin. Selon une carte publiée par l'état-major, ils ne tenaient plus que quelques rues, dans un rectangle de 500 mètres de long et 300 mètres de large. De plusieurs milliers au début de l'opération , ils ne seraient plus que quelques centaines, dont une majorité d'étrangers, estime le lieutenant Sami al-Aridhi, un commandant des forces du contre-terrorisme (CTS). Mais à mesure qu'ils perdent du terrain, les djihadistes opposent une résistance de plus en plus féroce, au milieu de civils pris au piège.

À une centaine de mètres du site à moitié détruit de l'emblématique mosquée al-Nouri, repris jeudi dernier aux jihadistes, les belligérants retranchés dans deux immeubles se tirent dessus alors que des raids aériens frappent des bâtiments proches. Le front reste donc en partie proche de la mosquée, suggérant que l'avancée des forces gouvernementales reste lente. Un blindé irakien rentre du front avec assis à l'avant un homme barbu, torse nu et mains ligotées, à côté d'un soldat armé qui le pointe du doigt en criant: «Daech»! - acronyme en arabe de l'EI.

Des kamikazes de 12 et 14 ans

«Dans certains quartiers, l'ennemi a recours depuis trois jours à des kamikazes, notamment des femmes», précise le lieutenant Sami al-Aridhi pour expliquer la lente progression. «Auparavant, l'EI utilisait davantage de snipers et de bombes». Ces derniers jours, des adolescentes de 12 et 14 ans ont commis des attentats suicide tuant trois soldats irakiens, ont témoigné des militaires. Par crainte de ces attentats suicide, soldats et policiers postés à la sortie de la vieille ville demandaient lundi à chaque civil homme qui en sortait de soulever sa chemise ou son T-shirt pour montrer qu'il ne portait pas de ceinture explosive. Ne pouvant fouiller les femmes, faute de collègues féminines en nombre suffisant, ils leur demandaient d'ôter leur niqab et les isolaient le temps de contrôler leur identité.

Les forces irakiennes sont aussi gênées par la physionomie des lieux, un secteur aux rues étroites et densément peuplées qui rend «les combats chaque jour plus difficiles», a expliqué le général Abdel Ghani al-Assadi, commandant au CTS. Le commandant Aridhi croit malgré tout que la fin de la bataille devrait intervenir dans les prochains jours. Le Premier ministre Haïdar al Abadi est attendu prochainement à Mossoul pour annoncer formellement la victoire. Une semaine de célébrations nationales est prévue dans le pays.

L'EI a perdu 60% de son territoire

En attendant, des dizaines de civils, tout juste libérés par les troupes irakiennes après des mois bloqués dans la vieille ville, continuaient lundi d'affluer par petits groupes comprenant de nombreux enfants, y compris des bébés. Tous ont les traits tirés, sont pâles de fatigue ou rougis par l'émotion d'être enfin sortis de cette «prison» où ils manquaient de nourriture et d'eau potable, et risquaient chaque jour d'être tués. Parmi eux, Faten, une femme de 34 ans accompagnée de son fils de 13 ans, tremble dans son abaya noire. Elle raconte avoir été libérée par l'armée de la maison où elle était retenue depuis quatre mois par des djihadistes qui menaçaient de les tuer s'ils tentaient de fuir. «Je ne peux pas croire que je suis sortie vivante, je suis tellement contente»! lance-t-elle en pleurant de joie et de soulagement.

À quelques mètres de là, la frêle Fatima, 15 ans, abaya noire et cheveux couverts d'un foulard orange et noir, tient dans ses bras son fils d'un an et demi qu'elle a eu avec son mari, un djihadiste qui les retenait depuis un an. Elle n'a plus de nouvelles de lui, et ne veut pas en avoir. «Je ne veux plus jamais le voir car il nous affamait». Les civils sortant de la vieille ville sont pris en charge dans un centre médical improvisé. «Ils fuient la mort, la faim et la peur», dit Nazar Saleh, un médecin.

L'État islamique s'était emparé en 2014 de vastes pans de territoire en Irak, avant de perdre beaucoup de terrain face aux offensives des forces irakiennes appuyées par des frappes de la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis. Toutefois, une perte de Mossoul ne marquera pas la fin de la guerre contre l'EI, qui contrôle toujours plusieurs zones en Irak et en Syrie voisine. Bien qu'il ait perdu 60% de son territoire et 80% de ses revenus en trois ans, selon une étude du cabinet d'analyse IHS Markit publiée la semaine dernière, l'EI parvient toujours à commettre des attentats sanglants dans ces deux pays.

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Mossoul : L'EI lance des kamikazes sur les forces irakiennes (03.07.2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 03/07/2017 à 16:58 Publié le 03/07/2017 à 16:48

Les forces irakiennes peinaient à avancer dans la vieille ville de Mossoul face à la multiplication des attentats suicide menés par les jihadistes qui luttent pour leur survie dans leur dernier grand bastion urbain en Irak.


Il s'agit de l'ultime phase de la bataille de Mossoul lancée il y a plus de huit mois par l'armée pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de la deuxième ville du pays. L'EI n'y contrôle plus qu'un petit secteur de la vieille ville dans l'ouest de la cité septentrionale.

Mais à mesure qu'ils perdent du terrain, les jihadistes opposent une résistance de plus en plus féroce, au milieu de civils pris au piège des combats. "Dans certains quartiers, l'ennemi a recours depuis trois jours à des kamikazes, notamment des femmes", a déclaré le lieutenant Sami al-Aridhi, un commandant des forces du contre-terrorisme (CTS). "Avant cela, l'EI utilisait davantage de snipers et de bombes".

Il reste quelques centaines de jihadistes dans leur dernier carré de Mossoul, dont une majorité 
d'étrangers, a-t-il précisé. Acculés sur la rive ouest du Tigre, et encerclés de l'autre côté par l'armée et la police, les jihadistes n'ont cessé de reculer depuis le début le 18 juin de l'assaut sur la vieille ville. Selon M. Aridhi, la fin de la bataille devrait intervenir "d'ici cinq jours à une semaine".

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Qui sont les auteurs d'attaques terroristes en Occident ? (30/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 30/06/2017 à 19:08 Publié le 30/06/2017 à 18:42

Les auteurs d'attaques terroristes en Europe et aux Etats-Unis étaient dans leur grande majorité des hommes jeunes et connus des autorités, selon une étude universitaire ayant passé au peigne fin les 51 attentats perpétrés en Occident depuis trois ans.

Depuis la proclamation du "califat" de l'Etat islamique le 29 juin 2014, il y a juste trois ans, 51 attentats ont été menés en Occident, dans un nombre limité de pays (8). La France a été le pays le plus touché, avec 17 attaques, suivie des Etats-Unis (16) et de l'Allemagne (7).


Ces attaques qui ont fait 395 morts et au moins 1.549 blessés, ont été perpétrées par 65 assaillants. Quarante-trois ont perdu la vie, 21 ont été arrêtés, 1 est en fuite.

L'âge moyen des auteurs s'élève ainsi à 27,3 ans. Le plus jeune avait 15 ans, le plus âgé 52. Sur les 65 assaillants, 63 étaient des hommes, soit 97% d'entre eux.

73% étaient citoyens du pays où ils ont mené l'attaque. 14% résidaient légalement dans le pays ou étaient en visite légalement depuis des pays proches, 5% étaient des réfugiés ou des demandeurs d'asile, tandis que 6% étaient présents illégalement sur le territoire ou attendaient d'être expulsés. 17% étaient des personnes qui se sont converties à l'islam.

82% étaient déjà connus d'une façon ou d'une autre des autorités avant l'attaque. 57% avaient un passé criminel et 18% avaient déjà effectué un séjour en prison. En revanche, seuls 18% d'entre eux s'étaient rendus à l'étranger pour combattre sur un terrain de guerre.

Concernant les attaques proprement dites, dans 8% des cas, l'ordre venait directement de dirigeants de l'Etat islamique. Dans 26%, les assaillants n'avaient pas de connexion avec l'EI ou d'autres groupes djihadistes, mais ont été inspirés par leur message. Enfin, dans 66% des cas, les auteurs avaient une forme de connexion avec l'EI ou d'autres groupes, mais ont agi de manière autonome.


Ce rapport baptisé "Djihadiste de la porte d'à côté. Radicalisation et attaques djihadistes en Occident" est le fruit d'une recherche approfondie conduite par Lorenzo Vidino, Francesco Marone et Eva Entenmann, dans le cadre du Programme sur l'extrémisme de l'Université George Washington, situé dans la capitale américaine, de l'Ispi (Institut pour les études de politique internationale) de Milan et de l'ICCT (centre international pour le contre-terrorisme) de La Haye. Ils ont étudié les 21 attentats perpétrés en Occident depuis 3 ans.

L'EI reprend un quartier de Raqqa (30/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 30/06/2017 à 14:01 Publié le 30/06/2017 à 13:51

Le groupe État islamique (EI) a repris aujourd'hui un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"L'EI a totalement repris al-Senaa, le quartier le plus important dont s'était emparées les Forces démocratiques syriennes (FDS) le 12 juin", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire, en référence à l'alliance kurdo-arabe appuyée par une coalition internationale menée par les Etats-Unis.



"En utilisant des tunnels, les jihadistes ont attaqué les FDS en utilisant des kamikazes ainsi que des drones transportant des charges explosives", a-t-il précisé. Al-Senaa, un quartier densément peuplé, se trouve à proximité de la vieille ville de Raqa.

Hier, une quarantaine de membres de l'EI, vêtus de l'uniforme des FDS pour tromper la vigilance de leurs adversaires, avaient attaqué al-Senaa et Mechleb, deux quartiers du sud-est. Ils avaient mené trois attaques suicide à la voiture piégées, actionné des drones avec des charges explosives, pour s'emparer de six positions tenues par les FDS.

Après l'attaque d'aujourd'hui , les FDS ont dû se replier sur le quartier adjacent de Mechleb "où elles renforcent leurs positions", a dit M. Abdel Rahmane. Après la perte d'al-Senaa, les FDS contrôlent toujours Mechleb à l'est et deux autres quartiers à l'ouest.

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L'EI totalement retiré de la province d'Alep (30/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 30/06/2017 à 14:26 Publié le 30/06/2017 à 14:02

Le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) s'est totalement retiré d'Alep, mettant fin à une présence de quatre ans de la province septentrionale de Syrie, a affirmé à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Daech s'est complétement retiré de la province d'Alep face à l'avance des forces du régime", a dit le chef de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, en utilisant un acronyme en arabe de l'EI. Ce retrait d'Alep a été confirmé de source militaire syrienne.

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Mossoul : dans les ruines laissées par Daech (29/06/2017)
Par Luc Mathieu, Envoyé spécial à Mossoul Photos William Daniels — 29 juin 2017 à 20:26

Dans le vieux Mossoul, dimanche. 
Dans le vieux Mossoul, dimanche.  Photo William Daniels pour Libération 
Si la reprise de la mosquée Al-Nouri marque un tournant symbolique du conflit, les combats se poursuivent entre des jihadistes aux abois et une armée épuisée.

  Mossoul : dans les ruines laissées par Daech
Quand le vent se lève, la vieille ville de Mossoul disparaît. Le ciel gris et brûlant, les murs sales des maisons ravagées, la poussière des gravats, plus rien ne se distingue, tout se mêle. Seule ressort parfois la puanteur de cadavres oubliés. Les forces irakiennes ont avancé jeudi et dévoilé un paysage post-apocalyptique. Elles ont gagné quelques centaines de mètres sur l’Etat islamique. Cela paraît peu. Mais dans des venelles d’un mètre et demi de large où chaque pas risque de déclencher une mine artisanale, où chaque porte peut receler un piège, c’est beaucoup. L’avancée est aussi symbolique. Les forces spéciales se sont emparé de ce qu’il reste de la mosquée Al-Nouri et d’Al-Hadba, son minaret penché recouvert de mosaïques, le «bossu» comme le surnomment les Mossouliotes. Les jihadistes l’ont dynamité le 21 juin. Ils ne voulaient pas que les soldats puissent parader et faire des selfies devant le minbar où Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autodésigné, a fait sa seule apparition publique. C’était le 3 juillet 2014, l’Etat islamique était au faîte de sa puissance. Jeudi, l’armée irakienne a commencé à déminer les ruines de l’édifice. «D’ici quatre à cinq jours, nous aurons atteint le Tigre. La victoire est une question de jours. Daech n’est plus qu’un pain de glace qui fond sous le soleil», souffle le général Sami al-Arthy, à la tête de deux divisions des forces spéciales irakiennes.

Dans la poussière de la vieille ville, à côté de son blindé noir frappé d’une tête de mort, Nasser, 23 ans, soldat dans les forces spéciales, ne dit pas autre chose. «Dans dix jours, deux semaines peut-être, c’est réglé. On sent que les hommes de l’Etat islamique n’ont plus le moral, qu’ils ne pensent plus qu’à s’échapper. Ils ne savent plus se battre alors qu’il y a encore trois semaines, ils étaient des combattants redoutables.» La bataille a anéanti le vieux Mossoul. Pas une maison ne semble avoir été épargnée. Des toits se sont écroulés, laissant des blocs de béton pendre comme des guirlandes, seulement retenus par leurs armatures métalliques. Des voitures calcinées aux carcasses tordues disparaissent sous la chaussée. Des cratères creusés par des frappes aériennes ont aspiré camionnettes et bulldozers. Quand les avions de la coalition ne bombardent pas et que les combats cessent, un silence profond se répand, imperméable aux bruits de la vie qui a repris dans les autres quartiers.

Tréteaux de fer
Jeudi, comme à chaque progression de l’armée irakienne, des habitants sont apparus au détour des ruelles. Exténués, sales, regards tristes ou joyeux de croiser des militaires. Ils n’ont que quelques sacs et sont entourés d’enfants. Une vieille femme a les yeux dans le vague. Seuls ses deux fils qui la soutiennent l’empêchent de s’écrouler. Devant une maison écrasée par un bombardement il y a dix jours, un homme reste à côté de deux sacs de plastique noir d’où s’écoule une odeur de mort. «Ce sont les restes de mes parents, on vient de les sortir», dit-il calmement. Un autre attend à ses côtés que les secouristes de la Défense civile extraient le cadavre de son père. Il reste une douzaine de corps sous les décombres.

La bataille de Mossoul n’est pas finie, mais les soldats sont épuisés. Ils marchent lentement, s’accroupissent dès qu’ils le peuvent à l’ombre d’un mur éboulé ou d’un blindé. Ceux des forces spéciales n’ont en réalité jamais cessé de combattre depuis 2014. Ils ont mené les assauts à Samarra, Tikrit, Ramadi, Fallouja, Hit, Baji et désormais Mossoul. Le califat irakien est presque annihilé, mais l’enchaînement des combats les a usés.

Dans la cour d’une maison de la vieille ville au toit à moitié arraché, Ahmed, 29 ans, s’est avachi dans un vieux canapé. Il est 15 heures et la chaleur pèse comme un sac de ciment sur les épaules. Il fait près de 50 degrés. «Le plus dur n’est pas tellement la fatigue physique, mais celle liée à la perte d’amis au combat, dit-il. Si je ne compte que depuis le début de l’offensive dans l’ouest de Mossoul, j’en ai perdu quatorze. Mon frère aussi est mort durant un combat.» Il sort son smartphone et montre les photos où il pose en riant avec chacun d’eux. «Au fond, ma vie se résume à la guerre.» Comme la plupart des autres soldats, Ahmed porte les cicatrices de ces offensives qui n’en finissent pas. Il est sorti il y a un mois de l’hôpital après l’explosion d’un mortier qui l’a blessé aux deux jambes et à un bras. Dans la cour de la maison, l’un de ses copains montre son bras, transpercé par cinq balles qui ont laissé des cercles sombres sur la peau et une longue cicatrice. «J’ai aussi été touché au ventre par un éclat», dit le jeune soldat.

Depuis le début de la bataille de Mossoul, les blessés sont rapidement soignés dans de petits centres d’urgence qui se déplacent au gré de la ligne de front. Ils sont ensuite transférés dans des hôpitaux. Cette semaine, l’un des plus avancés est installé à côté de la mosquée Abou Zyan, à environ 500 mètres de la vieille ville, dans deux anciens ateliers. Il n’y a ni porte ni fenêtre et des machines-outils sont encore installées au fond, trop lourdes sans doute pour être pillées.

Les infirmiers ont installé cinq brancards sur des tréteaux de fer. Les cartons de compresses, seringues et perfusions s’entassent le long des murs. Des grappes de mouches bourdonnent autour de petites flaques de sang. Chaque jour, les blessés se succèdent, emmenés par de vieilles ambulances aux suspensions défoncées qui pilent devant les anciens ateliers. «Les blessures les plus courantes sont dues à des éclats de mortiers, de mines artisanales et de grenades. Il y a aussi des blessures par balle, mais c’est moins fréquent», explique un infirmier. Les cadavres sont enveloppés dans une couverture puis déposés dans des sacs mortuaires. La guerre contre l’Etat islamique a décimé les rangs de l’armée irakienne. Les forces spéciales ont perdu 40 % de leurs effectifs, blessés ou tués, depuis le début des combats, selon le Pentagone.

«Seul Dieu a des yeux»
La guerre ne sera pas pour autant terminée avec la fin de la bataille de Mossoul. Avant même le début des derniers assauts contre la vieille ville, l’Etat islamique a répliqué à sa manière, brutale et rapide. Dans la nuit de dimanche à lundi, une soixantaine de jihadistes ont attaqué deux quartiers de l’ouest de Mossoul, libérés il y a quelques mois, Tanak et Yarmouk. Ils ont investi le premier, avancé vers le second. Les habitants ont fui en quelques heures. Les autorités irakiennes ont d’abord blâmé des «cellules dormantes». La réalité est plus inquiétante. Les jihadistes n’attendaient pas cachés à Mossoul dans des caves ou des maisons abandonnées. Ils venaient de beaucoup plus loin, de Tall Afar, à la frontière syrienne, l’une des dernières villes irakiennes qu’ils contrôlent encore. «Ils ont marché durant une partie du trajet et ont réussi à passer nos lignes. Ils avaient des informateurs qui leur ont dit comment éviter les check-points et parvenir jusqu’à Mossoul. Tout était prêt pour eux quand ils sont arrivés», explique le général Haider Fadhel des forces spéciales. Au moins un soldat a été tué lors de l’assaut. Aucun civil n’aurait perdu la vie, selon l’armée irakienne.

Un jihadiste a été capturé. Il a 11 ans. Les autres ont tous été tués, selon le général. «La plupart avaient des vestes explosives. Nous en avons abattu quelques-uns», affirme-t-il. Le cadavre poussiéreux de l’un d’eux, barbe et cheveux longs, pantalon court, était accroché tête en bas lundi matin au poteau cassé d’un feu tricolore. «Ce sont les habitants qui l’ont mis là, pas nous», expliquait un soldat en faction. Quelques heures plus tard, le corps avait été décroché. Il gisait juste à côté sur un terre-plein. Des enfants lui jetaient des cailloux, lui défonçant le crâne. Des adolescents criaient : «C’est un Pakistanais ! Non, un Afghan !» «C’est un Tadjik», hurlait un autre. Un homme d’une quarantaine d’années répétait : «Seul Dieu a des yeux et sait ce qui s’est passé.»

Le jour même, l’armée s’est déployée dans plusieurs quartiers de l’ouest de Mossoul, à plusieurs kilomètres de la vieille ville et de ses combats. En milieu d’après-midi, une vingtaine de soldats ont investi le quartier de Tal Ruman. Ils frappent aux portes métalliques des maisons. La plupart s’ouvrent. Ils pénètrent dans la cour, le salon, jettent un œil dans la cuisine, montent vers les chambres, observent les portes à l’arrière. «Regardez ce que vous voulez, et partout», dit un propriétaire bedonnant en offrant des graines de tournesol. Les inspections ne durent que quelques minutes. Au coin d’une rue, deux blindés sont arrêtés. Des soldats ouvrent le coffre d’un Humvee noir. Un homme pieds nus en tee-shirt blanc est allongé. Il a une vingtaine d’années et l’air terrifié. Un militaire lui met une claque et le sort en le tirant par une oreille. Le jeune est poussé jusqu’à un commandant qui joue avec une petite barre de fer. «Je n’ai rien fait, je n’ai rien fait», répète l’homme en gardant la tête baissée. «Quoi que tu aies fait, quoi que tu fasses, si jamais c’est pour Daech, tu es mort», crie le commandant. Un peu à l’écart, un soldat aux yeux bleus dit : «On le pousse un peu mais c’est pour lui faire peur. On veut qu’il travaille pour nous.» L’homme est ramené au Humvee où il récupère son sac. Il est libre. Il s’éloigne aussi vite qu’il le peut.

Luc Mathieu Envoyé spécial à Mossoul Photos William Daniels

L'EI subit deux revers en Irak et Syrie (29/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 29/06/2017 à 20:31 Publié le 29/06/2017 à 20:12

Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont enregistré aujourd'hui deux importants revers en Syrie et en Irak:En Irak, les forces gouvernementales ont repris le site de la mosquée emblématique d'Al-Nouri, dans la vieille ville de Mossoul où elles traquent les derniers jihadistes.

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C'est dans cette mosquée qu'Abou Bakr al-Baghdadi avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique connue en tant que chef de l'EI, peu après que les jihadistes s'étaient emparés de la deuxième ville d'Irak. Il avait appelé dans un prêche les musulmans à lui obéir.

La mosquée Al-Nouri et le minaret penché, connu sous le nom d'"Al-Hadba" ("la bossue") et surnommé "la tour de Pise irakienne", avaient été détruits le 21 juin par les jihadistes qui les ont fait exploser alors que les forces irakiennes progressaient en direction de ce site. Le "califat", proclamé par l'EI il y a trois ans jour pour jour, touche à sa fin, a affirmé le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont "pris le contrôle d'une région au sud de l'Euphrate, coupant ainsi la dernière route que l'EI pouvait utiliser pour se retirer de Raqqa", a expliqué à Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Les FDS ont pu maintenant encercler complètement Raqa" a-t-il dit.

Quelque 2.500 jihadistes combattent dans la ville, selon le général britannique Rupert Jones, commandant en second de la coalition internationale. L'ONU a estimé mercredi que près de 100.000 civils étaient "pris au piège" à Raqqa, alors que des dizaines de milliers de civils seraient aussi bloqués dans la vieille ville de Mossoul.

Daech a perdu 60% de son territoire et 80% de ses revenus (étude) - 29/06/2017
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 29/06/2017 à 16:44 Publié le 29/06/2017 à 16:43

Le groupe Etat islamique (EI) a perdu en trois ans 60% du territoire qu'il a occupé en Irak et en Syrie et 80% de ses revenus, selon une étude du cabinet d'analyse IHS Markit publiée jeudi. Le territoire du "califat" autoproclamé en juin 2014 à cheval sur ces deux pays est passé de 90.000 km² en janvier 2015 à 36.200 km² en juin 2017, explique cette firme basée à Londres. Une coalition internationale conduite par les Etats-Unis mène des frappes aériennes contre les jihadistes depuis l'été 2014.

Au sol, la bataille est engagée en Irak par l'armée et en Syrie principalement par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes anti-EI. "La montée et la chute de l'EI se caractérisent par une expansion rapide suivie d'un déclin continu. Trois ans après sa proclamation, il est évident que le projet de gouvernance du califat a échoué"', note Columb Strack, un expert du Moyen-Orient à IHS Markit. "Le reste du +califat+ devrait se désintégrer avant la fin de l'année et son projet sera réduit à une série de zones urbaines isolées qui devrait être reprise au cours de 2018", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les finances de l'EI se sont aussi effondrées. Les revenus mensuels sont passés de 81 millions de dollars au deuxième trimestre 2015 à 16 millions de dollars au second semestre 2017, soit une baisse de 80%. "Cela s'explique par un déclin continu de toutes les sources de financement, que ce soit la production de pétrole, les taxes et les confiscations ainsi que les autres activités illicites", note un autre expert d'IHS Ludovico Carlino. Ainsi les revenus générés par le pétrole sont tombés de 88% et les taxes et confiscations de 79% entre 2015 et 2017. Pour lui, "la perte de territoires est le principal facteur ayant entrainé les pertes de revenus".

"La perte de contrôle de régions peuplées comme Mossoul (en Irak) et de zones pétrolières dans les provinces de Raqa et Homs en Syrie ont eu un impact significatif sur la capacité du groupe à générer des revenus", a-t-il expliqué.

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EI/Philippines: la Chine promet d'aider (29/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 29/06/2017 à 15:10 Publié le 29/06/2017 à 14:42

La Chine a promis aujourd'hui de continuer à fournir aux Philippines "l'aide nécessaire", au lendemain de la livraison par Pékin de milliers d'armes à Manille pour affronter des djihadistes qui occupent une ville de l'archipel.

Le 23 mai, des centaines de combattants brandissant le drapeau noir du groupe Etat islamique (EI) ont pris le contrôle de quartiers de Marawi, une localité de la région de Mindanao, dans le sud du pays. L'armée philippine mène actuellement une campagne de bombardements et de combats au sol mais n'a pas réussi à déloger les assaillants des poches où ils se sont retranchés.


"Hier, le premier lot d'aide d'urgence a été livré aux Philippines", a déclaré aujourd'hui le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d'une conférence de presse à Pékin.

"A l'avenir, conformément aux besoins des Philippines, nous continuerons à fournir l'assistance et l'aide nécessaires", a-t-il souligné aux côtés de son homologue philippin Alan Peter Cayetano, actuellement en visite en Chine. M. Wang a également promis le soutien chinois dans les opérations de reconstruction de Marawi.

Une cargaison chinoise de fusils d'assaut, fusils de sniper et de munitions est arrivée hier aux Philippines. C'est la première aide militaire de Pékin depuis que le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé fin 2016 sa "séparation" d'avec les Etats-Unis - son allié militaire traditionnel - au profit de la Chine.

Cette livraison d'armes, d'une valeur de 50 millions de yuans (6,5 millions d'euros), "reflète l'avènement d'une nouvelle ère dans les relations philippino-chinoises", s'est réjouit M. Duterte.
L'ambassadeur chinois aux Philippines, Zhao Jianhua, a assuré qu'un "deuxième lot" d'armes chinoises sera bientôt livré.

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Roumanie: un arrestation en lien avec l'EI (29/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 29/06/2017 à 15:11 Publié le 29/06/2017 à 13:13

Un Roumain de 39 ans soupçonné d'avoir collecté des données militaires au profit du groupe Etat islamique (EI) a été interpellé aujourd'hui, une première dans ce pays de l'Union européenne, ont indiqué les autorités roumaines.

Le suspect est accusé d'avoir effectué des repérages "au printemps 2015 à proximité d'une installation militaire du territoire roumain, observant attentivement les voies d'accès et les clôtures", a précisé le parquet chargé de combattre le crime organisé et le terrorisme (DIICOT) dans un communiqué.

Son "but déclaré était de contribuer à l'organisation d'un attentat terroriste contre cette base", a ajouté le Service roumain des renseignements, selon lequel l'homme avait déclaré son "adhésion" au groupe jihadiste EI.

Il voulait transmettre les informations collectées à "une cellule salafiste et pro-jihadiste d'un état de l'Union européenne", a ajouté le parquet. Selon ce dernier, cette cellule était en lien avec des auteurs des attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris.

Les autorités ont organisé ce matin trois perquisitions dans le département d'Arges (sud) où habitait le suspect. Il est également poursuivi pour "propagande" en ligne en faveur du groupe EI et a été placé en garde à vue.


Surveillé depuis 2015, l'homme se serait radicalisé après avoir vécu plusieurs années à l'étranger, dans un pays de l'Union européenne où il était en lien avec des groupes jihadistes, a précisé le service des renseignements.

Mossoul: les forces irakiennes annoncent avoir repris la mosquée Al-Nouri (29/06/2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 29/06/2017 à 11:40 Publié le 29/06/2017 à 11:30

Les forces irakiennes ont annoncé aujourd'hui avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri où Abou Bakr al-Baghdadi avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef du groupe Etat islamique (EI). Sa dernière apparition publique connue à ce jour.

Des membres de l'EI avaient fait exploser cette grande mosquée, minaret emblématique de la ville irakienne, le 21 juin dernier.

L'armée irakienne a fait savoir que les Forces spéciales avaient pris la mosquée aux jihadistes. Un commandant des Forces spéciales a lui indiqué que le site n'avait pas encore été repris mais que ses forces étaient sur le point de le faire.

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L'interminable reconquête de Mossoul, la «capitale» irakienne de Daech (28.06.2017)
Par Adrien Jaulmes Mis à jour le 28/06/2017 à 21:32 Publié le 28/06/2017 à 19:50

VIDÉO - Après neuf mois de bataille, les forces irakiennes avancent sur le dernier refuge des combattants de Daech. Une ultime offensive qui s'oppose à la défense ingénieuse, retorse et acharnée des djihadistes.

La longue reconquête de Mossoul sur l'État islamique touche à sa fin. Acculés dans les ruines de la vieille ville, dans les décombres de ce qui fut le cœur de leur sinistre expérience étatique, les combattants djihadistes livrent leur dernier combat. L'issue de la bataille ne fait désormais plus aucun doute, mais les soldats irakiens devront néanmoins la livrer jusqu'au bout.

Il leur a fallu neuf mois de durs combats pour arriver jusqu'aux ruelles autour de la grande mosquée où fut proclamé le califat, en juillet 2014. Neuf mois au cours desquels les combattants fanatiques de l'EI ont reculé pied à pied, se battant maison par maison. Neuf mois pendant lesquels des ...

A Mossoul, les forces spéciales irakiennes se préparent à reprendre le dernier carré de l’EI (27.06.2017)
Les forces antiterroristes s’apprêtent à donner l’assaut sur le secteur de la mosquée Al-Nouri, détruite à l’explosif par les djihadistes.
LE MONDE | 27.06.2017 à 12h12 • Mis à jour le 27.06.2017 à 14h52 |
Par Hélène Sallon (Mossoul (Irak), envoyée spéciale)

Dans le quartier de Mouchahada, à Mossoul, le 26 juin. Les forces spéciales irakiennes font une reconnaissance par drone de la zone de la mosquée Al-Nouri, qu'ils s'apprêtent à attaquer.

Le socle d’Al-Hadba, reconnaissable à ses motifs géométriques, apparaît à plusieurs dizaines de mètres dans le trou que les snipers des forces antiterroristes irakiennes ont creusé dans un mur. C’est tout ce qu’il reste de « la Bossue », ce minaret penché du XIIe siècle emblématique de Mossoul, après que l’organisation Etat islamique (EI) a fait exploser le complexe de la mosquée Al-Nouri, le 21 juin au soir. La destruction de la mosquée, dont seul trône encore le dôme vert, a ôté un peu de sa saveur à l’offensive qui s’annonce contre le dernier carré de l’EI à Mossoul.

Chefs militaires et politiques irakiens s’imaginaient déjà prier là où le « calife » autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi, a fait sa seule apparition publique en juillet 2014. Les soldats placés en première ligne pensaient immortaliser leur victoire d’un selfie après une bataille longue et meurtrière, débutée en octobre. Mais la mission reste inchangée : il leur reste à reconquérir à pied chaque immeuble qui les sépare encore de la rive droite du Tigre. Ils ont peut-être échappé au pire. « Quand nos troupes sont arrivées face à la mosquée, Daech a cru, peut-être à cause de la désorganisation dans ses rangs, qu’on y était entrés. A leur radio, on les a entendus dire : “Les rafidin [terme péjoratif désignant les chiites] sont entrés dans la mosquée, faites-la exploser” », raconte le lieutenant-colonel Salam Jassem Hussein, de la première division des forces antiterroristes.

Bataille qui ne veut plus finir

Rentré d’une formation aux Etats-Unis, un grade en plus à l’épaulette, le charismatique officier a retrouvé son bataillon à temps pour participer à l’offensive sur la vieille ville. Après avoir enfoncé les premières défenses ennemies en cinq jours, les troupes d’élite marquent une pause, le temps que l’armée et la police fédérale avancent à la même hauteur sur leurs flancs. Le lieutenant-colonel Salam profite de ce répit pour faire le tour des postes avancés. Après six mois d’absence, il retrouve des compagnons d’armes, le visage marqué par une bataille qui ne veut plus finir. Il constate l’absence de ceux qui, nombreux, ont été tués ou blessés dans les combats et découvre les visages des nouvelles recrues venues les relever.

Dans le quartier de Mouchahada, à Mossoul, le 26 juin. Les forces spéciales irakiennes en observation du secteur de la mosquée Al-Nouri qu'ils s'apprêtent à attaquer.

Dans le patio d’une vieille bâtisse ottomane à portée des snipers et des obus de l’EI, de jeunes soldats, les traits fatigués et tendus, l’accueillent, admiratifs. On échange sur le front, puis l’un d’eux prend la parole pour formuler une requête au nom de tous. « Notre position est l’une des plus dangereuses. On a encore perdu deux hommes. On a des soldats expérimentés mais aussi des jeunes recrues qui n’ont eu que six mois de formation et ne savent pas tous bien se servir des armes. Certains sont soutiens de famille ou ont un frère tombé en martyr. On voudrait être postés plus loin du front », demande le soldat.

« Si j’avais assez d’hommes, je ferais davantage tourner les effectifs pour desserrer la pression sur chacun d’entre vous, mais ce n’est plus le cas. C’est une guerre sans commune mesure qui appelle des mesures exceptionnelles. Nous sommes confrontés à une nouvelle forme de bataille. (…) Nous apprenons beaucoup de cette bataille. Même les Américains, les Français, les Italiens viennent ici pour apprendre. Vous devez rester soudés comme une famille », répond le lieutenant-colonel Salam pour remonter le moral des troupes.

L’officier et ses hommes se remettent en chemin. Dans les venelles à angle droit, ils tendent l’oreille à chaque pas qu’ils entendent. Un obus de mortier s’écrase à quelques mètres d’eux. Ils s’engouffrent dans la maison d’une autre compagnie. De jeunes soldats les attendent dans un confort spartiate. Des matelas sont posés à même le sol. Les boîtes en polystyrène des rations de nourriture gisent dans la cour. Il leur manque des ventilateurs et de l’eau fraîche. Ils doivent ramener, à pied, de la base arrière les packs d’eau et les blocs de glace. On leur promet qu’une voie d’approvisionnement sera bientôt ouverte pour les Humvees, les Jeeps blindées.

Décor lunaire

En lisière de la vieille ville, un bulldozer s’affaire déjà à ouvrir la route. De sa lame, il écarte les carcasses de voiture et les éboulis des maisons bombardées qui bloquent les ruelles. Le lieutenant-colonel Salam a laissé là son véhicule blindé noir pour s’enfoncer à pied dans le dédale de ruelles, escaladant des monticules de débris dans l’odeur putride des corps décomposés de combattants de l’EI et de civils, ou s’engouffrant dans les passages frayés entre les murs des maisons aux patios arborés et aux murs pastel. Dans un décor lunaire de maisons éventrées, d’anciens palaces et édifices religieux se dressent presque intacts.

Des balles sifflent au-dessus des têtes. Une frappe aérienne s’abat non loin dans un fracas. Les hommes rejoignent le sous-sol d’une maison, où un écran retransmet les images en noir et blanc d’un drone. L’engin évolue autour du complexe de la mosquée Al-Nouri. Quinze combattants djihadistes ont été repérés près de la rue Farouk. L’œil de la caméra glisse sur les toits plats de la vieille ville. Le pilonnage pendant trois mois de ces strates superposées d’édifices anciens et de constructions plus récentes, en parpaings grossiers, se voit nettement à l’image.

Des silhouettes apparaissent furtivement, à pied ou à mobylette, avant de disparaître derrière des habitations ou des bâches tirées au-dessus des ruelles. Une frappe est ordonnée. L’image se sature d’un nuage de fumée. « Il n’y a plus de civils dans cette zone et les combattants sont vraiment en petit nombre, dit le lieutenant-colonel Salam, tentant d’imaginer ce qu’il ferait à leur place. Ils n’attaquent pas. Ils attendent qu’on le fasse, ce qui veut dire que c’est fini. Certains attendent même la mort. »



Offensive à Raqqa : « l'État Islamique n'existe plus » (09/06/2017)
Par Eloi Thiboud  Publié le 09/06/2017 à 12:33

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le 6 juin les Forces Démocratiques Syriennes soutenues par la coalition américaine, sont entrées dans Raqqa défendue par Daech. Spécialiste des questions internationales, Hadrien DESUIN décrypte le déclin de l'État islamique à Raqqa.

Spécialiste des questions internationales et de défense, Hadrien Desuin est essayiste. Il vient de publier La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie (éd. du Cerf, 2017).

FIGAROVOX. - Les forces arabes et kurdes, soutenues par les Américains, ont engagé l'offensive contre l'EI à Raqqa et sont entrées dans l'est de la ville le 6 juin. Que représente Raqqa pour l'EI aujourd'hui? La reconquête de Raqqa signifie-t-elle la chute de l'État Islamique?

D'un point de vue strictement territorial, «l'État islamique » n'existe plus.

Hadrien DESUIN. - Raqqa ne représente pas grand-chose dans la symbolique du Califat. Une ville comme Mossoul est plus intéressante car elle frappe l'imaginaire de la mythologie islamique. Tout comme Damas d'où est partie la reconquête de Saladin pour chasser les croisés de Jérusalem. Raqqa a toutefois été la plus grosse ville syrienne sous occupation de l'État islamique. Elle était donc la capitale économique de Daech en Syrie. Elle était très bien située quand l'organisation djihadiste était au faîte de sa puissance en 2014- 2015. 300 000 habitants, à très grande majorité arabes sunnites, ont donné de la substance à l'État islamique. Désormais encerclée, l'issue militaire de Raqqa ne fait pas de doute. Le siège sera long mais ce n'est qu'une question de temps. Les assaillants vont sans doute prendre le temps de laisser s'affaiblir les assiégés en coupant leur ravitaillement. En attendant, ils pourraient bien conforter leurs positions dans toute la province de Raqqa.

D'un point de vue strictement territorial, «l'État islamique» n'existe plus. Les liaisons sont très compliquées entre la Syrie et l'Irak. Il ne reste que des grosses poches de résistances, incapables de se coordonner entre elles. Plus aucune zone n'est sûre. Ces dernières vont persister encore longtemps car elles sont tenues par des fanatiques prêts à mourir plutôt que de se rendre. Dans certains quartiers très urbanisés, les petites équipes de snipers ou de tireur RPG peuvent considérablement ralentir la progression d'une troupe entraînée. Il faut 10 assaillants pour un défenseur à moins de raser la ville. Il s'agit toutefois d'un combat d'arrière-garde. Depuis que les contre-offensives des coalitions américaines et russes ont commencé, l'EI est revenu au modèle plus classique d'Al Qaïda : internationalisation du terrorisme et guérillas franchisées dans tout le monde musulman. N'oublions pas que Daech n'est au départ qu'une dissidence d'Al Qaïda en Irak et au Levant.

L'idéologie de Daech, et du djihadisme en général, ne peut pas vivre en dehors de la conquête. Dès qu'elle fut arrêtée aux portes de Bagdad, à Palmyre et dans Kobané, Daech a dû se réinventer pour survivre et maintenir sa folle cavalcade meurtrière.

Quels sont les intérêts des États-Unis à Raqqa ?

Les États-Unis ont voulu prendre Raqqa avant les Russes, les Iraniens et l'armée syrienne. Quitte à se fâcher avec les Turcs qui redoutent par-dessus tout l'extension du Kurdistan syrien. La prise de Raqqa marquera symboliquement la défaite de Daech en Syrie et donc la victoire de la coalition américaine. Pour Donald Trump, l'enjeu est d'importance après des années d'extrême prudence de la part de Barack Obama sur ce dossier. D'un point de vue géopolitique, la coalition irano-russe serait contrainte de laisser la vallée de l'Euphrate aux alliés des Américains. Il s'agit de confiner le plus possible la Russie et l'Iran qui sont toujours vus à Washington comme les principaux adversaires de l'Amérique à l'échelle du monde.

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soignent malgré tout leurs relations avec les Russes et donc avec le régime syrien car ils doivent se coordonner avec eux dans la poche d'Afrin, coupée du cœur du Rojava qui va de Kobané à Hassaké. En prenant Raqqa, les Américains veulent aussi rassurer l'Arabie Saoudite, le grand allié de Donald Trump : la Syrie de l'Est ne tombera pas dans l'escarcelle chiite. Cette vision saoudienne et confessionnelle est quelque peu caricaturale car le régime de Bachar a toujours su composer avec les populations sunnites dans le passé. En faire une secte arc-boutée sur un clan alaouite est très simpliste. La Syrie des années 2000 savait aussi jouer des rivalités entre l'Iran et l'Arabie Saoudite.

Qui tiendra la ville après le départ des djihadistes ?

Les membres arabes de l'alliance FDS sont en première ligne mais les Kurdes auront une place incontournable. Toutefois, ils devront s'appuyer impérativement sur les grandes familles de la ville qui ont subi l'oppression de l'État islamique pendant plus de cinq ans. Les Kurdes pourront réoccuper les quartiers dont ils ont été expulsés mais doivent rester en dehors des quartiers arabes s'ils veulent gagner la paix. Dans l'idéal, il faudrait qu'une municipalité sous l'égide des notables de Raqqa prenne les affaires socio-économiques en main, laissant aux FDS la défense militaire de la ville.

Pourquoi la coalition russe ne participe-t-elle pas à cet assaut ?

Parce que les Américains et les Russes ne sont jamais parvenus à se mettre d'accord sur le périmètre d'une éventuelle coalition commune. Les Russes sont alliés aux Iraniens, au Hezbollah et à l'armée de Bachar Al-Assad. Ni le Pentagone, ni la CIA ne peuvent accepter de combattre avec les alliés de la Russie. Ils soutiennent des rebelles sunnites qui se battent justement contre l'armée syrienne dans le sud du pays. Faute de s'entendre sur un partage des zones d'influence, la partition de la Syrie se fait par les armes. Chaque camp tente de prendre le maximum de terrain sur les décombres de Daech, un peu comme ce qui s'était passé à Manbij et Al-Bab.

Dans l'idéal, il faudrait qu'une municipalité sous l'égide des notables de Raqqa prenne les affaires socio-économiques en main, laissant aux FDS la défense militaire de la ville.

Pour la bataille de Raqqa, les forces soutenues par la Russie sont encore à 100km de la ville. Laquelle est déjà ceinturée par les FDS. Il est donc trop tard pour les troupes de Damas de participer à la prise de la ville. L'objectif est de consolider les territoires gagnés à l'est d'Alep et dans le centre du pays, autour de Palmyre. Il y a aussi les quartiers de Der Ez Zor à défendre, l'autre grande ville sur l'Euphrate. L'enclave qui résiste depuis des années à Daech est de nouveau sous l'intense pression des djihadistes.

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Daech veut créer un califat aux Philippines (29.05.2017)
Par Camille Bouscasse Mis à jour le 29/05/2017 à 12:42 Publié le 26/05/2017 à 18:39

VIDÉO - L'État islamique contrôle toujours la ville de Marawi sur l'île de Mindanao avec l'appui de djihadistes venus de pays asiatiques. Le président philippin Rodrigo Duterte évoque «une invasion».

La percée de groupuscules islamistes rattachés à l'État Islamique (EI) plonge l'île de Mindanao aux Philippines dans le chaos. Les islamistes philippins ont pris le contrôle de la ville de Marawi, un bastion musulman au sein d'un pays à majorité catholique.

«L'État Islamique a radicalisé un grand nombre de jeunes philippins musulmans»
José Calida, le solliciteur général des Philippines

Depuis le début des violences, et notamment depuis que le chef de police de Malabang s'est fait décapiter à un poste de contrôle des rebelles, les autorités philippines ont déployé les forces spéciales ainsi que plusieurs hélicoptères de combat. Après avoir instauré la loi martiale dans la région mardi dernier, le président philippin Rodrigo Duterte a insisté sur sa volonté de se montrer sévère et ferme envers les terroristes des groupes Maute et Abou Sayyaf

Maute est une branche de Daech qui opère dans la région de Lanao du Sud sur l'île de Mindanao et qui s'est rendue célèbre en septembre 2016 lors d'une attaque à la bombe meurtrière à Davao, la plus grande ville de l'île de Mindanao. 

Quant à Abou Sayyaf, le groupe islamiste qui sévit depuis plus de vingt ans a récemment étendu son influence à toutes les îles du Sud des Philippines et est responsable d'une multitude d'attaques terroristes dans la région. Selon les autorités philippines, des combattants indonésiens et malaisiens, entre autres, seraient venus soutenir et renforcer les islamistes philippins. Pour Manille, la présence de ces forces étrangères dans les rangs des insurgés est due à un appel de ralliement lancé par Daech.

L'apport des combattants indonésiens et malaisiens révèle le nouveau mode opératoire de l'État Islamique (EI). Pour la première fois en Asie de l'Est des branches locales de Daech déploient leurs forces sur des territoires autres que les leurs. Cette capacité de mobilisation et de déplacement de terroristes étrangers visent à internationaliser le terrorisme en s'appuyant sur les sous-groupes lui ayant prêté allégeance. Daech qui veut instaurer un califat sur l'île de Mindanao cherche à territorialiser son influence.

Pendant les derniers jours, l'État Islamique a engagé une succession d'offensives, à l'instar du double attentat-suicide de Jakarta. L'ouverture de ces nombreux fronts inquiète d'autant plus les autorités philippines que, selon José Calida, le solliciteur général des Philippines, l'État Islamique «a radicalisé un grand nombre de jeunes philippins musulmans.» Qualifiés de «très déterminés» par l'armée, les djihadistes ont provoqué la fuite de nombre des 200.000 habitants de Marawi et la mort de 46 personnes.

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A Mossoul, les forces anti-EI relancent la bataille (05.05.2017)
L’armée irakienne ouvre un second front pour encercler la vieille ville, où les djihadistes sont retranchés.

LE MONDE | 05.05.2017 à 10h38 | Par Hélène Sallon (Mossoul (Irak), envoyée spéciale)

Armées de nouveaux plans de bataille, les forces irakiennes ont lancé, jeudi 4 mai, l’assaut sur les derniers quartiers tenus par l’organisation Etat islamique (EI) dans le nord-ouest de Mossoul. L’objectif affiché est d’achever la reconquête du fief djihadiste avant le début du ramadan, fin mai. La bataille devrait être terminée « au maximum dans trois semaines », a déclaré dimanche le chef d’état-major irakien, le lieutenant-général Othman Al-Ghanmi, à la presse. Les militaires misent sur une nouvelle stratégie pour sceller cette bataille débutée mi-octobre 2016 : harceler les combattants de l’EI sur plusieurs fronts pour anéantir leurs défenses et finir d’encercler la vieille ville, avant de s’attaquer à son dédale de ruelles étroites, où les djihadistes sont retranchés avec des dizaines de milliers de civils.

« Nous avons ouvert un nouveau front depuis le Nord, en plus du front Sud, pour exercer une pression sur les combattants de l’Etat islamique sur plusieurs axes », indique le chef du centre des opérations conjointes de Ninive, le général Najim Al-Joubouri. La 9e division armée, la 73e brigade de la 15e division armée, la police fédérale et la division de réaction d’urgence (ERD), une unité d’élite du ministère de l’intérieur, ont entamé leur progression depuis le Nord en direction de quartiers connus pour être des bastions djihadistes. « Une fois que ces forces auront avancé, les forces antiterroristes [CTS] reprendront leur progression depuis le Sud et d’Ouest en Est, avec la police fédérale », poursuit-il. Ces forces devraient se rejoindre en lisière nord de la vieille ville, sur les bords du Tigre. Cette nouvelle stratégie vise à sortir l’offensive, lancée sur Mossoul-Ouest le 19 février, de l’enlisement autour de la vieille ville.

Importantes pertes et destructions

Depuis qu’elles ont achevé fin mars l’encerclement de la cité historique sur ses flancs sud et ouest,...



Syrie : six mois pour libérer Raqqa de l'État islamique (10/02/2017)
Par Fabrice Balanche  Publié le 10/02/2017 à 12:01

Les FDS, dominées par les Kurdes et soutenues par les Etats-Unis, sont lancées dans la bataille de Raqqa, capitale syrienne de Daech.
Les FDS, dominées par les Kurdes et soutenues par les Etats-Unis, sont lancées dans la bataille de Raqqa, capitale syrienne de Daech.

FIGAROVOX/ANALYSE - Les Forces démocratiques syriennes, en majorité kurdes, soutenues par Washington, ont lancé une nouvelle phase dans la reconquête de la capitale syrienne de Daech. Fabrice Balanche analyse les enjeux de cette bataille stratégique, y compris pour Donald Trump.

Agrégé et docteur en Géographie, Fabrice Balanche est maître de conférences à l'Université Lyon-2 et chercheur invité au Washington Institute. Spécialiste du Moyen-Orient, il a publié notamment La région alaouite et le pouvoir syrien (éd. Karthala, 2006) et Atlas du Proche-Orient arabe (éd. RFI & PUPS, 2010).

Samedi 4 février, les Forces démocratique syriennes (FDS), en majorité kurdes, ont annoncé le lancement d'une nouvelle phase dans la reconquête de Raqqa, capitale régionale de l'Etat islamique en Syrie. Il s'agit désormais de couper les communications entre Deir ez-Zor et Raqqa, tout en continuant à progresser depuis le Nord et surtout l'Ouest, puisque le barrage Thaoura demeure toujours entre les mains de l'Etat Islamique.


La déclaration des FDS est en phase avec la volonté du nouveau président américain d'accélérer la guerre contre l'Etat Islamique et en particulier de s'emparer rapidement de Raqqa. Donald Trump a laissé le mois de février au Pentagone pour lui présenter un plan d'action contre l'Etat Islamique, dont les FDS semblent être la force motrice en Syrie au grand dam de la Turquie.

Source: Washington Institute
Source: Washington Institute

La nouvelle offensive va complètement isoler Raqqa

La nouvelle offensive ne fera pas que couper les relations entre Raqqa et Deir ez-Zor, mais elle devrait également isoler complètement Raqqa du reste du territoire de l'Etat Islamique, car Raqqa se trouve sur la rive nord de l'Euphrate. En septembre 2016, une série de raids aériens de la coalition internationale ont détruit tous les ponts sur l'Euphrate, depuis la frontière irakienne jusqu'à l'est de Raqqa. Les deux ponts qui relient Raqqa à la rive sud de l'Euphrate furent détruits le 3 février dernier, la veille du déclenchement de la nouvelle offensive des FDS. Lorsque ces derniers auront atteint la rive nord de l'Euphrate à l'Est de Raqqa, cette dernière sera cernée. Certes, les combattants de l'Etat Islamique peuvent traverser le fleuve avec des barques, mais ils deviennent ainsi des cibles faciles pour l'aviation américaine et ne peuvent pas transporter du matériel lourd. En revanche, les FDS disposent de barges pour véhicules blindés et les Etats-Unis mettent à leur disposition des hélicoptères de transport qui leur permettent de lancer des opérations sur la rive sud.

C'est sans doute par ce moyen que les FDS pourront s'emparer du barrage de Thaoura (Révolution), dont la partie sud est toujours entre les mains de l'Etat Islamique et du second barrage (Kadiran), 10 km en aval, qui sert de régulateur au débit de l'Euphrate. Le contrôle de ces deux barrages sur l'Euphrate est un préalable à un assaut sur Raqqa. Sans quoi, Raqqa libérée serait sous la menace de leur destruction par l'Etat Islamique. Sur un plan plus pratique, le barrage Thaoura fournit l'eau d'irrigation et l'électricité pour toute la province de Raqqa et même au-delà. Or, une fois Raqqa libérée, les nouvelles autorités auront besoin d'assurer le fonctionnement normal de la vie civile, si elles ne veulent pas que le chaos économique ne retourne la population contre elles. Enfin, sur un plan strictement militaire, le barrage Thaoura est désormais le dernier pont qui demeure sur l'Euphrate à proximité de Raqqa.

Les FDS ont des atouts militaires

Pour cette nouvelle offensive, les FDS bénéficient de plusieurs atouts stratégiques. Tout d'abord le fait que les troupes de l'Etat Islamique sont mobilisées sur plusieurs fronts de Mossoul à al-Bab en passant par Palmyre et Deir ez-Zor. Tous les acteurs du conflit en Syrie et en Irak semblent désormais unis contre lui. La Russie, la Turquie, l'Iran, les Etats-Unis et leurs alliés locaux n'ont pas créé une chambre d'opération commune pour coordonner leurs actions contre l'Etat Islamique, mais il semble que chacun ait trouvé son terrain d'action et gelé ses disputes : Manbij pour la Turquie et les FDS, les territoires disputés en Irak entre Baghdad et Erbil.

Le second avantage des FDS aujourd'hui est le succès de leur offensive à l'ouest de Raqqa. En moins d'un mois, les FDS se sont emparés de toute la rive droite du lac Assad, s'approchant à moins de 30 km de Raqqa. Les FDS ont encore une fois prouvé leur efficacité alors que l'armée turque et ses alliés de l'Armée Syrienne Libre piétinent devant al-Bab depuis mi-novembre. Cette différence a achevé de convaincre les Etats-Unis que seuls les FDS pouvaient prendre Raqqa, malgré les dénégations du président turc. Cela explique sans doute les premières livraisons de véhicules blindés aux FDS par les Etats-Unis le 31 janvier dernier.

Le recul de l'Etat Islamique, les récentes victoires et le surcroit d'aide militaire américaine encouragent les tribus arabes à intégrer les FDS. Selon le Colonel Dorrian, lors de sa conférence de Presse du 8 décembre 2016 à Baghdad, les FDS comptent 45 000 combattants dont 13,000 Arabes. Cela indique une sérieuse augmentation de la part des Arabes au sein des FDS depuis leur création en octobre 2015 où ils n'étaient que 5 000 (selon le New York Times du 3 novembre 2015) sur environ 30 000 combattants.

L'Etat Islamique est désormais rejeté par la population

Le troisième avantage pour les FDS réside dans le rejet avéré aujourd'hui de l'Etat islamique par la population locale. En 2013-2014, l'Etat islamique représentait le retour d'une certaine sécurité (limitée à ceux qui respectaient la charia). Il avait vidé les silos de blé pour fournir du pain bon marché à la population et imposé un contrôle des prix sur les produits de première nécessité. Mais après trois années, la situation s'est nettement dégradée. L'Etat islamique s'est montré incapable de remplir les silos qu'il avait vidés et les prix sont repartis à la hausse. Quant à ses membres, ils se sont révélés tout aussi corrompus que ceux des factions rebelles qu'il avait remplacées lors de la guerre de l'hiver 2014. Les finances de l'Etat islamique s'assèchent et par conséquent ceux qui lui ont prêté une allégeance pécuniaire se détournent de lui. En termes de contre-insurrection, la situation est donc mûre pour reprendre le terrain. Cependant, il ne faut pas s'attendre à un soulèvement général contre l'Etat Islamique, le régime de terreur qu'il a instauré est toujours dissuasif. Mais les tribus arabes sauront se rallier au plus fort le moment venu.

La libération de Raqqa : un pas de plus vers une Syrie fédérale ?

A la différence de l'Irak, la population arabe sunnite de la partie syrienne de la vallée de l'Euphrate ne craint pas l'arrivée de milices chiites ou même d'une armée nationale composée de chiites. L'armée syrienne compte plus de soldats sunnites que d'alaouites. Les milices chiites irakiennes et le Hezbollah sont utilisés sur des fronts bien précis à Alep et autour de Damas et non dans le but de quadriller une région sunnite rurale, car cela serait contre-productif.

La crainte des habitants de la vallée de l'Euphrate viendrait plutôt de l'installation durable des milices kurdes dans la région. Cependant le PYD n'a aucune raison de vouloir annexer cette région au Rojava puisqu'elle est peuplée à 99% par des non-Kurdes. Par conséquent les tribus arabes, même si elles n'ont aucune sympathie pour le PYD et les Kurdes en général, savent que le pouvoir finira par leur revenir une fois l'Etat Islamique vaincu. Et c'est sans doute là que réside le principal intérêt des Kurdes pour Raqqa. En permettant aux tribus arabes de se libérer « par elles-mêmes » de l'État Islamique, ils leur donnent le goût de l'indépendance politique et les associent à sa revendication d'une Syrie fédérale. L'objectif est d'empêcher le retour de l'armée syrienne dans cette région même si Bachar al-Assad et ses alliés n'ont pas perdu espoir de la reconquérir. Le fait qu'un important chef tribal de la vallée de l'Euphrate, Nawaf al-Bachir, soit revenu à Damas depuis la Turquie, prouve que le régime de Damas prépare lui aussi une force locale capable de reconquérir la région. Mais il devrait être pris de vitesse par les SDF soutenus par les Etats-Unis.

L'armée syrienne est en difficulté à Deir ez-Zor, où la partie gouvernementale de la ville subit une violente offensive de la part de l'Etat islamique depuis la mi-janvier 2017. L'aéroport est désormais coupé de la ville. Ni l'envoi du Hezbollah et de troupes d'élite héliportées ni les bombardements de l'aviation russe n'ont encore permis de rétablir la situation. Mais si cet assaut est repoussé, qu'en sera-t-il du prochain ? La chute de Deir ez-Zor serait une catastrophe pour le régime de Bachar al-Assad. La garnison serait massacrée, quant à la population civile, estimée à 93 000 par l'ONU, elle subirait également des représailles sanglantes. Bachar al-Assad et ses alliés n'ont donc d'autre choix que d'approuver tacitement l'offensive contre Raqqa menée par les FDS et soutenue par les États-Unis. Cela soulagera mécaniquement la garnison de Deir ez Zor.

Les civils de Raqqa constituent le principal problème pour sa libération

La gestion des 300 000 civils de Raqqa est le principal problème des FDS et de la coalition internationale. L'État islamique se sert des civils comme boucliers humains pour éviter les bombardements aériens et empêcher un siège rigoureux. A Manbij, l'Etat islamique a empêché les civils de quitter leurs maisons, les rues étaient minées et tous ceux qui tentaient de fuir étaient abattus. Les FDS durent prendre la ville maison par maison au prix de lourdes pertes. A la fin, ils durent consentir de laisser partir les combattants de l'Etat islamique qui se sont abrités avec un cortège de plusieurs milliers de civils.

La bataille urbaine sera longue et il faudra sans doute négocier comme à Manbij l'exfiltration des combattants de l'Etat islamique pour éviter le massacre et hâter la libération de Raqqa.

Une des priorités à Raqqa est donc de favoriser le départ des civils. Cela exige pour les FDS d'atteindre rapidement les périphéries de la ville et de sécuriser des corridors humanitaires, par lesquels les civils pourront s'échapper en profitant des phases de désorganisation créées par les combats. C'est ainsi que les civils ont pu fuir à Mossoul Est et à Manbij. Cela implique de construire des camps pour les futurs déplacés dans la campagne environnant Raqqa pour éviter une crise humanitaire qui conduirait les civils à rejeter les libérateurs.

Les règles d'engagement occidentales sont plus contraignantes vis-à-vis des civils que celles de la Russie. Il n'est pas question de bombarder la ville aveuglément, ni de couper l'eau et l'électricité pour contraindre les civils à la fuite. Par conséquent, la bataille urbaine sera longue et il faudra sans doute négocier comme à Manbij l'exfiltration des combattants de l'Etat islamique pour éviter le massacre et hâter la libération de Raqqa. Car l'objectif annoncé de la Maison-Blanche est de libérer Raqqa et Mossoul de l'État Islamique dans les six prochains mois.

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David Thomson: «Les djihadistes qui reviennent ne sont pas repentis» (01.12.2016)
Par Alexandre Devecchio Mis à jour le 04/07/2017 à 15:00 Publié le 01/12/2016 à 12:57

INTERVIEW - Ils s'appellent Bilel, Yassin, Zoubeir, Lena... Leur point commun ? Ils ont été djihadistes, membres de l'État islamique et sont de retour en France. Le journaliste David Thomson raconte leur destin dans Les Revenants (Seuil, « Les Jours »), qui lui a valu le prix Albert-Londres 2017 du Livre. Un document exceptionnel qui plonge le lecteur dans la tête des Français soldats de Daech.

David Thomson est le seul journaliste français à avoir approché les djihadistes d'aussi près. Alors que la plupart des spécialistes travaillent à partir de sources secondaires et de témoignages indirects, ce grand reporter, qui a couvert les printemps arabes et la guerre en Libye pour RFI, est allé à leur rencontre, a su gagner leur confiance, nouer des liens. Il les suit maintenant depuis plusieurs années. En 2014, avec Les Français jihadistes, il dressait leur portrait à la veille de leur départ, peignait leurs premiers pas au sein de l'Etat islamique et tirait la sonnette d'alarme quant au risque d'attentat en France.

Aujourd'hui, dans un document terrifiant qui mêle ...

Islamisme : voulons-nous vraiment gagner la guerre de 30 ans qui commence ? (18.08.2016)

Par Gilles Platret
Mis à jour le 18/08/2016 à 13h33 | Publié le 17/08/2016 à 12h50

FIGAROVOX/ANALYSE - Pour faire la guerre, encore faut-il vouloir la gagner, remarque Gilles Platret. Pour l'élu local, cette guerre qui est celle d'une génération nécessite de réapprendre la vertu du patriotisme, loin des atermoiements de l'actuelle majorité socialiste.

Gilles Platret est maire de Chalon-sur-Saône.

La France en guerre impose de puissantes obligations à l'ensemble du peuple français. L'état de guerre n'a rien d'anodin. Il est, selon le mot de Clausewitz, «un acte de violence dont l'objet est de contraindre l'adversaire à se plier à notre volonté». Les islamistes l'ont compris de longue date. Et nos gouvernants?

A voir les atermoiements du gouvernement, une question ne cesse en effet de nous tarauder: nous donnons-nous les moyens de gagner cette guerre? On peut en douter pour deux bonnes raisons. D'abord parce que le pouvoir en place semble avoir peur lui-même de la guerre. Ensuite parce qu'une fraction - minoritaire mais influente - des élites françaises feint de ne pas avoir compris que la guerre qui vient d'éclater sera l'affaire de toute une génération.

Toute chance de succès dans une guerre repose sur un postulat absolu : l'envie furieuse de la gagner. A la guerre, le hasard a naturellement sa place. Mais il ne peut remplacer ni le courage ni le patriotisme. La Nation tout entière doit donc se constituer en tant que telle. La guerre contre l'islamisme n'est pas l'affaire des seuls soldats de l'opération Sentinelle, si valeureux et revêtus de la confiance collective qu'ils soient. La guerre contre l'islamisme est l'affaire de chaque Français car c'est la France, en tant que République libre, qui est ciblée par les attentats djihadistes. C'est la République française, comme perpétuelle déclaration de guerre à l'obscurantisme, qui est directement visée par les terroristes.

Or, c'est au moment où il faudrait galvaniser le peuple français, le fortifier par tous moyens, faire à nouveau de lui ce peuple de citoyens-soldats qui détrôna les puissants, que le président de la République et le gouvernement s'acharnent à tout faire pour affaiblir la population. Ils ne semblent obsédés que par une seule chose : préparer l'opinion à leurs revers futurs. Entendez : aux prochains attentats qu'ils n'auront pas su déjouer. Voix tremblante et larme à l'œil, on les voit répétant à l'envi: «il y aura de nouveaux morts!» Mais ce n'est pas aux Français qu'il faut promettre la mort, c'est à l'islamisme!

Comment avec un pareil gouvernement imaginer gagner une pareille guerre ? Ses atermoiements sont légion. L'indivisibilité de la République doit-elle être mise en avant ? La majorité socialiste se montre incapable de prononcer même la déchéance de nationalité. La situation dicte-t-elle des mesures de salut public ? On fait un procès au chef de l'opposition lorsqu'il propose d'adapter notre législation aux dramatiques circonstances présentes. L'unité de la Nation doit-elle être confortée ? Le pouvoir persiste à manier l'islam comme un ferment de division.

Car c'est là l'un des plus graves reproches qu'il faut adresser à nos gouvernants. Le retour de la question de l'organisation de l'islam dans le débat public est le triste signe que les priorités n'ont pas été saisies. Ou plutôt qu'elles ont parfaitement été saisies sur le plan électoral. Le pas de deux de MM. Hollande et Valls sur la thématique «comment aider l'islam à financer de nouvelles mosquées» masque mal la manœuvre électoraliste.

Franchement, l'heure n'appelle-t-elle pas davantage à la fermeture de certaines mosquées qu'à l'ouverture de nouvelles? Malgré les gesticulations du ministre de l'Intérieur, le gouvernement se montre incapable de fermer administrativement un grand nombre de salles de prières dont il sait pertinemment qu'elles sont mitées par des salafistes recrutant des profils djihadistes. Les estimations sont de 100 mosquées salafistes qu'il conviendrait de fermer d'urgence. Le gouvernement le sait et il ne fait rien.

Au lieu de cela, sentant approcher les échéances de 2017, et avec elles le spectre de sa fin probable, il tente de recoller les morceaux du vote musulman en agitant le chiffon vert du financement des mosquées nouvelles. Tantôt on annonce qu'on va tordre le cou à la loi sur la laïcité de 1905 par un concordat, tantôt qu'on va se mêler de réactiver la Fondation pour l'islam de France dont le pouvoir se propose, n'ayant peur de rien, de désigner lui-même le président.

Au-delà des gesticulations politiciennes, ce que le gouvernement refuse de comprendre, c'est qu'il est urgent que l'Etat retrouve le chemin de la neutralité religieuse, que le rôle de la puissance publique n'est pas d'aider, de près ou de loin, les musulmans à financer leur culte car c'est à eux seuls de le faire. Président et Premier ministre devraient méditer cette sentence de George Washington, qui estimait à juste titre qu' «il y a tyrannie et crime à forcer un homme de payer des impôts pour l'entretien et la propagation d'une foi qui n'est pas la sienne».

Le rôle de l'Etat, c'est de contrôler que l'exercice de la foi ne dépasse pas les bornes de la loi. Et c'est loin d'être gagné d'avance dans un pays où 73% des musulmans considèrent que la charia devrait s'imposer à la loi républicaine (1). Ce n'est donc en rien à la République de faire ses preuves vis-à-vis de l'islam. C'est à l'islam de faire ses preuves vis-à-vis de la République. Cette dernière ne doit pas organiser l'islam, elle doit en contrôler les excès.

L'erreur fondamentale du gouvernement - et, hélas, d'une partie de ses opposants - tient à l'oubli de ceci: nous ne gagnerons la guerre que si nous reformons l'unité du peuple. Traiter aujourd'hui le problème musulman en tant que tel, c'est une fois de plus désagréger le peuple. Laissons la religion dans la sphère privée, veillons sévèrement à ce qu'elle respecte nos lois, mais ne l'attirons jamais dans la sphère publique. Ce n'est pas l'Etat qui a couvert la Chrétienté d'un «blanc manteau d'églises», selon la belle expression de l'an mil. Il n'y eut ni impôts étatiques ni fondation pour édifier les églises de France, c'est l'initiative privée qui a dressé jusqu'au ciel la quasi-totalité des clochers français.

Plus nous traiterons les musulmans et leur culte différemment des autres croyants et des autres religions, plus nous nous éloignerons de la solution. Et c'est là le défi majeur : nous parviendrons à éliminer les djihadistes du sol national, mais il nous restera à éradiquer les ferments de la division que quatre décennies de politique communautariste ont obstinément nourris. La multiplication des accommodements ayant le culot de se dire «raisonnables», la discrimination ayant le culot de se dire «positive», la relégation honteuse des symboles nationaux, tout ceci, sous le couvert des bons sentiments, en nous éloignant de la solution, nous a précipités dans un abyme de problèmes.

Nous avons cédé aux pressions des communautés par faiblesse ou par électoralisme - l'autre nom de la faiblesse en politique. Et l'on a vu des maires aménager le menu des cantines en fonction des interdits religieux, d'autres financer des salles pudiquement appelées «culturelles» dans les mosquées, d'autres enfin accepter des horaires différents selon les sexes dans certains services publics. La liste est longue de nos renoncements.

C'est pourquoi cette guerre qui s'est révélée à l'opinion sous les balles de Charlie Hebdo ne sera pas tranchée en quelques mois. C'est la guerre d'une génération. Si nous voulons la gagner, il nous faut retisser le peuple français et travailler à son unité, là où il a été sciemment fragmenté. Hormis une minorité agissante, c'est ce à quoi aspirent les Français dans leur ensemble.

Dans sa magnifique chanson «Les Loups sont entrés dans Paris», Serge Reggiani disait vrai: «Les hommes avaient perdu le goût de vivre et se foutaient de tout». Voilà pourquoi la bête a fini par regarder vers Paris… Le terreau de la guerre, c'est notre aveuglement passé. La condition de la victoire, c'est de retrouver le chemin de l'unité nationale. En commençant par l'apprentissage de l'amour de la France à tous les écoliers de notre pays.

La haine de la France, que des décennies de renoncement ont encouragée, n'est pas une fatalité. Elle peut être éradiquée. Il faut pour cela une seule chose, qu'il appartient à chacun de cultiver et de répandre : le courage du patriotisme.

(1) «Religious fundamentalism and out-group hostility among muslims and christians in Western Europe», étude publiée en décembre 2013 par le professeur Ruud Koopmans du Social Science Center de Berlin. A noter que, dans cette même étude, seuls 7,5% des Chrétiens français considèrent que l'Evangile doit primer sur les lois de la République.

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